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Mayotte : La Conseillère départementale Bichara Bouhari PAYET poursuit sa lutte contre des dysfonctionnements dans la gouvernance du Président Soibahadine Ibrahim RAMADANI.

Pour son combat inlassable pour la transparence, la probité, l’intégrité ... en politique à Mayotte, Bichara Bouhari PAYET, Conseillère départementale de Dembeni, revient sur plusieurs points qu'elle a abordés dans l’émission radiotélévisée « Place Publique Mayotte La 1ère ».
 

© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO BICHARA BOUHARI PAYET, CONSEILLERE DEPARTEMENTALE DEMBENI
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO BICHARA BOUHARI PAYET, CONSEILLERE DEPARTEMENTALE DEMBENI
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le
La Conseillère départementale Bichara Bouhari PAYET poursuit sa lutte contre des dysfonctionnements dans la gouvernance du Président Soibahadine Ibrahim RAMADANI. Inlassable dans ce qu’elle considère comme le combat de son mandat pour la transparence, la probité, l’intégrité … en politique à Mayotte, elle revient, dans l’interview ci-dessous, sur plusieurs points abordés dans l’émission radiotélévisée « Place Publique Mayotte La 1ère ».

VIDEO : CLIQUEZ SUR LE LIEN YOUTUBE POUR REVOIR CETTE EMISSION
 
https://www.youtube.com/watch?v=ZewbK0j9drI

Bichara Bouhari PAYET apporte des précisions, des compléments d’informations sur différents problèmes abordés à l’antenne.

Question « Mayotte La 1ère.fr Actualités » : Madame La Conseillère départementale, confirmez-vous que vous n’êtes pas concernée par les plaintes qui ont conduit le Président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadi et 5 de ses directeurs administratifs en garde à vue puis à la mise en examen ?

Réponse Bichara Bouhari PAYET :
Je ne suis pas du tout concernée par ces plaintes qui ont provoqué ces mises en examen. En revanche, je reconnais, ce que vous entendez par ailleurs, effectivement, notre président du Conseil Départemental recrute des proches, neveux, nièces, beaux-frères, etc… à des postes stratégiques.

C’est une réalité. Je vous donne un exemple : « Récemment, en 2018, après avoir porté plainte au Tribunal Administratif pour demander l’annulation de plusieurs procès-verbaux des séances plénières, j’ai  découvert, par la suite, qu’il venait d’embaucher son neveu, le fils de « SA PROPRE SŒUR » au service juridique.

Cela m’a énervée et j’en ai profité, en lui écrivant sur d’autres sujets, pour lui balancer cette affaire. Et on vient en plus de recruter aussi une de ses nièces, je me demande dans quelles conditions ? 

Soibahadine Ibrahim Ramadani est l’un des anciens dirigeants du SMIAM. Ce qui me choque, c’est le fait que  les gens (la population) ne parlent que de ses proches( famille…) alors que les embauches concernent aussi des nombreux amis dont des anciens agents du SMIAM ( en grand nombre) et ça, les gens n’en parlent même pas. Le SMIAM a subi un redressement, comment pouvez-vous comprendre que d’un coup, tous les anciens salariés et cadres débarquent au Conseil départemental comme s’il y avait une convention spéciale pour eux ?
A chaque occasion, je lui fais des reproches, y compris par écrit, sur tous ces recrutements automatiques et plus particulièrement, sur celui de monsieur BEMBARAKA parce que nous ignorons les raisons du redressement du SMIAM.

Question : Qu’est- ce qu’il y a de particulier avec le recrutement de Mr BEMBARAKA ?

Réponse :
Oui tout à l’heure, je vous ai parlé d’un licenciement de monsieur BEMBARAKA, le DGA « aménagement ». En fait, en découvrant son licenciement, il y a tout juste « DEUX MOIS », cela m’a tellement choquée par le fait que ce licenciement est intervenu au moment où notre président du Conseil départemental nous faisait croire qu’il voulait relancer des études sur des Schémas  d’aménagement  du territoire.

