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[Takamaka] Némati Toumbou-Dani à coeur ouvert

Fini le temps où une vie valait une carrière professionnelle ! Aujourd'hui les femmes sont nombreuses à tout plaquer pour recommencer à zéro. C'est le cas de Némati Toumbou-Dani qui après 20 ans à servir la France décide de se lancer dans l'hôtellerie.

  • Par Isabelle Fargier
  • Publié le , mis à jour le

Némati plus heureuse que jamais 


C'est avec son anfou dans les cheveux et sa belle tenue en pagne que Némati Toumbou-Dani se présente à Mayotte la 1ere pour une interview exclusive dans l'émission Takamaka avec Moina Poutou.

Tout sourire, Némati est heureuse, on l'a salue, l'a félicite, l'embrasse dans les couloirs de la station. Oui sa petite protégée Myriam Cassim a remporté l'écharpe de première dauphine au concours de Miss Excellence 2019. Par cette victoire Myriam a mis un peu de baume dans le coeur des mahorais.
Et à l'heure où les poissons remontent des entrailles de la Terre inertes, où les tomates sont impropres à la consommation, où des enfants se noient dans des caniveaux, et bien ce genre de nouvelle ça fait du bien !

D'ailleurs si vous avez raté le retour de Myriam Cassim à Mayotte, (re)vivez cet instant unique à l'aéroport de Dzaoudzi capté par Youmna.

Pour comprendre pourquoi Némati est devenue la présidente du comité Miss Prestige Mayotte, (aujourd'hui Miss Excellence Mayotte), faisons un saut dans le temps en 2013 lorsqu'un gros dilemme se pose à elle : rester dans l'armée où réorienter sa vie professionnelle ? Le choix qu'elle a fait à l'époque vous le connaissez, puisque aujourd'hui Némati est gérante d'un hôtel, et valorise le territoire de Mayotte.

Un choix mûrement réfléchi et complètement assumé aujourd'hui. Oui Némati est heureuse, et s'épanouie dans toutes les actions qu'elle entreprend dont la gestion de son hôtel, la création de sa marque de confiture, où encore la présidence de l'association Miss Excellence Mayotte. 

"Dans chaque vie je me suis épanouie"

 

Némati une cuisinière hors paire 


Le saviez-vous ? S'entretenir avec Némati Toumbou-Dani et ne pas parler de patrimoine gastronomique, c'est impossible. Et c'est avec plaisir qu'elle nous a livré la recette de son fameux mvoungué au coco dont les membres de sa famille raffolent. Une recette à reproduire sans aucune modération chez vous !

Le mvoungué au coco : un délice


Qu'est ce que le mvoungué ?

De la famille des Moringaceae, le moringa ou mvoungue en shimaoré a de nombreuses vertus pour la santé. Feuilles de prédilection dans l'alimentation mahoraise. © Vivre Mayotte, les plantes qui soignent : https://bit.ly/2REsx1H
© Vivre Mayotte, les plantes qui soignent : https://bit.ly/2REsx1H De la famille des Moringaceae, le moringa ou mvoungue en shimaoré a de nombreuses vertus pour la santé. Feuilles de prédilection dans l'alimentation mahoraise.


Une enfance plutôt traditionnelle


Originaire de Bouéni, Némati Toumbou-Dani est issue d'une fratrie de 10 frères et soeurs, elle se situe au milieu, une place qui lui convient parfaitement selon elle. Une enfance joyeuse dans le sud de l'île entourée de sa famille. Le souvenir qui l'aura le plus marqué c'est l'initiation à la pêche au poulpe par sa grand-mère. Elle qui voyait le fameux "puedza" de Bouéni péché et cuisiné allait devoir affronter ses tentacules et son encre. La première fois que sa grand-mère lui brandi fièrement le poulpe péché avec une dextérité déconcertante, prise de panique elle s'enfuit...
 

L'affaire du poulpe


Finalement, au bout de plusieurs tentatives elle arrivera à canaliser sa peur et à ainsi perpétuer une tradition à laquelle sa grand-mère s'adonnait à marée basse. C'est avec des paillettes dans les yeux qu'elle nous relate cette anecdote et déplore une certaine individualisation de la société.

