Les points clé de la déclaration de politique générale

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Déclaration de politique générale de Philippe Germain
Déclaration de politique générale de Philippe Germain au Congrès ©Gonzague de la Bourdonnay - NC1ère
Le président du 14ème gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Philippe Germain, élu le 1er avril dernier, a prononcé sa déclaration de politique générale, devant les membres du Congrès, lundi après-midi à 14 heures.
Dans l'ntroduction de sa déclaration de politique générale, le président du Gouvernement Philippe Germain a de nouveau salué l’intervention des quatre composantes du FLNKS mercredi 1er avril, jour de son élection à la présidence du Gouvernement; démarche qui aurait « débloqué la situation », et effectuée « sans contrepartie ».

Philippe Germain a aussi indirectement interpellé les autres formations du camp loyaliste, qui avaient toutes dénoncé son élection, appelant le gouvernement à se mettre à l’oeuvre, « sans perdre davantage de temps » et « sans essayer de prolonger le blocage du gouvernement sous d’autres formes ».

Accord de Nouméa, indépendance et citoyenneté

Le président du Gouvernement a rappelé que « l’accord de Nouméa, c’est d’abord un processus de décolonisation au sein de la République » et a évoqué les « engagements pris » en 1998. Il a répété plusieurs phrases du préambule de l’accord de Nouméa, revenant entre autres sur le « choc de la colonisation (qui a) constitué un traumatisme durable ».

Philippe Germain parle d’une « nouvelle souveraineté », que le peuple kanak aurait « accepté de partager avec les autres communautés » : « C’est cette nouvelle souveraineté (…) qui est la matrice de la citoyenneté calédonienne. »

Concernant le décrié projet de modification de la loi organique, présenté en conseil des ministres la semaine dernière, il a dit regretter que « quelques difficultés juridiques », qui auraient fait obstacle à la traduction de ce qu’il nomme un « consensus politique ». Le Front pour l’Unité (FPU) et le Rassemblement-UMP avaient fait part de leur opposition au projet, le FPU appelant même à une manifestation le 29 avril. « Je souhaite que, dans les prochaines semaines, une solution juridique définitive soit apportée en réponse aux inquiétudes qui se sont exprimées. », a ajouté Philippe Germain, sans toutefois donné plus de détails.

Pour Philippe Germain, la politique de rééquilibrage n’a pas encore atteint ses objectifs, soulignant la disproportion en terme de population entre le Nord et le Sud du pays, le Sud concentrant aujourd’hui les trois quarts de la population calédonienne. 

Une stratégie pays pour la mine

Le secteur minier était bien sûr un des points attendus du discours.

« Il nous faut bâtir une stratégie pays, coordonnée et partagée. C’est une ardente obligation », a déclaré le président du gouvernement.

Concernant les difficultés rencontrées par l’Usine du Nord, le président a indiqué que le Gouvernement serait « mobilisé », pour « assurer, si nécessaire, l’accompagnement des entreprises et des salariés impactés ».

Il a qualifié d’« étape importante » la signature d’un contrat de fourniture en minerais entre la SLN et la SMSP, rendu public vendredi dernier et avancé que cette logique devrait « être déclinée également avec d’autres mineurs ». Concernant encore KNS et l’usine coréenne, il a évoqué la défiance à l’égard de ses deux entités, défiance qu’il explique par « le fait que la province Nord soit seule à détenir une participation dans KNS et dans l’usine coréenne ». Philippe Germain parle de « non-sens », car, selon lui, « l’intérêt du pays tout entier est bien que nos quatre usines assurent leur production, maitrisent leur prix de revient, génèrent de l’emploi et procurent des dividendes ».

Poursuite du transfert de compétences

Philippe Germain a évoqué le transfert de la sécurité civile, qui s’est fait, selon lui, « dans de très mauvaises conditions ». Il a expliqué que le Gouvernement exigerait « que les 600 millions de francs de crédits prévus par la loi organique soient versés à la Nouvelle-Calédonie ». Pour le transfert des compétences, prévu par l’article 27, à savoir la communication audiovisuelle, l’enseignement supérieur et les règles relatives à l’administration des provinces, des communes et de leurs établissements publics, ces transferts doivent être soumis à l’examen des élus du congrès, avant la fin du premier semestre 2016.

Des nouvelles concernant l’emploi local des policiers

Avec le concours de l’Etat, le gouvernement souhaite faciliter le retour au pays des fonctionnaires de police calédonien. Un plan d’action a été annoncé pour recruter et former au plan local des gendarmes calédoniens, dont proportion devrait passer de 25 % à 75 %.

Un projet de loi de pays pour l’emploi des fonctionnaires

« Avant la fin de l’année, nous déposerons sur le bureau du congrès un projet de loi du pays relatif aux conditions de citoyenneté et de résidence à satisfaire pour accéder à la fonction publique », a déclaré Philippe Germain, soulignant que la situation actuelle, avec le quota réservé à des non-citoyens dans des domaines « où les compétences locales suffisent aux besoins », était « contraire à l’esprit de l’accord de Nouméa ».

Philippe Germain a aussi évoqué entre autres la question de la jeunesse - avec entre autres un accent mis sur les langues kanak dans le cursus scolaire -, du tourisme - avec la mise en place de « contrats de destination » ainsi que la réorganisation des lignes d’Aircalin -, la question de l’auto-suffisance alimentaire du pays, le développement du numérique et l'insécurité routière. La lutte contre la vie chère, enfin, est présentée comme restant au coeur de l’agenda du Gouvernement, avec l’instauration, dès 2016, d’une taxe générale sur la consommation, qui remplacera la TSS et plusieurs taxes d’importation.

L’exercice de déclaration de politique générale, auquel se sont pliés tous les présidents du gouvernement dans les semaines ou les mois suivant leur élection, est fixé par l’article 117 de la loi organique.

Au contraire du discours prononcé par le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, la déclaration de politique générale du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie n’est pas soumise à un vote des élus du Congrès, et ne donne pas lieu non plus à des observations. Mais elle a néanmoins toujours été considérée comme une feuille de route, engageant l’action du gouvernement.

Retour sur la déclaration de politique générale de près de deux heures avec des images de Bernard Lassauce et Claude Lindor pour NC1ère :



De leur côté, les indépendantistes disent se retrouver dans cette élection, même s'ils affirment qu'ils seront très vigilants quant à l'application des mesures qu'ils souhaitent voir appliquées. A suivre la réaction de Rock Wamytan de l'Union Calédonienne puis de Louis Mapou de l'Uni-Palika.