A l’heure où je vous parle, beaucoup d’élus ne sont pas au courant que BEMBARAKA est licencié, ça s’est passé dans la discrétion la plus totale.
Les Conseillers départementaux ont juste constaté qu’une autre personne était recrutée à sa place pour s’occuper de l’aménagement mais beaucoup pensent que Mr BEMBARAKA occupe un autre poste au sein du Conseil Départemental.
Moi-même j’ai découvert la nouvelle par hasard. Je le cherchais justement pour lui poser certaines questions par rapport au projet de construction à Mayotte de la « Cité Administrative », après avoir eu l’information sur l’achat d’un Bâtiment à Paris de 12 millions d’euros pour la délégation de Mayotte. Personne, même ses propres collaborateurs du service Aménagement, ne connaissaient les raisons pour lesquelles on l’a licencié.
Là encore, concernant le recrutement de monsieur BEMBARAKA, en tant que DGA aménagement, considérant qu’il faisait partie du cercle de ses anciens amis du SMIAM, j’ai fait beaucoup de reproches à Mr Soibahadine Ibrahim Ramadani à propos de ce recrutement parce je ne comprenais pas que tous ces salariés et surtout les cadres du SMIAM débarquent au Conseil Départemental, et certains occupent les postes les plus importants alors qu’ils avaient échoué dans leurs missions et l’institution qu’ils géraient, le SMIAM avait subi un redressement ?
Chaque fois que je soulève cette affaire, je deviens «  fantôme ou revenante » alors que c’est une réalité.

Question : Un autre recrutement au Conseil départemental a provoqué des remous, celui du DGS actuel… Pourquoi ?

Réponse :
Ca a été une « GROSSE BAGARRE AVEC NOUS » puisqu’à son embauche, je n’avais pas encore quitté la majorité actuelle. En fait, pour nous les élus, le DGS, c’était l’Homme le plus attendu puisqu’il était censé venir réorganiser tous les services du Conseil Départemental. On se disait qu’il nous fallait quelqu’un de vraiment compétent qui plongera dans ses dossiers mais ne sera pas là pour faire de la politique. Pour être honnête, moi j’avais même proposé que l’on prenne, si c’est nécessaire, quelqu’un de l’extérieur parmi les postulants à ce poste.

Quand nous avons appris que Mr Hahafourou SAID ALI, maire de Pamandzi à l’ époque, avait  postulé et qu’il était susceptible d’être retenu, j’ai tiré la sonnette d’alarme, j’ai dit que je ne connaissais  pas tous les noms des candidats mais en revanche, je mettais des réserves pour le candidat Hahafourou SAID ALI.
J’ai exigé carrément qu’on associe certains élus dont moi-même au recrutement de ce DGS. Au début, le Directeur de Cabinet du Président du Conseil départemental, monsieur Ahamada Ousseni ,m’avait promis et juré que c’était déjà décidé, que certains élus dont moi-même, nous serions associés à ce recrutement. Plus tard, nous avons appris, par les antennes de Radio-Télé Mayotte la 1ère, que monsieur Mahafourou SAID ALI a déjà démissionné de la mairie de Pamandzi pour être DGS, Directeur général des services au Conseil Départemental. Nous étions tous en « DEUIL ».

S’étant rendu compte dans quel état d’esprit nous étions tous après avoir appris ce recrutement, Soibahadine Ibrahim Ramadani  nous a convoqué tous (élus) dans son bureau, une semaine après la publication du poste. Il nous a expliqué qu’il comprenait  parfaitement notre « FRUSTRATION » mais qu’il a décidé de prendre cette décision tous seul.
Le président Soibahadone Ibrahim Ramadani s’est carrément autorisé de nous expliquer comment, tout seul, il a écarté un à un tous les candidats pour ne retenir que Mr Mahafourou SAID ALI.
Après avoir terminé ses « EXPLICATIONS » il nous a demandé si nous avions des questions à poser. Je lui ai juste demandé s’il a terminé. Il m’a répondu « OUI ». J’ai pris mon sac à main sans dire un mot, je suis retournée à mon bureau. Au moment de partir, je l’entends dire à mes collègues :
« En voilà une qui est sage au moins ».

