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Nouvelle taxe soda : un espoir pour réduire l’obésité à Mayotte

Depuis le 1er juillet, la taxation des boissons sucrées a changé en France, Mayotte inclus. Plus une boisson a de sucres ajoutés, plus elle est taxée. Une occasion de se pencher sur l’impact de ces boissons, particulièrement consommées dans cette période de manzaraka.
 

© D.R
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  • Arthur Eryeh-Fort
  • Publié le , mis à jour le
79% des femmes et 52% des hommes adultes étaient en surpoids ou obèses à Mayotte en 2008, date de la dernière étude faite sur la question. Une situation qui n’a pas grandement évoluée depuis 10 ans et qui est en partie due à la consommation importante de sodas et de boissons sucrées. Et cela pose des vraies questions de santé publique. Conséquence directe : le diabète touchait en 2008 environ 10% de la population mahoraise contre 5% en métropole. Ces boissons sont depuis le 1er juillet taxés différemment. Alors que chaque soda ou jus de fruit était taxé du même montant auparavant, la boisson est désormais plus ou moins taxée en fonction de son taux de sucre. Une boisson contenant environ 40 g de sucres ajoutés, un thé glacé Lipton par exemple, pour 1L de boisson sera taxée de 4,5 centimes par litre alors que pour une boisson contenant 106 g de sucres ajoutés, comme le Coca cola, le montant s'élèvera à 15,5 centimes par litre. La taxe était auparavant de 7,5 centimes pour toutes les boissons.

Pour Sophie Le Garrec, pédiatre au CHM de Mayotte, il n’y a pas encore eu de prise de conscience à Mayotte sur la question de ces boissons ni assez d’éducation. « Il faut voir en ce moment, c’est la période des mandzaraka, des grands mariages, explique-t-elle. Il y a distribution de boissons sucrées à volonté dans ce genre de réception. C’est démontré par plusieurs études, la consommation de boissons sucrées est associée à une augmentation de l’Indice de masse corporel (IMC ; indice qui sert à savoir si une personne est en surpoids ou obèse), encore plus chez l’enfant. »
 

« Si les boissons les moins chères sont les plus sucrées, ça a un impact sur le développement de l’obésité »


Contrairement aux pays occidentalisés, dans les pays les moins développés, ces sodas sont souvent selon elle plus simples à se procurer et moins coûteux que l’eau potable. « Mayotte se situe plus dans cette catégorie que dans celle des pays occidentalisés, analyse-t-elle. Ici il n’y a même pas 30% de la population qui est relié au réseau d’eau. Pourquoi l’allaitement maternel est beaucoup plus important à Mayotte ? Parce qu’il est gratuit ! Si les boissons les moins chères sont les plus sucrées, évidemment ça a un impact sur le développement de l’obésité. »

Selon elle, les différentes études faites en métropole sur la question montrent que la taxation est le meilleur moyen pour diminuer la consommation de ces boissons, notamment chez les populations les moins aisés. « Les spots de prévention, on écoute, on fait attention un petit peu mais après ça passe, explique-t-elle. Une taxe se répercute sur le prix de vente, il y a un impact concret. »
 

Les produits importés ne sont pas encore impactés


La nouvelle taxation prévoit donc de taxer les boissons en fonction de leur taux de sucre ajouté. Selon une représentante du groupe Sodifram, les augmentations de prix ne vont concerner qu’une minorité de produits très sucrés, comme ceux importés de Turquie ou de Dubaï. Le thé glacé Peach go Dimes, importé de Turquie, est par exemple près de 3 fois plus sucrés qu'un thé glacé Lipton importé de métropole et sera taxé en conséquence. Même si la taxe est déjà en place, seuls les boissons produites à Mayotte, les boissons de Mayco notamment, sont pour le moment concernées selon cette représentante. La taxation est décalée pour les autres produits du fait du temps d’importation, la taxe étant payé par l’importateur ou le fabricant et non le vendeur. Contacté par téléphone, Mayco n’a pas souhaité communiquer sur les hausses dus à la taxe.

Sophie Le Garrec estime et espère que cette taxe aidera à lutter contre l’obésité sur l’île. « En métropole, cette méthode marche sur les populations les moins aisées. A Mayotte, cela devrait avoir un impact encore plus grand étant donné que les populations ont moins de revenus qu’en métropole ».
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