Hawaï: le gouverneur ouvre les bras aux réfugiés syriens et irakiens

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David Ige
Le gouverneur démocrate, David Ige, est favorable à l'accueil de réfugiés syriens et irakiens à Hawaï. ©ABC/Radio Australia
Hawaï est l'un des sept états américains désireux d'accepter des demandeurs d'asile syriens ou irakiens. Les 43 autres états refusent ou hésitent.
C'est l'un des 7 états américains désireux d'accepter ces demandeurs d'asile. Les 43 autres états refusent, ou hésitent. La Chambre des Représentants a voté hier la suspension de l'accueil de ces réfugiés, en réaction aux attentats de Paris. 
  
David Ige, le gouverneur démocrate de Hawaï, ouvre ses bras aux réfugiés syriens et irakiens, malgré l'opposition de beaucoup d'habitants.
 
Hawaï est l'un des rares états américains qui se disent prêts à ce geste humanitaire. Suite aux attentats de Paris, les 43 autres états  soit hésitent, soit refusent (à l'instar de l'Alabama, du Michigan et de la Louisiane) d'accueillir des Syriens et des Irakiens, par peur que des terroristes se cachent parmi les réfugiés. 
 
Jeudi, la Chambre des représentants a voté la suspension de l'accueil de réfugiés syriens et irakiens, tant que le FBI n'aura pas renforcé ses procédures de vérification de leurs antécédents. Ce qui pourrait prendre des mois ou des années. 
 
Mais Barack Obama a annoncé en début de semaine qu'il mettrait son veto à cette loi. Le Président américain s'est engagé à donner l'asile à 10 000 réfugiés syriens et irakiens en 2016. Et le gouverneur de Hawaï, le Démocrate David Ige, soutient Barack Obama et se dit prêt à ouvrir son territoire aux réfugiés, quitte à fâcher les Hawaïens. Jeudi, il a tenu à rassurer son opinion publique:
 
"Je n'ai pas le pouvoir de dire oui ou non à l'accueil des réfugiés. La priorité du Président Obama et de tous les gouverneurs de notre pays, c'est la sécurité des Américains." 
 
Depuis mardi, le gouverneur Ige a été submergé de 500 appels et 300 emails de Hawaïens inquiets, majoritairement opposés à l'accueil des réfugiés syriens et irakiens. Et pour cause: en octobre, le directeur du FBI lui-même, James Comey, a indiqué que son agence ne pouvait pas repérer un sympathisant de Daech, à moins qu'il ait déjà été identifié comme une menace quand il vivait en Syrie. 
 
Mais David Ige affirme que les vérifications des antécédents prennent cette lacune en compte, et sont donc très efficaces: 
 
"L'enquête sur le passé de ces gens est draconienne, elle implique plusieurs agences de sécurité. Les demandeurs d'asile sont soumis à des interrogatoires poussés."   
 
Le gouverneur Ige a reçu le soutient de la sénatrice de Hawaï, Mazie Hirono, elle aussi membre du parti démocrate: 
 
"Accepter ces réfugiés après avoir vérifié leurs antécédents très rigoureusement, cela correspond tout à fait aux valeurs américaines, et bien sûr, à Hawaï, nous avons une longue tradition d'accueil de gens venus de pays et de cultures très divers."
 
L'accueil de réfugiés syriens et irakiens à Hawaï reste très hypothétique. Mais quoi qu'il arrive, ils ne seraient qu'une poignée. Sur les dix dernières années, l'état d'Aloha n'a en effet reçu en tout que 21 réfugiés, venus d'autres pays que la Syrie.