L'atualité régionale du 3 décembre

revue de presse
L'aide s'organise pour lutter contre la famine dans le Sud de Madagascar nov 2020
©Capture d'écran Madagascar-Tribune
L’actualité régionale nous mène dans le sud malgache où la famine ne serait pas due au changement climatique selon une nouvelle étude, à Maurice où les professionnels du tourisme protestent contre le classement en zone rouge, aux Seychelles où la campagne de pêche au thon s’achève, et à Madagascar encore où les letchis pourrissent faute de clients.

MADAGASCAR


Une théorie chasse l’autre à propos de la famine à Madagascar. Elle ne serait finalement pas due au changement climatique, selon une nouvelle étude qui vient d’être publiée


Un réseau de scientifiques, le WWA (World Weather Attribution) vient de rendre un rapport qui contredit ce qui avait été clamé haut et fort à la conférence pour le climat à Glasgow. Selon ces spécialistes, qui travaillent avec le groupe d’études sur le climat des Nations-Unies, le GIEC, on a affaire à « une variabilité naturelle du climat ». Selon eux, « le sud malgache est frappé par une sécheresse que l’on ne peut pas attribuer au réchauffement global de la planète, l’influence sur la sècheresse devrait intervenir à +2 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle, or on en est à 1,1 degrés ». Outre l’accident climatique, ce rapport met en cause la pauvreté de la population. L’implication politique d’un tel constat est très importante : cela voudrait dire que les autorités malgaches ne pourraient plus rejeter la faute sur les pays riches qui polluent. Cela démonte le discours du président Andry Rajoelina à Glasgow. Les résultats de cette étude sous-entendent que les malgaches eux-mêmes auraient leur part de responsabilité dans la misère et la famine.



MAURICE


Les professionnels du tourisme à Maurice demandent à la France de revenir sur sa décision de classer leur île en zone rouge. Ils ont peu de chances d’être entendus


« Cette décision arrive à un très mauvais moment, tout juste deux mois après la réouverture des frontières aux voyageurs vaccinés » déplorent les responsables d’un comité public-privé du secteur touristique à Maurice. « La France est l’un de nos principaux marchés. Nous mesurons l’impact qu’aura cette décision à un moment où les réservations pour la fin de l’année étaient des plus prometteuses ». Il y a des centaines de milliers d’emploi en cause. Les professionnels ont demandé audience à l’ambassadrice de France. Ils vont mettre en avant les conditions sanitaires strictes appliquées par Maurice. Leurs chances d’obtenir un assouplissement côté français sont très minces, voire nulles compte- tenu de l’épidémie en France, à la Réunion et aussi chez eux à Maurice.



SEYCHELLES


La saison de la pêche au thon  industrielle se termine aux Seychelles. Les plus gros navires ont presque tous atteint leur quota autorisé et se retrouvent en vacances forcées


Chaque navire a une quantité de prises à ne pas dépasser afin de préserver l’espèce. Ces bateaux de taille industrielle opèrent aux Seychelles sous pavillon seychellois, français et espagnols. Du côté des Seychellois, 10 navires sur 13 ont atteint leur quota, côté français et espagnol quelques-uns sont encore en mer pour plus très longtemps. Une fois rentrés à quai ils profiteront de la trêve pour des travaux d’entretien. Le redémarrage sera pour le 1er janvier 2022. Le quota de l’année prochaine est de 35 000 tonnes, un peu moins que d’habitude pour rattraper un dépassement qui a eu lieu en 2019. La pêche au thon dans cette région de l’Océan Indien est règlementée et surveillée.


MADAGASCAR


Un spectacle désolant : des tonnes de letchis pourrissent au bord des routes faute de clients pour les acheter


La région de Tamatave est en pleine période d’exportation des letchis vers le marché européen. 20 000 tonnes sont destinées à l’export mais la production est abondante cette année, elle avoisine les 100 000 tonnes. Il y a aussi le fait que beaucoup de producteurs n’arrivent pas à écouler leur récolte à cause du très mauvais état des routes. Les chauffeurs de camionnettes renoncent à y aller. Les prix ont dégringolé à des niveaux jamais vu. Il y a des letchis qui se vendent à 7 ariary le kilo. Ce n’est même pas convertible en euro, cela fait moins de 1 centime d’euro pour un kilo de letchis.