Une déclaration de politique générale boycottée par une quinzaine d'élus

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Déclaration de politique générale de Philippe Germain
Déclaration de politique générale de Philippe Germain… la fois d'avant! En avril 2015. ©Ludvina Hmeun
Présentée lundi à 14h par Philippe Germain, président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, la déclaration de politique générale a été boycottée et critiquée par lune quinzaine d'élus, à commencer par ceux du FPU et de l'UCF.
Le président du Gouvernement calédonien, Philippe Germain, a jugé « regrettable » le boycott de sa déclaration de politique générale, par 15 élus du Congrès. 
 
S’il ne prend pas celui-ci comme un affront personnel, Philippe Germain préfère parler d’un « affront pour les Calédoniens qui ont voté pour les élus ». 
 
Parmi les élus ayant boycotté la déclaration, plusieurs ont déclaré ne se retrouver ni dans les modalités de préparation de la déclaration, ni dans le fond de celle-ci. Philippe Blaise de l’Union pour la Calédonie dans la France (UCF) parle ainsi de « politique nationaliste ». 
 
« Est-ce que soutenir notre indépendance énergétique est une politique étatique », rétorque Philippe Germain. « On nous fait le procès d’intention, que je n’ai pas suffisamment préparé le discours de politique générale ».
 
Concernant le terme de « souveraineté », Philippe Germain estime que « c’est un terme qui est repris à plusieurs endroits dans l’Accord de Nouméa ». 
 
Sur la question de l’Accord de Nouméa, sur lequel la déclaration s’attardait à plusieurs reprises, le président du gouvernement estime qu’il était nécessaire de revenir dessus.  « Il était nécessaire que nous parlions de l’Accord de Nouméa, ce qu’on a fait, ce qu’il reste à faire », a-t-il déclaré. « Je ne vois pas ce qui était déplacé de ma part de parler de l’Accord de Nouméa »
 
Pour le président du gouvernement, « Calédoniens ne sont pas idiots, ils savent que nous sommes dans un processus d’émancipation ». Il juge important de « redonner confiance », non seulement aux citoyens, mais aussi « aux acteurs économiques et sociaux ». 
 
« C’est le projet du destin commun, où chacun doit avoir sa place », a-t-il ajouté. « On continuera à rechercher des majorités dans le gouvernement et le Congrès pour réformer ce pays ». 
 
Une question se pose concernant les réformes sociales annoncés dans la déclaration, à savoir si la Nouvelle-Calédonie sera en mesure de les financer. « Aujourd’hui, la problématique de la petite enfance, de la jeunesse, que j’ai évoquée, est une priorité. C’est le terreau de la jeunesse de demain », explique Philippe Germain « A nous de faire des arbitrages budgétaires vers ce qui est essentiel. »
 
Du côté des élus, pour Roch Wamytan (Union Calédonienne, UC), les mesures annoncées dans la déclaration de Philippe Germain n’ont rien de nouveau. « Ce qui est intéressant, c’est le timing qu’il a donné », explique-t-il. « Nous ne donnons évidemment pas de blanc-seing à cette déclaration, mais nous serons très vigilants pour que notre voix puisse se faire entendre sur l’ensemble de ces mesures. »
 
Ecoutez la réaction de Roch Wamytan au micro d’Isabelle Peltier pour NC1ère La Radio : 

ITW Wamytan 130415

 

Du côté du Front pour l’Unité (FPU), on dénonce des « dérives indépendantistes » du président du gouvernement. « Je suis véritablement très très inquiet », a déclaré Grégoire Bernut. « On n’imaginait pas que CE aille aussi loin. les 4 points du communiqué du FLNKS sont au coeur de la déclaration de Philippe Germain ». 
 
Ecoutez la réaction de Grégoire Bernut au micro d’Isabelle Peltier pour NC1ère La Radio : 

ITW Bernut 130415

 

Même son de cloche chez l’Union pour la Calédonie dans la France (UCF). « Nous avons voulu montrer notre désapprobation sur la forme et sur le fond », explique Isabelle Champmoreau. « Sur le fond, cette déclaration reprend de manière claire les points que CE a négocié avec le Palika et l’UC pour l’élection de Philippe Germain à la tête du gouvernement. »
 
Ecoutez la réaction d’Isabelle Champmoreau au micro d’Isabelle Peltier pour NC1ère La Radio : 

ITW Champmoreau 130415