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Anzac day : 5 000 coquelicots pour rendre hommage aux soldats australiens

L'Australie, la Nouvelle-Zélande, et plusieurs autres pays du Pacifique célèbrent l'Anzac Day, le 25 avril. À Melbourne, deux artistes ont décidé de rendre un hommage coloré aux soldats australiens, avec des milliers de coquelicots faits main.

Tous les coquelicots sont faits main par des bénévoles, et tous sont différents. © ABC/Elodie Largenton
© ABC/Elodie Largenton Tous les coquelicots sont faits main par des bénévoles, et tous sont différents.
  • Elodie Largenton (ABC Radio Australia) avec CM
  • Publié le
« Dans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent
Entre les rangées de croix qui marquent notre place… »
 
Ce poème est connu de tous les Australiens. Écrit par un lieutenant-colonel canadien, John McCrae, pendant la première guerre mondiale, il est très vite devenu populaire, et avec lui, le symbole du coquelicot.
 
Symbole de la perte et de l'espérance. Cette fleur poussait dans les cimetières et les champs de bataille, en Flandre, malgré la boue et les destructions. Et le rouge du coquelicot rappelle le sang des camarades tombés au front.
 
Porter un coquelicot est rapidement devenu une tradition le 11 novembre, jour de l'armistice. C'est désormais aussi le cas le jour de l'Anzac, le 25 avril.
 
Des brins de romarin continuent à être portés au revers des vestons, pour commémorer la bataille de Gallipoli, en Turquie, mais le coquelicot, plus fort visuellement, a pris le pas sur le romarin.
 
Pour le ministre du Victoria des Anciens combattants, John Eren, ces symboles sont importants :
 
« Cela permet de se souvenir. Quand on met la main sur le cœur et que l'on dit 'n'oublions jamais', ça fait partie de ces rituels qui font que les gens sont conscients des sacrifices faits par nos soldats dans le passé et des sacrifices que font les hommes et les femmes qui servent notre pays aujourd'hui. »
Le ministre du Victoria des Anciens combattants, John Eren. Le gouvernement local a contribué à l'envoi, par avion, de 300 000 coquelicots à Londres, en donnant 200 000 dollars à l'association. © ABC/Elodie Largenton
© ABC/Elodie Largenton Le ministre du Victoria des Anciens combattants, John Eren. Le gouvernement local a contribué à l'envoi, par avion, de 300 000 coquelicots à Londres, en donnant 200 000 dollars à l'association.
L'État du Victoria est l'un des partenaires d'une initiative qui ne cesse de prendre de l'ampleur : 5 000 poppies, autrement dit 5 000 coquelicots.
 
L'aventure a commencé en 2013. Lynn Berry et Margaret Knight, deux artistes de Melbourne, ont voulu rendre hommage à leurs pères, qui ont tous deux combattu pendant la seconde guerre mondiale - l'un en Europe, l'autre dans le Pacifique.
 
Elles ont tricoté 120 coquelicots, puis des amis les ont imitées, rejoints par des volontaires de toute l'Australie et même de l'étranger… Ce sont aujourd'hui 50 000 personnes qui ont participé au projet en envoyant des coquelicots faits main.
 
Le résultat de ce travail phénoménal a été exposé l'an dernier sur la place de la Fédération, en plein cœur de Melbourne.
 
Nouvelle étape, cette année : le projet s'exporte en Angleterre. Le mois prochain, les fleurs seront exposées au salon horticole de Chelsea, l'un des plus prestigieux au monde.
Les tapis de coquelicots s'étaleront sur plusieurs hectares dans le jardin de l'hôpital royal de Chelsea. Ce n'est pas un choix anodin, comme l'explique Meredith Atelemile, enseignante à Canberra, qui a tricoté environ 300 coquelicots au cours des trois dernières années :
 
« C'est important pour nous, parce que beaucoup de soldats australiens sont allés se faire soigner dans cet hôpital après avoir été blessés en France. »
 
Et c'est aussi le but de cette initiative : redécouvrir la grande Histoire, mais aussi les histoires personnelles de ces soldats qui ont combattu à l'autre bout du monde.
 
Le grand-père de Meredith a pris part aux batailles de la première guerre mondiale à Gallipoli, en Turquie, et en France, où il a reçu la Croix de guerre. Mais il n'a jamais partagé son expérience et ne voulait pas participer aux défilés de l'Anzac, comme de très nombreux anciens combattants australiens, souligne Lynn Berry, la fondatrice du projet 5 000 coquelicots :
 
« La génération de mon père ne parlait pas de la guerre. Je sais qu'il s'était engagé, je l'ai entendu en parler peut-être une ou deux fois quand j'étais petite. Il nous disait 'ça ne vous intéresse pas, vous n'avez pas envie de savoir, c'est une partie de ma vie, mais ça ne doit pas être une partie de votre vie'. Sauf que, évidemment, pour de nombreuses familles, avoir un père ou un oncle parti à la guerre, ça a un impact qui se répercute à travers les générations. Pour certains, c'est bien pire que pour d'autres… »
Des bénévoles de 5 000 poppies se sont réunis devant le Parlement du Victoria quelques jours avant Anzac day pour marquer le départ des tapis de coquelicots pour Londres. En bas à droite, Lynn Berry, fondatrice du projet, et à ses côtés, le concepteur de l'exposition, Philip Johnson © ABC/Elodie Largenton
© ABC/Elodie Largenton Des bénévoles de 5 000 poppies se sont réunis devant le Parlement du Victoria quelques jours avant Anzac day pour marquer le départ des tapis de coquelicots pour Londres. En bas à droite, Lynn Berry, fondatrice du projet, et à ses côtés, le concepteur de l'exposition, Philip Johnson
Plus question de taire cette histoire, aujourd'hui. Les Australiens s'intéressent aux faits d'armes de leurs ancêtres et comptent bien assurer la transmission avec les jeunes générations. Meredith Atelemile :
 
« Je suis en train d'apprendre à mes élèves comment faire des coquelicots. Dans mon école, il y a pas mal de parents qui sont membres des forces armées ; il y a un petit club pour les soutenir, et les membres de ce club ont décidé de faire leurs propres coquelicots pour le jour de l'Anzac, cette année. »
 
La campagne 5 000 coquelicots s'arrêtera en 2018, 100 ans après l'armistice qui a mis fin à la première guerre mondiale, mais les coquelicots en tissu, en laine ou en feutrine continueront de fleurir en Australie.
 
 

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