 Le jour de la présentation de son DGS, il nous l’a «  vendu » comme étant l’Homme le plus instruit de la planète alors que nous avions tous compris que ce choix était le fruit « DES ACCORDS D’ARRANGEMENTS POLITIQUES AVEC CERTAINS MAIRES QUI N’ARRIVAIENT MÊME PAS A SE CACHER, A CACHER LEURS MANŒUVRES.
Sinon, comment pouvez-vous comprendre qu’un président du Conseil Départemental L.R « Les Républicains » recrute un DGS pas seulement Socialiste mais un PS très engagé en politique et soutien des candidats Socialistes à chaque élection ?
Personne ne comprenait ces jeux même pas nous les élus. Nous avions finalement compris pourquoi l’idée de recruter quelqu’un de « NEUTRE » , de l’extérieur, dérangeait Soibahadine Ibrahim RAMADANI, parce qu’il devait faire plaisir à un ami de la « Petite Terre ».

Au fait, j’explique tout ça pour démontrer que notre président a cette habitude de décider des recrutements des amis, nièces, neveux, beaux-frères, etc…, ce n’est rien pour lui.
De toute façon, les irrégularités au sein de notre institution ça ne se discute même pas, rien ne tient la route au conseil départemental. Si je devais tout expliquer, il me faudrait peut-être des jours et des jours.
Heureusement que, moi, je lui écris beaucoup et car on dit :  « Les paroles s’envolent mais les écrits restent. » Je sais que Soibahadine Ibrahim Ramadani n’aime pas ça mais il ne peut pas m’en empêcher.

Question : Bichara Bouhari PAYET, pourquoi lancez-vous actuellement l'alerte : « Fallait- il dépenser 12 millions d’euros pour un immeuble à Paris alors que beaucoup d'infrastructures du Conseil départemental et du département sont délabrées à Mayotte ? »,

Réponse :
Je tiens à lancer cette alerte sur les 12 millions d'euros que le président du Conseil départemental, Soihabadine Ibrahim Ramadani va bientôt sortir pour l’achat d'un bâtiment dans le 16 ème arrondissement de Paris pour la délégation de Mayotte en Métropole.
Le gros problème, c'est qu'il a décidé l'achat de cet immeuble sans aucune concertation préalable avec les élus du Conseil départemental ici à Mayotte.

D’après les informations que je viens d’avoir, ils n’ont pas payé des loyers exprès pendant plusieurs mois pour l’ancien logement de la délégation de Mayotte, ce qui a obligé le propriétaire à les expulser. Je conviens que, pendant des années, la délégation de Mayotte a traversé diverses difficultés, elle a dû louer des locaux pendant des années pour ses divers services mais j'estime qu'avant de décider ce nouvel achat, le président Soibahadine Ibrahim Ramadani aurait dû consulter les élus afin d'examiner avec eux l'option la plus avantageuse entre la location et l'achat.

Je continue de me poser la question suivante : Vu des difficultés que traverse actuellement le département de Mayotte, y avait- t-il urgence d'acheter ce bâtiment de 12 millions d’euros ? Je ne crois pas.
Soibahadine Ibrahim Ramadani, fidèle à sa gouvernance opaque, a mené cette affaire de manière discrète pour ne pas dire secrète.
Alors, Moi Bichara Bouhari Payet, Conseillère départementale élue de Dembeni, ainsi que d'autres élu(e)s qui n'osent pas parler, je me demande à quoi je sers, à quoi servent les Conseillers et Conseillères départementaux quand le président Soibahadine Ibrahim Ramadani prend desdécisions seul, décide seul et il vient nous annoncer en séance dans l’hémicycle : " Voilà, j'ai fait ceci, j'ai décidé cela " et nous les élus, nous n'avons qu'à voter " "POUR" à l’unanimité.
Avec mépris et arrogance, Soibahadine Ibrahim Ramadani sait qu'il aura le vote à la majorité même s'il y a des gens qui râlent et clament leur désaccord, il n’en tient pas compte.
Je répète encore que ce qui me gêne, c'est qu'il n’y ait pas eu concertation préalable. Quand je regarde tout ce qui se passe à Mayotte, les habitants se plaignent de l’état des routes départementales et des multiples infrastructures sinistrées, Soibahadine Ibrahim Ramadan décide en secret d'aller acheter ce bâtiment de 12 millions d'euros dans un des arrondissements les plus chers de la capitale française, le 16 ème arrondissement.

