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« Le plurilinguisme est un élément de développement de Mayotte, il ne faut pas donner l’ impression que le shimaoré ou le kibushi sont à bannir »N. CONSTANTINI

Mayotte 1ère Télé reçoit, jeudi 22 septembre 2016,dans le J.T, Patrice GELINET du CSA . La question des langues locales dans les médias et les administrations à Mayotte sera évoquée.
Qu' en est -il dans l' enseignement? Nathalie CONSTANTINI,Vice -Recteur a confié son point de vue à Emmanuel TUSEVO.

© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
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  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le

Emmanuel TUSEVO DIASAMVU :
« Madame Le Vice Recteur, vous aviez souligné, lors de l’accueil des nouveaux enseignants à Mayotte, que le plurilinguisme est un élément de développement de Mayotte. Vous aviez ajouté également qu’il ne fallait pas qu’on donne l’impression, aux jeunes, que le shimaoré ou le kibushi sont des éléments à bannir ?»
 
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
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 Nathalie CONSTANTINI, Vice – Recteur :

« Moi, je défends l’idée qu’à Mayotte, nos enfants ont au moins 2 talents que tout le monde n’a pas.
Ils ont des qualités physiques qui sont exceptionnelles et ils réussissent très bien et un enfant qui réussit dans 1 domaine est un enfant qui est ouvert à d’autres apprentissages potentiels.

 

Il y a un deuxième domaine qui est très valorisant pour nos jeunes, ce sont les langues.

Nous avons, dans nos établissements scolaires , des jeunes qui parlent 4 langues voire 5 langues : le shimaoré, le kibushi, l’anglais, le français, l’arabe et ce talent là montre que nous avons des jeunes qui sont capables  de réussir.
Parler plusieurs langues, c’est montrer qu’on est en capacité de réussir, qu’on a des qualités intellectuelles susceptibles de nous permettre de nous insérer professionnellement.

© EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
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Ce que je souhaite mettre en avant, c’est de dire que quand on apprend des langues étrangères, on apprend aussi des démarches.

On apprend à se positionner par rapport aux autres. On apprend à être à l’écoute.
Tous ces éléments là, qu’ils se fassent en shimaoré,en shibushi, en portugais, en anglais, sont les mêmes et dans tous les cas, être capable de s’exprimer avec quelqu’un, que ce soit en français, en anglais, en shimaoré, en portugais, c’est une compétence. Etre capable de communiquer avec quelqu’un, c’est une compétence et de fait, il ne faut pas qu’on donne l’impression aux jeunes que le shimaoré ou le kibushi sont les éléments à bannir . Ce sont des moyens, ça n’est pas une fin en soi. Ce sont des moyens que nous devons mettre au service des autres apprentissages parce que si vous êtes capables, à un moment donné, de comprendre le problème des mathématiques mais que je vous demande de me l’ expliquer et que vous ne parlez pas la langue que je parle, ce serait réducteur de vous dire que vous n’ avez pas compris le problème de mathématiques mais peut être que vous avez compris mais vous n’ avez pas été capable de me le dire.


Ce que nous voulons bien souligner, c’est qu’il ne faut pas qu’on bloque les enfants en leur disant : 
pour l’ instant,  la langue de scolarisation qui est la langue que vous devez acquérir parce vos examens vous allez les passer dans cette langue et parce que c’est la langue qui va vous permettre de poursuivre vos études après le baccalauréat, que cette langue se construit en faisant fi du kibushi et du shimaoré.
Mais, en revanche, il ne faut pas non plus dire aux enfants que le shibushi ou le shimaoré suffisent à pouvoir s’insérer dans le monde de demain »

© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
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