La médecine légale se renforce à Mayotte

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Signature convention renforcement médecine légale
Parmi les signataires figurent notamment Dominique Voynet, directrice de l'ARS Mayotte, Eric Tuffery, procureur près le tribunal judiciaire de Saint-Denis, Denis Chausserie-Laprée, procureur général près la Cour d'Appel de Saint-Denis et Catherine Barbezieux, directrice du CHM. ©ARS Mayotte

L'ARS Mayotte, le CHM, le CHU de La Réunion, les tribunaux et les parquets de Mamoudzou ont signé une convention pour renforcer la spécialité de médecine légale à Mayotte et la coopération avec l'institut médico-légal et l'unité médico-judiciaire du CHU de La Réunion.

Pendant de nombreuses années, Mayotte a dû faire appel à des médecins légistes venant de La Réunion ou de l'Hexagone pour intervenir sur des activités de thanatologie ou de médecine légale du vivant. Des activités qui sur saisie de la justice ont parfois besoin d'être faites rapidement pour déterminer les causes de décès ou de lésions des victimes, rechercher des preuves et évaluer les dommages subis par les victimes.

Ces dernières années, les besoins de médecins légistes ont considérablement augmenté. Une vingtaine d'autopsies et plus d'une cinquantaine d'examens de corps ont été réalisés. Concernant la médecine légale du vivant, les urgences du CHM accueille une victime d'agressions sexuelles tous les trois jours, essentiellement des femmes, dont la moitié ont moins de 16 ans.

Pompes funèbres à Labattoir pour prendre le cadavre d'un jeune homme de 14 ans
En janvier à Labattoir, les pompes funèbres sont intervenues 3 fois pour emmener les corps de 3 hommes à la morgue de l'hôpital de Mamoudzou. ©Hassadi Razafitseheno

Les réponses apportées jusque-là étaient insuffisantes. Un renforcement sera donc effectué avec plus de médecins et de personnel médical et para-médical en partenariat avec l'IML-IUMJ du CHU de La Réunion, des équipements avec des moyens de télémédecine et de la formation des professionnels. Le service de victimologie du CHM (infirmier, psychologue, assistant social) sera chargé d'accueillir les victimes dans un lieu discret et les orientera vers les spécialistes.

L'ARS a accordé un financement de 570 000 € au CHM à la fin de l'année 2020. Les actes réalisés par le service de médecine légale du CHM seront remboursés sur frais de justice.