J'ai demandé à Soibahadine Ibrahim Ramadani les motivations réelles qui justifient cet achat faramineux, il n’a pas donné de réponse parce qu'il n’a rien à expliquer. J'estime que le président du Conseil départemental est allé trop loin. Je ne sais pas si cette affaire s’arrêtera là. Je pense que trop, c'est trop. Il a trop de mépris à notre égard, nous les élus... C'est pourquoi, j’ai décidé de dénoncer cette affaire dans les médias et peut - être que ça ne s’arrêtera pas là.

Question : Vous soulignez que durant votre mandature en cours, le Conseil départemental n’a pas réalisé d'investissements pour l’aménagement sur le territoire de Mayotte.

Réponse :
Depuis notre élection, notre investiture, il n’y a pas d'investissements en terme d’aménagement, Zéro investissement, rien, nada...
En terme d’investissement, on aura réalisé d’ici 2021 que le projet concernant le stade de Cavani. Pour une institution comme le Conseil Départemental qui « EMPLOIE DES MILLIERs DE GENS » et dépense autant de fonds publics pour payer des salaires, c’est trop grave.
A chaque fois que nous interpellons notre président Soibahadine Ibrahim Ramadani sur le sujet, il répond qu' il convoquera des techniciens pour  "inventer" des études et on repart sur la réalisation d’un tel « SCHEMA D' AMENAGEMENT ».

Tous les anciens projets initiés par les anciens élus ont été annulés. Pour exemple, la « FAMEUSE CITE ADMINISTRATIVE », alors que ce sont des projets qui ont coûté des fortunes en termes d’études, sans oublier que ce sont aussi des projets pour Mayotte.
Quant à nous, non seulement il n’y a pas ce travail en équipe avec notre président mais nous constatons qu’il ne fait que construire des « SCHEMAS » alors que ceux qui viendront en 2021 vont les annuler afin d’en réaliser d’autres.Et dans ces conditions je ne vois pas comment allons-nous construire ce Pays.
La « CITE ADMINISTRATIVE DU CONSEIL DEPARTEMENTAL » est un bâtiment qui devrait rassembler tous les services administratifs du Conseil départemental ainsi que le personnel. Après avoir lu le rapport de la « Chambre Régionale des Comptes », je me suis rendu compte que pour appliquer toutes ses recommandations, cela demande beaucoup de réorganisations du Conseil Départemental ».
Il y a aussi le fait que, bientôt, le département va devoir s’organiser pour gérer les fonds de l’Europe. Tout ça demande de la réorganisation, donc « UN BATIMENT AUX NORMES s’impose. C’est donc l’occasion de penser à la construction de cette « CITE ADMINISTRATIVE » qui rassemblerait tous les services dans un seul Bâtiment. Ça devrait se faire au CFA de Kaweni.

Quand le président Soibahadine Ibrahim Ramadani parle du bâtiment qu’il vient d’acheter à Paris dans le 16ème, il dit que ça représentera l’image de Mayotte en France métropolitaine. Moi, je ne trouve pas que ce Bâtiment représentera la vitrine ou l’image de Mayotte. Non, l’image de Mayotte, c'est à Mayotte...Moi, je verrai bien ce genre de Bâtiment à Kaweni sur le site de CFA. Le président du Conseil Départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani a les moyens de construire « CETTE CITE ADMINISTRATIVE », même si on commence les travaux puis d’autres viendront les finir, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?

