A Londres, la pression sur le nickel s'accentue [et ce n’est pas bon pour la Calédonie]

transition énergétique
NICKEL
Trader du nickel à la Bourse des métaux de Londres (LME) ©Alain Jeannin
Le nickel maintient sa tendance baissière, lesté par la force du dollar qui affaiblit le pouvoir d'achat des industriels chinois -le métal se paie en billets verts au LME de Londres- cumulée à une inflation galopante qui ravive les craintes de hausse des taux directeurs des banques centrales.

Le nickel approche d’un seuil, pas encore critique, mais qui pourrait le devenir, pour les trois usines calédoniennes. Il se rapproche de la zone des 20.000 dollars la tonne. Il valait plus de 50.000 dollars après le début de la guerre en Ukraine. En un mois, la chute des cours est de 25 %.

LME
Les cours du nickel au LME de Londres le 05072022 ©Bloomberg via Marex Spectron

Le métal de la transition énergétique est affaibli par les perspectives de hausses des taux d'intérêts et la rhétorique agressive des banques centrales en matière de lutte contre l'inflation.

Une politique monétaire plus stricte rend les obligations d'État plus rentables et plus attractives que les métaux et dissuade les investisseurs.

Le nickel semble également perdre de son éclat en raison des craintes accrues d'une récession mondial imminente, en plus d'un meilleur approvisionnement et des perspectives fortement haussières de la production indonésienne.

"Les préoccupations relatives à l'offre qui existaient auparavant se sont évaporées", résume Daniel Briesemann, analyste chez Commerzbank, interrogé par l'AFP, affirmant que les métaux industriels se dirigent vers de "lourdes pertes" pour le deuxième trimestre.

"Les inquiétudes liées à la récession se propagent parmi les investisseurs, ce qui laisse présager une baisse de la demande de métaux", explique-t-il.

"Dans le même temps, de nombreux marchés des métaux ont été mieux approvisionnés au cours des derniers mois", poursuit M. Briesemann.

Le cuivre, roi des métaux, dans la panade

Le cuivre est "un bon indicateur de la santé économique mondiale, car la ductilité (le fait de pouvoir être déformé sans rompre, ndlr) et la conductivité du métal font qu'il est utilisé dans de nombreuses industries à travers le monde", explique Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Baromètre de l'économie, d'où son surnom de Docteur Cuivre (Dr Copper), il est donc très sensible à un potentiel ralentissement de l'économie mondiale.

Vendredi, le cuivre a glissé jusqu'aux 7.955,00 dollars la tonne, en dessous de la barre des 8.000 dollars, pour la première fois depuis février 2021. Ce mardi, il accentue sa chute de plus de 4 % à 7647 dollars.

Et le cuivre entraine les autres métaux dans sa glissade. Tous sont dans le rouge, y compris le nickel.

LME-Nickel le 05/07/2022 à 14:30 GMT 22.131 dollars/t -1,63 % (cours provisoire)

LME-Nickel [5 jours -4,71 %]