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Pour le Premier ministre australien, il faut "refouler les migrants"

Dans une déclaration mardi 21 avril, le Premier ministre australien Tony Abbott a conseillé à l'Union européenne de suivre l'exemple de son pays et de refouler tous les migrants arrivés par la mer.

Tony Abbott, Premier ministre d'Australie © ABC
© ABC Tony Abbott, Premier ministre d'Australie
  • Elif Kayi (avec agences)
  • Publié le , mis à jour le
Dimanche dernier, le naufrage d’un chalutier au large de la Libye a causé la mort de plus de 800 migrants, selon un bilan encore provisoire du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) en Italie et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
 
Suite à ce nouveau drame de la Méditerranée, les dirigeants de l'Union Européenne ont décidé d’établir jeudi, lors d'un sommet extraordinaire, un plan d'action d'urgence. 
 
Dans une déclaration mardi 21 avril, le Premier ministre australien, Tony Abbott, a interpellé l’Union européenne sur la question : "Il est urgent que les Européens adoptent une politique très ferme qui puisse mettre fin au trafic d'être humains en Méditerranée". 
 
Peu après son arrivée au pouvoir en septembre 2013, le gouvernement de Tony Abbott avait lancé l'opération "Frontières souveraines", appuyée par l’armée et consistant en un refoulement systématique des bateaux de migrants.
 
Sous le précédent gouvernement, les arrivées de migrants étaient presque quotidiennes et 1.200 réfugiés avaient péri en mer. Canberra se vante aujourd’hui qu'aucun migrant n'a péri depuis le début du mandat de Tony Abbott en 2013. 
 
"Pas question, vous ne serez pas chez vous en Australie", peut-on lire sur des affiches en gros caractères rouges, publiées par le gouvernement australien.   
 
Dans le cadre de l’opération "Frontières souveraines", les bâtiments de la marine australienne renvoient les bateaux transportant des migrants - la plupart originaire du Sri Lanka, d'Iran, d'Irak, d'Afghanistan ou du Vietnam - vers leur point de transit, souvent l'Indonésie. 
 
Des camps de rétention ont aussi été installés sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée ou sur l'île de Nauru, dans l'océan Pacifique, pour recevoir les demandeurs d’asile qui arrivent par voie maritime en Australie. Après instruction de leur dossier, même si leur demande est acceptée, le gouvernement australien ne les autorise pas à s’installer en Australie.  
 
Pour les personnes ayant accédé au statut de réfugiés en Australie, trois solutions s’offrent alors : retourner dans leur pays d’origine, rester dans les camps de rétention en Papouasie ou sur Nauru, ou encore partir s’installer au Cambodge. L’Australie a en effet récemment signé un accord avec ce pays, prévoyant un accompagnement pour les réfugiés souhaitant partir s’installer là-bas. Des cours de langue, une aide financière et un accompagnement à l’insertion professionnelle leur serait proposés. 
 
La politique du gouvernement australien est décriée par les défenseurs des droits de l’Homme, selon lesquels le pays ne fait tout simplement plus face à ses responsabilités en matière d’asile. Le pays a aussi été condamné par les Nations-Unies, qui lui reprochent de manquer à ses obligations de signataire de la Convention sur les réfugiés de 1951.
 

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