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Agression d'un gardien au Camp-Est : affaire renvoyée

Les trois auteurs présumés des faits comparaissaient devant le tribunal correctionnel ce vendredi. Le jugement est repoussé au 20 mars prochain en attendant des examens psychiatriques et médicaux. Une audience marquée par la présence massive des surveillants de prison.

Plus d'une vingtaine de surveillants de prison du Camp-Est sont venus soutenir leur collègue agressé. © M.C
© M.C Plus d'une vingtaine de surveillants de prison du Camp-Est sont venus soutenir leur collègue agressé.
  • Par Martin Charmasson
  • Publié le

Solidaires face au "choc"


Ce n’est pas la première fois que la scène se produit. Des surveillants du centre pénitentiaire, en nombre, dans l’assistance du tribunal correctionnel. Et devant eux, l’un de leur collègue agressé. En 2016, ils étaient déjà venus, en tenue civile, pour « marquer le coup » après la séquestration et l’agression d’un des leurs dans le bâtiment B. Ce vendredi matin, plus d’une vingtaine étaient cette fois présents, en uniforme, derrière Damien Sio.
Un gardien frappé et menotté par un détenu qui a pu lui dérober ses clés pour ouvrir d’autres cellules, et inviter deux pensionnaires du Camp-Est supplémentaires, à le rouer de coups. Les trois agresseurs s’en étaient ensuite pris à un prisonnier.

Récidive


Lors de l'audience, le ministère public a souligné l’extrême violence des faits, le mode opératoire en réunion, et le facteur de récidive pour ces détenus, déjà condamnés pour des actes similaires. "Il faut des éléments sur la personnalité psychiatrique des prévenus" a t'il ajouté. Un constat partagé par l'avocat de la défense, Maître Marty, qui demande du temps "pour savoir ce qu'il se passe au Camp-Est". Il s'interroge sur les conditions d'incarcération, après avoir appris que l'un des agresseurs s'est auto-mutilé, il y a deux semaines.
Les magistrats ont renvoyé l’affaire au 20 mars prochain, à 8 heures. Le temps de procéder aux expertises psychiatriques des prévenus et aux expertises médicales des deux victimes.

Le renvoi passe mal


Les surveillants du Camp-Est demandent plus de moyens humains. © M.C
© M.C Les surveillants du Camp-Est demandent plus de moyens humains.
Interrogé à la sortie de l'audience, Moana Mana, porte-parole de l'intersyndicale des surveillants du Camp-Est n'a pas caché sa déception. Lui et ses collègues espèrent le transfert des détenus incriminés :

Plus de moyens demandés


A l'heure actuelle, le centre pénitentiaire de Nouméa regroupe 114 surveillants pour plus de 530 détenus. Des effectifs insuffisants estiment les syndicats. Ils ont rencontré, mardi, le président du Gouvernement, Philippe Germain. A l'issue de cet entretien, un courrier a été adressé à la Ministre de l'Intérieur, Nicole Belloubet. Dans ce texte, le chef de l'exécutif calédonien indique que la direction locale du Camp-Est et les organisations de salariés "ont établi un organigramme standard, en application des directives et des règles en vigueur, qui conduit à un effectif de 186 agents". Il demande "qu'un examen attentif soit porté à cette question et une réponse donnée très rapidement"
Seule certitude pour l'instant : en février prochain, 11 nouveaux postes seront crées, et 16 autres en juillet.
Le courrier adressé à la ministre de l'Intérieur.

L'absentéisme en question


Les services de l'Etat, eux, notent que l'absentéisme atteint 30% chez les surveillants. Reste à déterminer s'il s'agit d'arrêts maladie de complaisance ou liés à la difficulté du métier. Sur ce dernier point, Claude Cortès, délégué syndical Force Ouvrière, regrette l'absence d'un réel suivi psychologique et médical des personnels de garde au Camp-Est. Une demande a été formulée : bénéficier d'une médecine du travail et de prévention, prévue dans les textes de la fonction publique, sans rupture dans le protocole de prise en charge. 

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