25 ans de prison pour le meurtre d'un SDF

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Une affaire d'assassinat jugée ce mercredi lors de la deuxième session d’assises. Les faits se sont déroulés la nuit du 1er au 2 août 2015 devant le mémorial américain de Nouméa. Pierre Doumaï a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle.
25 ans de réclusion criminelle et 15 ans de période de sûreté pour l’accusé…
Le verdict correspond aux réquisitoires de l’avocat général.  Selon lui, ce dossier est aussi simple que sordide : le mal calédonien, l’alcool, a une nouvelle fois frappé.
 

Un parcours jalonné par des actes de violence

La partie civile, quant à elle, parle de cet assassinat comme l’aboutissement d’un processus de destruction de l’autre et de soi même. En 20 ans, l’accusé a été condamné une douzaine fois pour vols et violences.
"Violences sur conjoint, violences sur son propre enfant, violences sur un handicapé, des cas de violences extrêmement graves qui lui ont valu des peines de 4 ans, 2 ans d'emprisonnement, donc des peines déjà extrêmement lourdes" explique Me Frédéric Daubet, avocat de la partie civile. "Donc on avait déjà un parcours qui été jalonné par des actes de violence, et voilà la conséquence aujourd'hui."
 
Alors qu'est ce qui a déclenché la colère de Pierre Doumaï dans  la nuit du 1er au 2 août 2015 ?
Kalolo Tuamasaga l’a tout simplement insulté et est allé dormir dans un abri de fortune.
Animé d’un désir de vengeance, l’accusé se saisit de rochers de 2 à 3 kgs et assène des coups à la tête de la victime. Il décédera de ses blessures.

Pas de prise en compte suffisante par la société du problème de l'alcool

Pour l’avocat de la défense, l’état alcoolique de l’accusé est chronique donc maladif, et il n’a jamais été pris en compte par la société.
"A partir du moment où effectivement vous avez toujours un délinquant sur fond d'alcool, avec un passage à l'acte sur fond d'alcoolisation massive comme c'est le cas dans ce type de dossier" explique Me Pierre-Louis Villaume, avocat de la défense, "il est temps de se poser un peu des questions sur cette prise en charge et cette maladie d'alcoolisation chronique. C'est ce qu'on retrouve de plus en plus dans les dossiers, et j'espère que les pouvoirs publics vont se pencher sur cette question et cette problématique".
 
Cette affaire sur fond d’alcool met en évidence la détresse physique et morale des personnes qui vivent dans la rue.