Les 12 millions d’euros ne seront certainement pas suffisants mais avec les garanties que le Conseil Départemental peut donner, les banques débloqueront facilement le complément. Ça c’est une opération qui nous ferait tous plaisir et c’est une opération qui garantirait le bien- être du personnel du Conseil Départemental.
Je vous assure quand vous allez sur le site annexe du Conseil départemental à Kaweni, surtout durant la saison pluvieuse, c'est inimaginable ce qui s'y passe. Les locaux ne sont pas aux normes, il y a des fuites d'eau partout, vous pouvez glisser sur le carrelage quand la pluie tombe et c'est très dangereux. Les employés travaillent dans des conditions difficiles.
J'ai rappelé à Soibahadine Ibrahim Ramadani que si jamais l’Inspection du travail met les pieds là-bas, j’imagine qu’elle sera obligée de fermer les locaux qui ne sont pas aux normes. Et Monsieur le Président, au lieu de se soucier de ce problème, préfère mettre 12 millions d'euros pour un immeuble à Paris.
Moi, je ne m’oppose pas (totalement) à cet achat, il a décidé d’acheter, peut-être que si on en avait parlé ensemble au préalable au cours d'une réunion, peut-être qu'on aurait pu décider autrement. On aurait peut-être souhaité continuer d’abord la location et ces 12 millions auraient été consacrés à des urgences à Mayotte.
Il n’a même pas exposé le réel problème que rencontre la délégation de Mayotte à Paris. S'il en avait parlé, on aurait pu comprendre les difficultés de la délégation de Mayotte à Paris. Soibahadine nous dit que la délégation de Mayotte n’arrêtait pas de déménager, c'est pourquoi il a décidé d'acheter.
Je lui ai fait remarquer qu’il y a des locations ou des achats qui coûtent moins chers, on n'a pas besoin forcément d'un local de 12 millions d’euros.
On aurait pu acheter, par exemple, un local de 5 ou 6 millions d'euros dans des quartiers parisiens moins chers.

Aucune information sur les charges annuelles de cet immeuble…

Il ne me semble pas normal de valider un tel dossier sans « inclure les charges » qui peuvent revenir assez chères.
En Commission Permanente, auprès de Soibahadine Ibrahim Ramadani, j’ai évoqué ce problème des charges inexistantes dans ce dossier, je lui ai dit : " Monsieur Le président, on est en train de discuter et valider ce dossier en Commission Permanente, nous savons tous qu’en terme de charges, ce Bâtiment, dans le 16ème arrondissement à Paris va nous coûter cher et là on n’a rien pour avoir une idée de ce que nous allons payer, en terme de charge c’est grave !

Normalement le président du Conseil départemental devait retirer ce rapport, en attendant que tous les éléments inexistants soient réunis pour au moins le faire valider dans les règles.
Nous n’avons pas les « PLANS » de cet immeuble, aucune information sur les experts ni sur leurs conclusions. En fait les élus ont validé un dossier
« VIDE », du « VENT ».
Là aussi, ça ne me semble pas normal car demain, on peut nous annoncer qu’en réalité il y avait « 4 logements dont deux se trouvent à Bordeaux ou à LYON ». On va dire quoi ?

A propos du prix, j’avais mené une petite enquête et on m’a expliqué qu'il y a certains départements d’Outre-mer voire même des services de l’Etat qui avaient acheté des locaux dans ces quartiers-là et ont été obligés de les revendre et d'acheter d'autres locaux moins chers ailleurs parce qu’en terme de charges, ça leur revenait hyper cher.

Question : Mais comment ça s'est passé quand vous avez validé ce dossier ?

Réponse :
Le dossier a été présenté en séance. Moi, j'ai voté NON.Il y a quelques élus de l’opposition qui ont aussi voté « NON ».
Soibahadine Ibrahim Ramadani sait qu' il a les élus, notamment ceux de la majorité, qui  ne cherchent plus à se prendre la tête, ils viennent juste pour valider « OUI », vous pouvez expliquer tout ce que vous voulez. Lui-même n’a rien à foutre, il attend juste que vous terminiez votre intervention pour demander aux élus d’exécuter sa demande et ça se fait. Il faut dire aussi que dans leurs histoires de « FAIRE PRETER SERMENT AUX ELUS » ils ont fait répéter aux élus que celui qui n’obéira pas ou se montrera contre Mr Soibahadine Ibrahim Ramadani, pour son élection à la présidence et même durant la mandature, que le « YAMINE » le prenne. Une manière d’obliger les élus à ne jamais contrarier ses décisions.

