Zena Mdéré, 22 ans après…nombreux se réclament du « karivendzé »

histoire
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Le 27 octobre 1999 disparaissait Zena M’déré. La leader des chatouilleuses laissait une île orpheline, elle qui n’a pas enfanté. Ce jour-là, Pamandzi était noir de monde pour un dernier adieu à la « pérésidenti ».

D’elle, on a gardé cette image d’une photo en noir et blanc. Un châle posé sur une partie de la tête, dévoilant ces cheveux tressés, rabattus sur sa chaque côté. Elle avait déjà un certain âge, le regard tourné au loin, avait-elle même consciente que cette image était immortalisée.

Zéna Mdéré

De Zena Mdéré, on souvient aussi de cette phrase devenue slogan, « non, karivendzé » prononcée dans une vidéo, ou on voit une femme pleine de détermination. Ce slogan était aussi un leitmotiv pour une génération de politique, qui savait plus que tout ce qu’elle voulait, c’est-à-dire « rester français » et ce qu’elle ne voulait pas « être dans le giron comorien ».

Des hommes et des femmes qui se sont donnés pour la cité Mayotte. En 1997, deux ans avant sa mort, Zena Mdéré était élevée au grade de chevalier de la légion d’honneur, en reconnaissance de son combat pour Mayotte française.Le shengué un chant de combat

ZENA MDERE

D’elle aujourd’hui, on retient le nom d’un collège dans sa ville de Pamandzi. Il y a aussi ce salouva dont se vêtent les femmes -très à la mode ces dernières années- le fameux « lambawani Zena Mdéré ».

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Le salouva ylang Zéna M'déré.

Un tissu noir avec des fleurs d’ylang-ylang jaunes et des bordures rouges, sur les authentiques parus en 1991, lors du 150ème anniversaire de la présence française à Mayotte, au centre de ce tissu, il y avait une photo de Zena Mdéré et en bordure y est inscrit « karivendzé ». Une timbre est également à son effigie ainsi qu’une pièce de monnaie, de 10 €, éditée en 2012 par la Monnaie de Paris, pour la collection « Les Euros des Régions » . Zena Mdéré était une foundi d’école coranique, grande amatrice de shengué, cet héritage est resté jusqu’aujourd’hui ou très souvent le shengué résonne lors des manifestations.

« Karivendzé des miettes »

ZENA NDERE

Les chatouilleuses et le MPM, le mouvement populaire mahorais avaient comme combat la départementalisation de Mayotte. Ironie de l’histoire, Issouf Hadj Mhoko, ancien vice-président du conseil départemental rappelait le mardi 26 octobre dans Zakwéli, (veille de l’anniversaire de la mort de Zena Mdéré) l’instabilité du statut actuel de Mayotte. Finalement onze ans après la départementalisation -pas encore achevée- on se demande toujours si le statut est réellement acquis.

Mayotte, considérée comme région de France sans avoir les moyens d’accomplir cette compétence. Depuis le combat pour la départementalisation, il reste le combat pour l’égalité sociale, le combat pour le développement de Mayotte.

Marcel Henry avec Younoussa Bamana, Henri Jean-Baptiste, Martial Henry, Adrien Giraud, Zaïna Méresse et Zéna Mdéré
Marcel Henry avec ses compagnons de route Younoussa Bamana, Henri Jean-Baptiste, Martial Henry, Adrien Giraud, Zaïna Méresse et Zéna Mdéré ©Collection famille Bamana

Beaucoup de politiques se réclament « Sorodats wa Bwéni Zena ». Et pourtant, il n’y a jamais eu autant de collectifs pour mener des combats politiques, eux aussi se considèrent être les héritiers légitimes de Zena Mdéré, jugeant les politiques trop conciliants. Les collectifs se réapproprient le slogan et disent à la patrie « karivendzé des miettes ».