Sonia Lagarde: "Je ne démissionnerai pas, je resterai à l'Assemblée Nationale pour défendre les dossiers calédoniens"

l'invité de la rédaction
Sonia Lagarde invitée
La députée-maire Sonia Lagarde était l'invitée du journal télévisé de dimanche soir. Elle est revenue sur la constitution d'un groupe Calédonie Ensemble à la ville de Nouméa, sur sa ferme volonté de ne pas démissionner de son poste de députée, et sur l'avancement des gros dossiers de sa ville.
Sonia Lagarde ne démissionnera pas, et s'en explique: "J'ai toujours dit que j'allais démissionner avant 2014, et puis les contextes évoluent. En fin d'année, le gouvernement n'existait pas, et donc, était-il opportun de donner ma démission à ce moment-là? Evidemment, la réponse est non. Par contre, j'ai demandé aux Calédoniens de m'excuser; ce poste de député est extrêmement important. Il est important, je l'ai réalisé, pour la commune de Nouméa, il est important aussi pour délivrer les messages à l'Assemblée Nationale. Je suis républicaine depuis longtemps, j'entends que la Nouvelle-Calédonie reste dans la France, et il ne faut pas s'imaginer que la Nouvelle-Calédonie soit la priorité de tous les députés de l'Assemblée Nationale". 
 

"Je suis choquée par la violence de ce communiqué"

Loin de la faire changer d'avis, le communiqué rageur de Calédonie Ensemble, publié vendredi après que Sonia Lagarde ait annoncé sur une radio locale sa ferme intention de ne pas démissionner l'a confortée dans sa position: "...Moi je suis assez choquée par la violence de ce communiqué", expose la députée-maire de Nouméa, "où on parle de trahison, de reniement etc... Bien sûr, que j'étais sincère quand je disais vouloir démissionner. J'ai entendu récemment Alain Juppé parler des promesses que pouvaient faire les politiques. Il disait que, souvent, les conditions dans lesquelles ces promesses sont faites, changent entre-temps. C'était exactement mon cas: en fin d'année, le contexte n'était pas bon. Fin 2014, on n'avait pas de président de gouvernement. Fallait-il, en plus, rappeler les électeurs aux urnes? De plus, de nombreux Calédoniens m'encouragent à rester députée, pour faire avancer les dossiers. Cela, CE peut-il le comprendre? Doit-on pour cela, parler de trahison"? Sonia Lagarde, qui revient encore sur la violence du communiqué Calédonie Ensemble:
 

"Moi, en 2007, je n'ai pas parlé de trahison"...

"Comment un parti politique, je le dis aujourd'hui avec toute la sincérité qui s'impose, peut-il montrer autant de violence? Je crois qu'il est temps aujourd'hui pour les hommes politiques de prendre du recul, dans un pays où il y a autant de violences faites aux femmes. Je n'ai jamais agi par convenance personnelle.On parle de trahison: il faut se rappeler de 2007, de l'épisode des législatives. A aucun moment, je n'ai, moi, parlé de trahison. Quand Philippe Germain a été élu président du gouvernement, grâce aux voix des indépendantistes, ai-je parlé de trahison? Quand Philippe Michel, qui n'a pas de majorité à la province Sud, fait des majorités de circonstance, est-ce que je parle de trahison? Et quand ce groupe s'est installé à la mairie, ai-je parlé de trahison? Eh bien non! Alors je me pose la question: faut-il s'appeler Philippe pour être entendu à Calédonie Ensemble"?
 

"La Calédonie mérite mieux que des querelles d'ego"

Interrogée sur le contexte politique "apaisé" après le Comité extraordinaire des Signataires, la maire de Nouméa livre son impression: "Je ne crois pas qu'il y ait véritablement d'apaisement. En tout cas pas dans mon camp! C'est vrai que le Comité des Signataires exceptionnel a débloqué la situation en permettant aux politiques de se parler sereinement; mais cet apaisement qui a prévalu va-t-il perdurer? Il ne faut pas entrer dans des querelles personnelles de bas étage, il faut laisser les egos de côté... avec les échéances qui sont devant nous, il faut faire le pari sur l'intelligence, pour pouvoir avancer ensemble. La Calédonie mérite mieux que ces querelles". Sonia Lagarde n'envisage pas pour l'instant de quitter les rangs de Calédonie Ensemble, dont elle affirme continuer de porter les valeurs: "J'ai toujours été à Calédonie Ensemble. Les valeurs que j'ai portées, de fraternité, de tolérance, de vivre-ensemble, me parlent. Si certains pensent que je ne les porte plus, en raison de ma non-démission, alors ils feront ce qu'il faudra pour me destituer de mes fonctions de secrétaire générale du parti".
 

68% des propositions de la campagne des municipales sont en cours de réalisation"

Enfin, la députée-maire de Nouméa dément tout "immobilisme" dans sa ville. Une critique souvent émise dans l'opposition, parfois aussi entendue dans la bouche des administrés. "Un an et trois mois après mon élection", énumère-t-elle, 68% des propositions de campagne sont réalisées ou en cours de réalisation. Comme les cafés-terrasses sur la Place des Cocotiers, avec des travaux prévus début 2016; la gratuité aux associations sportives pour les installations; l'éclairage de la promenade Pierre Vernier; les travaux concernant les quartiers Nord et notamment Rivière-Salée commenceront au quatrième trimestre; la délocalisation de Macadam Partage afin que les SDF sortent du centre ville, mais avec des ateliers de réinsertion; nous allons pouvoir engager la réfection des trottoirs et de la voirie bientôt"...Enfin, Sonia Lagarde conclut en balayant du revers de la main tout sentiment d'inquiétude concernant la majorité à la mairie de Nouméa: "Le groupe qui s'est formé est à l'origine des délibérations qui doivent être votées au Conseil municipal. Et donc, s'il venait à voter contre, il voterait contre ses propres propositions"...


 

Sonia Lagarde répondait aux questions de Charlotte Risch



 
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