Question : Quelles remarques, quelles réserves ont formulé ceux qui n’approuvaient pas ce projet. J'ai entendu un élu dire que l'hémicycle Younoussa BAMANA est resté un moment avec une climatisation en panne ?

Réponse :
Le dossier nous est arrivé, par surprise, en retard. Les élus ne s’y attendaient pas. A mon avis, les élus n’ont pas pu l’étudier.
Puis, par la manière dont les choses se passent en Commission Permanente ou en séance plénière, le président Soibahadine Ibrahim Ramadani exclut les discussions des élus dans les procès-verbaux donc les élus n’ont peut-être pas envie de perdre leur temps dans les échanges sachant qu’aucun mot n’apparaîtra dans aucun procès-verbal. C’est très décourageant aussi. C’est ce dossier qui m’a obligé à saisir le « Tribunal Administratif » pour demander l’annulation de plusieurs procès-verbaux. En attendant que le Tribunal tranche sur cette affaire, de mon côté, j’ai décidé de lui écrire après  chaque séance, pour avoir des écrits, ce qui me permettrait de témoigner que je lui ai dit telle chose sur tel ou tel rapport. Même ce qu’il fait là est un moyen de décourager voire de pousser les élus à voter sans se fatiguer à comprendre. Je trouve ce comportement très malhonnête de la part d’un président d’une institution comme le conseil départemental de Mayotte.

Question : C’est un peu gros, des élus non informés au préalable votent des projets préparés en secret ?

Réponse :
C’est un gros souci au Conseil départemental. Il y a beaucoup de dossiers qui viennent en séance alors que les élus n’en ont pas pris connaissance. Ce sont les fameux «rapports complémentaires ». Ils sont inscrits le jour même de la séance, ce cas est encore plus dangereux car le
« LE DOSSIER PEUT PASSER INAPERÇU ».
Pour ce dossier du Paris 16ème, le rapport était bien inscrit à temps à l’ordre du jour mais c’est un dossier qui devrait être discuté entre élus et le président, bien longtemps avant que ce dernier décide de l’inscrire en Commission permanente.
J’ai demandé au Président Soibahadine Ibrahim Ramadani comment se fait-il qu’il se permette de tenir secret « un tel projet » pendant des mois et de l’emmener en séance pour dire JE parce que son habitude est de dire JE, JE, JE, toujours JE, JE comme si le Conseil départemental était son entreprise propre. Il dit JE, j’ai fait ceci, j’ai envoyé ceci, j’ai demandé cela.

La moindre des choses, quand on sait qu’on a des vice-présidents, donc un bureau, il faut au moins, de temps en temps, dire nous avons étudié telle chose pour faire semblant de respecter les autres, même s’il nous ignore, nous autres.

Parfois il dit : « le Conseil Départemental a décidé, dans ce cas précis, je lui rappelle en permanence en séance que « Le Conseil Départemental », c’est tous les élus y compris ceux de l’opposition » et toutes les décisions qu’il prend, même seul, engage toute notre responsabilité.
Là-dessus, il me répond : « oui je comprends chère collègue mais il y a des commissions thématiques et la question de 12 millions d’euros, du Bâtiment de Paris, a été abordée en commission thématique ».
En fait, ces commissions se réunissent juste avant chaque Commission Permanente et Séance plénière pour étudier les dossiers qui vont être présentés en séance…
Ce à quoi je réponds : Monsieur Le Président, il faut une réunion de concertation entre élus notamment quand il y a un dossier aussi important qui engage toutes nos responsabilités … Les 25 élus ne sont pas dans toutes ces multiples commissions. Ces commissions n’ayant pas l’obligation d’avoir un quorum, peuvent être tenues par « 2 voire même 1 seul élu » et souvent c’est son président.
Donc Un seul élu peut trancher une décision pour toute la Population de Mayotte et cela suffira pour que Mr Soibahadine Ibrahim Ramadani décide de ne pas tenir compte de  nos échanges en séance, non mais, je rêve ! On est en bien en France là ou quoi ?
© PHOTO JDM : SOIBAHADINE IBRAHIM RAMADANI , PRESIDENT DU CONSEIL DEPARTEMENTAL DE MAYOTTE
© PHOTO JDM : SOIBAHADINE IBRAHIM RAMADANI , PRESIDENT DU CONSEIL DEPARTEMENTAL DE MAYOTTE

