L'immigration, un thème incontournable pour les candidats à la présidentielle

immigration
©EMMANUEL TUSEVO. Le Centre de Rétention Administrative (CRA) à Pamandzi
C'est par le centre de rétention administrative de Pamandzi que passent tous les étrangers en situation irrégulière avant d'être expulsés de Mayotte. ©EMMANUEL TUSEVO
Le président Emmanuel Macron a annoncé 100 000 reconduites à la frontière d'étrangers depuis 2017 dans sa lettre aux Mahorais. Difficile d'éviter ce sujet durant la campagne présidentielle. L'immigration est dans tous les débats. Décryptage des propositions des 12 candidats.

Il en a fait son cheval de bataille. Éric Zemmour est sans doute le plus intransigeant sur la question de l’immigration. Il veut atteindre l’immigration zéro pour contrer ce qu’il appelle le grand remplacement de la population européenne. Le candidat de Reconquête veut supprimer le droit au regroupement familial. Lui président, les demandes de droit d’asile se feront à l’étranger.

Dossier prioritaire également pour Marine Le Pen. Sur une île rythmée par les arrivées massives de kwassa, le discours de la candidate du Rassemblement national tient toute une population en haleine. Parmi ses propositions, la suppression du droit du sol, l’expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers. La priorité sera réservée aux français en matière d’emploi et de logement.

Il faut de vraies mesures pour bloquer l’immigration.

Nicolas Dupond-Aignant, candidat de Debout la France

 Nicolas Dupont-Aignan veut renégocier les textes, notamment sur celui qui oblige la libération des étrangers en situation illégale au regard de leurs conditions de détention. Avec lui, l’exigence sera au rendez-vous pour d’obtenir la nationalité française.

Cms-ContentHasMedia_18733760

Du côté des Républicains, on veut mettre fin à l’immigration incontrôlée. Valérie Pécresse fait le lien entre immigration et délinquance. Elle souhaite que les délinquants étrangers purgent leur peine dans leur pays d’origine. La candidate LR veut le rétablissement des tests osseux pour les mineurs étrangers sans papiers afin de vérifier leur âge.

L'immigration clandestine n'est pas un problème pour Jadot

S’il est réélu, Emmanuel Macron s’attaquera aux filières d’immigration clandestine et les procédures d'éloignement seront plus rapides et effectives. En plus du durcissement de l’accès au titre de séjour pour Mayotte, le président candidat prévoit d’ouvrir un centre éducatif fermé et une politique exigeante en matière de relations avec l’Union des Comores.

Et puis, il y a des candidats qui proposent une politique migratoire beaucoup plus souple. Pour l’écologiste Yannick Jadot, l’immigration clandestine n’est pas un problème. S'il est élu, il envisage d’instaurer un grand ministère des Solidarités et demandera à la police et à la justice d’être moins répressives à l’encontre des immigrés.

Les gendarmes arrêtent un homme soupçonné d'être un clandestin à Mayotte
Les forces de l'ordre luttent aussi contre l'immigration clandestine en faisant des contrôles sur terre. ©Ornella LAMBERTI / AFP

Parmi ses propositions, la socialiste Anne Hidalgo et Jean Lassalle prône un meilleur respect et un accueil digne en toutes circonstances des demandeurs d’asile. Jean Luc Mélenchon Fabien Roussel veulent renforcer la politique d’accueil des réfugiés et militent pour la régularisation de tous les travailleurs sans papiers. Ils procéderont à la régularisation des travailleurs sans papiers en activité. Ils représentent même une chance pour la France pour Nathalie Arthaud. Selon la candidate de Lutte ouvrière, heureusement que les immigrés sont là pour faire tourner les hôpitaux, les chantiers, etc. Enfin, Philippe Poutou veut ouvrir les frontières pour permettre aux populations de migrer de façon « digne et sûre ».