Wallis va rembourser sa dette sanitaire à la Nouvelle-Calédonie

C.H.T Gaston Bourret à Nouméa
Une bonne nouvelle est tombée lors de ce 4ème Congrès de la Fédération hospitalière de France, qui s’est ouvert lundi au Centre Culturel Tjibaou : Wallis et Futuna va pouvoir rembourser sa dette sanitaire à la Nouvelle-Calédonie.
Côté calédonien, on peut enfin souffler. La dette sanitaire de Wallis et Futuna, due par l’Agence de santé locale à l'hôpital de Nouvelle-Calédonie, où ont lieu les évacuations, va pouvoir être remboursée, après plusieurs années de carence. Cette dernière dépasse les deux millards de francs CFP. 
 

Une dette décriée en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs mois

La dette contractée par le petit archipel à l’égard du Caillou a régulièrement alimenté la polémique au cours des derniers mois. 
 
Il y a un an, en avril 2014, l’Union syndicale des travailleurs Kanak et des exploités en Nouvelle Calédonie (USTKE) avait annoncé sur son site web que l’Agence de santé (ADS) de Wallis et Futuna, établissement hospitalier financé par l’Etat et le seul de ce territoire, ne réglait plus ses factures au Centre hospitalier Gaston Bourret de Nouméa depuis plus de dix ans. 
 
Le syndicat, qui avait avancé le chiffre de 1,6 milliards de francs CFP concernant la dette contractée et non réglée, avait dans la foulée appelé à la mobilisation pour protester. 
 
Quelques mois plus tard, en juillet, la ministre des Outre-Mer, George Pau-Langevin, avait rappelé devant le Congrès de Nouvelle-Calédonie que la question de la dette sanitaire était une affaire d’Etat. « La dette de l’ADS de Wallis-et-Futuna n’est pas un sujet entre la Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna, entre Calédoniens et Wallisiens : c’est un sujet entre la Nouvelle- Calédonie et l’État », avait déclaré la ministre. « Je vous confirme aujourd’hui que la dette de l’Agence de santé, relative notamment aux évacuations sanitaires, sera prise en charge par L’État. ».
 
Même son de cloche au mois de novembre dernier lors du déplacement en Nouvelle-Calédonie du président de la République François Hollande, qui avait rappelé, lors de son allocution au Centre Culturel Tjibaou, l'engagement de l'Etat sur la question de la dette. 
 

L’Agence de Wallis va pouvoir emprunter pour rembourser

Mi-décembre, les élus de Wallis et Futuna avaient été reçus à Paris par le Premier Ministre Manuel Valls. A l’issue de la réunion, le président de l’Assemblée territoriale du petit archipel, Mika Kulimoétoké, avait déclaré que le règlement de la dette sanitaire locale pouvait être considéré comme « chose acquise ». 
 
Matignon avait en effet confirmé que l'Agence française de développement (AFD) allait faire un prêt d'un montant égal à la dette à l’Agence de santé de Wallis, et qu’en parallèle, l'Etat allait augmenter la dotation versée à l'agence pour permettre à l'agence de rembourser son prêt. 
 
Il manquait une signature pour enclencher le processus. Et la situation s’est visiblement débloquée tout récemment. « Le problème de la dette va se résoudre, il y a une avancée considérable, » a expliqué Jacqueline Bernut, Présidente de la Fédération hospitalière régionale du Pacifique Sud, pendant le 4ème Congrès de la Fédération hospitalière de France, qui se tient au Centre Culturel Tjibaou. « Cette fameuse lettre qui devait être signée par Bercy et le ministère des Outre-Mer l’a été il y a quelques jours ». 
 
Ecoutez l’intervention de Jacqueline Bernut au micro de Martine Nollet pour NC1ère : 

ITW Bernut 210415

 

A l’aube de l’entrée en service du service Médipôle de Koutio, l’enveloppe, d’un montant d’environ 22 millions d’euros, soit 2,38 milliards de francs CFP, va permettre d’améliorer la trésorerie. 
 

Le secteur de la santé : un dossier problématique à Wallis

Au-delà de la question purement économique et de la dette à rembourser, le territoire de Wallis et Futuna est confronté à de véritables problèmes de santé publique.