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Précarité des jeunes : "Il faut sortir du langage purement professionnel"

Jeunesse
Eddy Supeno, professeur à l'Université de Sherbrooke, au Québec
Eddy Supeno, professeur à l'Université de Sherbrooke, au Québec ©NC1ère
Professeur et spécialiste de l'insertion des jeunes, Eddy Supeno est actuellement en Nouvelle-Calédonie pour le 25ème anniversaire de la MIJ. Invité sur le JT de NC1ère, il revient sur l'importance du langage à utiliser avec les jeunes en situation précaire.
La Mission d'Insertion pour les Jeunes (MIJ) fête cette année ses 25 ans. A cette occasion, plusieurs invités internationaux vont faire le déplacement, dont Eddy Supeno, professeur à l'Université de Sherbrooke, au Québec. Ce dernier répondait aux questions d'Alexandre Rosada sur le plateau du JT de 19h, mardi 4 août.

Titulaire d'un Doctorat sur les parcours de vie de jeunes adultes non diplômés et en situation de précarité, il insiste sur l'importance de voir le jeune dans son parcours général et pas seulement sous l'angle du travail ou de l'école.

"Pour pouvoir travailler sur l'insertion professionnelle des jeunes, donc pour les aider à se stabiliser sur le marché de l'emploi, il faut apprendre à regarder les autres trajectoires qui encadrent celle de l'emploi, par exemple la trajectoire amoureuse, la trajectoire familiale", explique Eddy Supeno. "Souvent, chez les jeunes, ce qui arrive dans d'autres secteurs de leur vie va interférer dans les choix qu'ils font au niveau professionnel".

Pour le chercheur, le discours uniquement lié à l'environnement du travail et de l'école est souvent stigmatisant pour beaucoup d'entre eux et il faut apprendre à en sortir pour mieux communiquer avec les jeunes. "Il faut sortir du langage typiquement relié à la situation professionnelle, parce que ces jeunes-là ont souvent un rapport, je dirais, en délicatesse avec l'école, et souvent avec le travail", explique Eddy Supeno.

Pour le chercheur, l'emploi des métaphores est important dans la communication avec les jeunes. "Les métaphores ont cette puissance que n'ont pas les exercices plus pédagogiques, plus classiques. Ils vont faire travailler la personne sans qu'elle se rende compte qu'elle travaille."

Utiliser l'exemple d'une fleur par exemple pour parler de la situation de quelqu'un ou d'autres types de métaphores permettent de surmonter les blocages liés à l'illettrisme ou l'analphabétisme.

Eddy Supeno est né en Nouvelle-Calédonie, vit aujourd'hui au Québec, et apprécie cette ouverture que lui permet le fait de vivre dans une autre culture. Il rappelle l'importance de la distance sur soi-même rendue possible par le fait d'être immergé dans un environnement différent. "C'est extrêmement important et salvateur, si on prend le temps d'apprécier cette ouverture", confie-t-il.

Retrouvez l'intégralité de l'entretien de Eddy Supeno avec Alexandre Rosada (04/08/15) :

 

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