Question : Il y a une question que je me pose : Est-ce que Soibahadine Ibrahim Ramadani en tant que président du conseil départemental, n’a-t-il pas les prérogatives de prendre des décisions ? Vous ne pouvez peut-être pas tout lui reprocher si ça rentre dans ses pouvoirs ?
Réponse  : Il y a des décisions qu’il peut prendre seul mais pas toutes . Puis à mon avis, quand on est chef,  soi même, on doit analyser les situations
et en fonction de l’importance du dossier, ce n’est pas à nous,qui n’avons même pas connaissance du dossier, de lui expliquer que pour ce dossier-là consultez-nous, non, c’est à lui de comprendre que là je suis en train d’engager les responsabilités des autres et au vu de l’importance de ce dossier, il vaut mieux que nous nous mettions d’accords sur tel ou tel aspect pour que les choses soient claires.

Par exemple : « pour cet achat d’un Bâtiment à Paris, dans un quartier chic au prix de 12 millions d’euros sans que l’on sache vraiment le bilan de
la délégation de Mayotte, avec autant de constats faits sur cette acquisition, même si les discussions n’apparaitront nulle part dans le PV, c’est quand même gros. Si par exemple, pour une telle affaire, nous n’avons aucune information sur le dossier, ce qui est le cas, nous répondrons quoi aux insultes des Mahorais, dans les rues ?

Le président Soibahadine Ibrahim Ramadani nous parle des choix faits par des experts, des notaires mais nous ne connaissons pas tout ça. Tout ça reste son secret à lui et son Directeur du Cabinet. Non mais, est-ce-que vous vous imaginez bien que l’on vous demande de valider un tel dossier sans toutes ces informations ? Parfois je me demande si ce monsieur ne se  croit pas en république bananière Grande Comore.
Moi-même j’avoue que parfois je me pose de questions quand je lance toutes ces alertes et que la Justice ou même l’Etat ne se réveille pas pour lui faire comprendre que « C’EST BON, ÇA SUFFIT ».
Si demain, il y a une affaire en justice sur le sujet, on demandera à tous les élus de se justifier, de dire pour quelle raison ils ont validé cet acte.
Mr Soibahadine Ibrahim Ramadani croit se protéger, par le fait qu’il n’y aura pas « UN SEUL MOT » de nos discussions en séance dans des procès verbaux mais c’est justement là où cette affaire peut lui être préjudiciable. Je ne suis pas juriste mais je suppose qu’en « PENAL » on peut considérer qu’il a tout manigancé justement pour qu’il n’y ait aucune trace écrite de nos échanges pour se protéger. Cela peut lui être encore plus fatal . C’est quand même de l’argent public. Moi je veux bien qu’il prenne les décisions seul mais le jour où la justice viendra me demander :
" Tu as voté là pourquoi ?"  Alors, sur les 12 millions, il faut bien que je puisse répondre.

Question : Vous mettez aussi le doigt sur ce que vous décrivez : les frais annuels en termes des charges. Le bureau d’études n’aurait justifié par aucune note aux élus alors que le dossier a été validé en commission permanente. Si c’était validé en commission permanente, vous ne pouvez pas reprocher quoique ce soit à moins que ce soit une commission permanente fantôme ?

