Priorité au rattrapage économique, social et infrastructurel pour les élus mahorais

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Port de Longoni
Le port de Longoni est le poumon économique de Mayotte. Mais de nombreux conflits entre MCG et d'autres acteurs troublent parfois son activité. ©Mayotte la 1ere

En cette fin d’année, les élus mahorais ont décidé d’interpeller le ministre des outremers dans un courrier inédit nous. Ils se sont mis d’accord pour adresser une véritable plateforme revendicative à Sebastien Lecornu dans l’espoir de voir aboutir le développement.

Les 2 députés Ramlati Ali (LREM) et Mansour Kamardine (LR), les 2 sénateurs Thani Mohamed Soilihi et Hassani Abdallah (tous 2 LREM), le président du conseil départemental Soibahadine Ibrahim Ramadani (LR) et le président de l'association des maires Madi Madi Souf (MDM) du  101ème département, cosignataires, regrettent tout d’abord un manque de considération et de courage politique des gouvernements pour affirmer la présence française à Mayotte.

AFP Lecornu Outre-mer
Sébastien Lecornu a demandé aux élus mahorais de faire le bilan des 10 ans de la départementalisation. Et dans leur réponse au ministre, pas de bilan, mais des revendications fortes pour un engagement plus marqué de l'Etat à Mayotte. ©©Xosé Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP


Dans leur courrier commun, ils affirment que la priorité, reste le rattrapage social, économique et infrastructurel.... A commencer par le rattrapage sur l’extension à Mayotte  des codes « de la famille, de la santé, de la sécurité sociale et du travail ». Une manière de répondre à Sébastien Lecornu qui avait demandé le 12 novembre dernier aux élus de Mayotte de faire des propositions sur le projet de loi 4D (décentralisation, déconcentration, différenciation et décomplexification), qui par ailleurs ne leur a pas transmis l'avant-projet de loi.

Ce rattrapage devra concerner : (...)

- des moyens conséquents pour la justice avec la création d'une cour d'appel et d'un tribunal administratif de plein exercice ainsi que l'érection d'un palais de justice

- des investissements dans es centres éducatifs fermés, la création d'infrastructures innovantes pour prendre à bras le corps la problématique des mineurs et jeunes majeurs non accompagnés d'origine étrangère et une coopération judiciaire avec l'Union des Comores et Madagascar, avec possibilité pour les criminels ou les délinquants multirécidivistes de purger leur peine dans leur pays d'origine (..)

Les 6 élus co-signataires du courrier envoyé au ministre des Outremer


En matière d’infrastructures et d’équipements de base, un véritable plan de modernisation est demandé pour la transformation du port de Longoni, l’amélioration des routes, la réalisation de la piste longue ou bien encore la mise en place d’une université de plein exercice.

La piste longue, l'arlésienne des mahorais
L'aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi : l'une des pistes les courtes au monde, 1930 mètres. Un allongement est jugé nécessaire pour faire venir les gros porteurs et encourager le développement du secteur aéroportuaire à Mayotte


Autre revendication forte : la sécurité et la lutte contre l’immigration clandestine par le biais d’une dotation en moyen nécessaire. Avec notamment la création d’une cour d’appel de plein exercice et la construction d’un palais de justice.
Sur le plan de la décentralisation, la gestion des fonds européens, le transfert de compétences vers le Département, reviennent aussi sur la table.

Il est incontournable de reconnaître au Conseil départemental, à l'instar des autres départements et régions de France, la qualité d'autorité de gestion des programmes opérationnels européens, sur le FEDER et le FEDER CETE, programmes dont nous demandons fermement l'enveloppe de la programmation 2021-2027 soit de 825 millions d'euros pour Mayotte.

Les 6 élus co-signataires du courrier


Un programme ambitieux assorti de moyens financiers à la hauteur des enjeux est donc réclamé par les élus mahorais. Et cela passe, d’après ces derniers, par un travail de concertation mais aussi une réelle vision politique pour faire de l’île au lagon un département français plein et entier.

Réponse des élus mahorais à Sébastien Lecornu