Elle abandonne son sud chéri pour étudier dans le chef-lieu à Mamoudzou.
Voyant sa fratrie quitter le territoire pour des études supérieures à Paris, elle les suivra pour effectuer sa seconde. Un an lui aura suffit pour se rendre compte que Mayotte lui manquait terriblement et que sa destinée était sur ce petit caillou du bout du monde. Elle revient donc sur son île et très vite se met à travailler. Nous sommes en 1992, direction Cavani où elle va diriger la maison des associations, on sent chez Némati cet altruisme et ce besoin de travailler, avec, et pour les mahorais. Cette aventure durera un peu plus d'un an.
Elle deviendra Chef du Personnel au Service des Transports Maritimes (STM), pour elle c'était un job d'appoint puisqu'elle attendait avec impatience les résultats du concours de gendarmerie qu'elle avait passé en parallèle. 


20 ans à servir la France


C'est sans aucune surprise que Némati, femme déterminée et ambitieuse, obtient le concours et en janvier 1993 va se former à Mont-Luçon à l'école de sous-officier. Dans ce milieu d'hommes, elle se révèle brillante et effectue 4 mois de stage à Mayotte en unité. Mayotte étant une collectivité à l'époque, elle a eu l'opportunité de rentrer sur le territoire, et de commencer à servir la France à la brigade de Pamandzi. 

2002 tout s'accélère, Némati veut grimper les échelons, elle veut traiter des dossiers, mener ses enquêtes et être en lien avec le Parquet, pour cela il faut être Officier de Police Judiciaire (OPJ). Rien ne l'arrête elle passe les concours et sans surprise elle les obtient encore une fois. La voilà donc OPJ, elle auditionne les mineurs, s'occupe des scènes de crimes, gère les dossiers de stupéfiants, et travaille avec la police scientifique. 

Nous aussi on a nos experts à Mayotte, les experts à Pamandzi on nous appelait !


Nous exprime-t-elle (en off) avec beaucoup d'humour.

Il faut se le dire, plus les années passent, plus Némati prend du galon, et l'armée est un environnement où les hommes sont en nombre, comment l'a-t-elle vécu ?

"Je travaillais en short comme les hommes et j'allais traiter avec les cadis"

 

Le tourisme, plus qu'une évidence


20 ans passent, Némati est toujours autant passionnée par son métier, mais en 2013 elle a envie d'autre chose. Elle a envie d'une deuxième vie. Elle a envie de servir Mayotte dans un secteur porteur : le tourisme. Après de nombreuses remises en question, elle prend sa retraite de la gendarmerie et se lance dans cette nouvelle aventure. Rachète "Le Baobab" aujourd'hui connu sous le nom de "Domaine de Kavani", et en fait un lieu incontournable et charmant dans Mamoudzou, pour des touristes, où alors pour les locaux qui auraient envie de s'évader le temps d'un week-end.

Voyant le carambolier de son jardin produire des fruits sans pouvoir tout exploiter, une idée germe alors dans son esprit. Nouveau challenge pour Némati elle se lance dans l'agroalimentaire, et transforme ainsi nos fruits en confiture au lycée professionnel de Coconi, où un espace aux normes est dédié aux professionnels.
 

Confidence, adorable, gelée d'amour régalent les papilles
Confidence, adorable, gelée d'amour régalent les papilles


Némati Toumbou-Dani rajoute ainsi des cordes à son arc, et est présente sur tous les salons lorsqu'il s'agit de valoriser le terroir de Mayotte. 

Toujours dans un soucis de se lancer des challenges personnels, il y a deux ans elle accepte de prendre les rênes du comité Miss Prestige Mayotte (Miss Excellence aujourd'hui). Elle s'entoure des bonnes personnes, et le travail paye, elle ramène la première année l'écharpe de troisième dauphine avec Aechat Kamar et il y a quelques jours l'écharpe de première dauphine avec Myriam Cassim.

En somme, de nombreux paris gagnants pour Némati. Cependant la vie n'est pas chose évidente, Némati souhaite encourager les femmes à se créer des nouvelles vies, et à se battre toujours plus...

Les conseils de Némati

 

Pour découvrir le portrait de Némati Toumbou-Dani du 18 janvier 2019 en intégralité, par Moina Poutou c'est ici.

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