Australie : nouvelle riposte des écologistes face à un projet minier près de la Grande barrière de corail

Ils avaient promis de riposter, ils l'ont fait : des défenseurs de l'environnement lancent un nouveau recours en justice contre la construction de la plus grande mine de charbon d'Australie. Le mois dernier, le gouvernement a donné son feu vert à ce projet de 16 milliards de dollars.
C'était en fait la deuxième autorisation donnée par Canberra à l'entreprise indienne Adani. La première fois, le groupe de protection de la nature Mackay avait obtenu l'arrêt du projet - la justice avait estimé que les garanties environnementales données par Adani étaient insuffisantes. Deux espèces en danger, dont le reptile yakka skink, paraissaient particulièrement menacées par la construction de cette mine géante.
 
Cette fois, les défenseurs de l'environnement mettent l'accent sur le site choisi, près de la Grande barrière de corail. Sean Ryan fait partie du service juridique de la Fondation australienne pour la conservation :
 
«  L'Australie est dans l'obligation de faire tout ce qu'elle peut pour protéger la Grande barrière de corail pour les générations futures, c'est une obligation légale internationale. Avec cette affaire, on se demande si le ministre de l'Environnement s'est plié à cette obligation en prenant en compte les impacts de la combustion du charbon sur le récif. »
 
La réponse est simple pour Geoff Cousins, le président de la Fondation australienne pour la conservation : non, le ministre Greg Hunt n'a pas respecté la loi. Il est confiant, son recours permettra de stopper ce projet :
 
« Notre but, en tant que principal groupe environnemental du pays, c'est d'arrêter ce projet minier. Les tactiques qui consistent à gagner du temps, ça ne nous intéresse pas. »
 
Une affirmation que conteste Michael Roche, du Conseil des ressources du Queensland :
 
« Ça fait partie d'une campagne visant à perturber et à retarder les grands projets miniers. Ils ne s'attendent pas forcément à gagner le procès, mais ces recours vont probablement retarder le projet d'un an et c'est ce qu'ils veulent. Ils espèrent que les investisseurs indiens vont abandonner et s'en aller. »
 
Les défenseurs de l'environnement ne sont pas les seuls à vouloir qu'Adani abandonne son projet. Les propriétaires traditionnels de cette région du Queensland située à côté de la Grande barrière de corail s'apprêtent également à déposer un recours. En outre, l'entreprise indienne doit encore obtenir l'autorisation de construire un port pour exporter le charbon, ce qui promet de nouvelles batailles judiciaires.
 
Dans un communiqué publié hier soir, Adani dénonce « une énième tentative des militants politiques de retarder des projets de création d'emplois dans le Queensland ». L'entreprise se dit « confiante dans la solidité de l'accord donné par le ministre de l'Environnement pour la construction de la mine ».