Réponse :
(Rires de Bichara Bouhari PAYET) Vous avez parfaitement raison ! Je n’ai jamais cru aux histoires des « fétiches » mais en observant ce qui se passe au Conseil Départemental je me permets de croire que notre Président Soibahadine Ibrahim Ramadani et son Directeur de Cabinet ont fait des fétiches aux élus, c’est vraiment incroyable mais je préfère ne pas faire trop de commentaires…
Le président Soibahadine Ibrahim Ramadani a imposé un fonctionnement depuis le début de notre mandature, ou c’est peut-être le fait que les élus de sa majorité ont « prêté serment » le jour de son élection à la présidence ou alors c’est le fait de trop mépriser les élus en prenant des décisions seul qui fait que ces derniers sont fatigués et n’en ont rien à foutre, je ne sais pas mais ce fonctionnement me semble curieux.

Question : Ou peut-être que par paresse, les élus préfèrent se reposer sur un sage qu’est Soibahadine Ibrahim Ramadani parce qu’on a longtemps attendu un sage à ce conseil général puis départemental, non ?

Réponse :
Je dirai que c’est plutôt son Directeur de Cabinet qui se cache derrière cette étiquette protectrice du vieux « SAGE », pour gérer à sa manière le Conseil Départemental de Mayotte. Dans l' île, beaucoup de gens disent que les décisions du conseil Départemental sont prises par le Directeur de Cabinet et notre président ne fait qu’exécuter.

Question : Vous contestez l’argument selon lequel ce bâtiment de 12 millions d’euros à Paris hébergera les pépinières d’entreprises pour les Mahorais qui veulent s’installer à Paris.

Réponse: BICHARA BOUHARI PAYET :
 Les pépinières d’entreprises c’est à Mayotte, les pépinières d’entreprises, ce n’est pas à Paris. Puis, il faut être logique. Moi on ne me prend pas pour une conne comme ça, je ne peux pas accepter.
Quand on présente un tel dossier pour validation par les élus, on ne le présente pas vide. Il fallait que les élus puissent au moins analyser tous les éléments suivants : les différentes propositions pour pouvoir comparer aux moins deux voire trois propositions de prix, les Plans, identifier clairement le ou les propriétaires, nous présenter au moins les études des experts, le Cabinet du notaire, les frais annuels en termes de charges fiscales, sachant qu’un tel Bâtiment dans un tel quartier va coûter de « L’OR » au niveau charges. Et pour ce qui concerne les histoires de pépinières d’entreprises, toutes ces études devraient faire l’objet de discussions entre élus et techniciens concernés du Conseil Départemental pour permettre aux élus de valider ce projet en connaissance de cause.

Les gens doutent qu’il y a là-dedans des histoires « d’arrangements ou d’amitié ». Puis on ne joue pas ce jeu de manque de transparence avec des fonds publics. Comment moi, je peux défendre ces genres d’actions si tout se passe dans le secret ?
Nous n’avons aucune information, à part deux petites lignes qui « DISENT TOUT ET RIEN », sur un dossier de « 12 millions d’euros », c’est ça qu’il faut surtout noter.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je dis qu’il devrait y avoir une sérieuse concertation des élus avant présentation de ce projet en séance. En ce moment beaucoup de services publics déménagent pour aller se loger dans des Bâtiments aux normes, je prends le cas de la Caisse de de Sécurité Sociale de Mayotte (CSSM), je prends le cas de la radio-télévision « Mayotte la 1ère », c’est ça pour moi, l’image et la vitrine de Mayotte.
Les entreprises à Mayotte ont tellement des difficultés à s’organiser. Beaucoup de nos jeunes Mahorais qui partent en Métropole pour des études supérieures ne veulent plus rentrer à Mayotte et font autant de critiques contre les élus Mahorais en démontrant combien ils sont dégoûtés.

Les premières préoccupations de notre président devraient être : « comment faire pour que cette jeunesse s’intéresse à notre territoire et revienne au pays ? Comment les attirer vers Mayotte ? C’est une très grande question qui en dit long et mérite des vraies réponses. Si nous n’aménageons pas notre territoire pour créer les meilleures conditions démontrant à cette jeunesse que nous avons les capacités de les accueillir  chez nous, dans des locaux qui répondent aux normes et à toutes les conditions requises, pensez-vous vraiment que nous donnons là une bonne image de Mayotte ? 










 

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