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L'assistance médicale à la procréation en Nouvelle-Calédonie

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AMP en nc
©Franck Vergès
Le projet de loi sur la bioéthique a été adopté le 4 février par le sénat. L’une des mesures phares : l’AMP, l’assistance médicale à la procréation, étendue pour les couples de femmes et les femmes célibataires. Qu’en est-il en Nouvelle-Calédonie ? 
En Nouvelle-Calédonie, une dizaine de couples de même sexe consulte chaque année l’association Diversités NC, en quête du chemin à parcourir pour devenir parents. La loi ne le permettant pas, les couples de femmes choisissent actuellement la Nouvelle-Zélande ou encore l’Espagne pour avoir des enfants grâce à l’AMP, l’assistance médicale à la procréation, communément appelée PMA. 

« Entreprendre un projet parental en devant quitter le territoire et se rendre dans un autre pays même si c’est la Nouvelle-Zélande, ça engendre des frais de déplacement, d’hébergement, de traduction donc il est important de pouvoir rester au plus près de chez soi pour pouvoir entreprendre. On ne devrait pas avoir à quitter le pays et prendre du congés pour faire ce projet » explique Laurent Garnier, de l'association Diversités NC.
 

Dons de sperme

Pour que le projet de loi relatif à la bioéthique soit un jour applicable sur le territoire, le texte doit d’abord passé en consultation auprès des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Le processus d’application de la loi et de ses décrets peut prendre entre 1 et 5 ans. La mesure concernant l’AMP pour toutes pourrait nécessiter des adaptations locales, notamment pour les dons de sperme. 

« Au niveau pratique, le centre d’AMP n’est pas équipé pour pratiquer des actes hors de la sphère intraconjugale hétérosexuel. Pour ce faire, il faudrait que l’on mette en place, un centre de recueil de gamètes, avec un recueil de gamètes par des tiers, par des gens qui sortent du couple hétérosexuel » explique Michel Belec, médecin inspecteur de la santé publique à la DASS. 
 

400 couples chaque année en Nouvelle-Calédonie

L’assistance médicale à la procréation existe depuis 2004 sur le territoire, pour les couples hétérosexuels éprouvant des difficultés à concevoir. Deux techniques sont possibles : l’insémination artificielle du sperme ou la fécondation in vitro, plus connu sous le nom de FIV. Cette dernière technique consiste à implanter l’embryon fécondé à l’intérieur de l’utérus. La FIV reste le protocole le plus utilisé et coûte 1 000 000 frs cfp. Quatre tentatives sont remboursées à 100% par le système de santé local.  

« Chaque année, on a plus de 400 couples qui sont pris en charge. On fait entre 150 et 200 FIV par an. À partir du moment où on met un embryon dans l’utérus d’une patiente, elle a une chance sur deux d’être enceinte » confie le docteur Clotilde Dechanet, gynécologue.

Entre 40 et 50 enfants naissent chaque année en Nouvelle-Calédonie grâce à ces traitements de procréations. 
Si en Europe, 10 pays autorisent déjà l’AMP pour toutes, il faudra attendre encore quelques mois pour savoir si la France adopte définitivement ce projet de loi. Il doit être prochainement entendu par l’Assemblée Nationale.

Le reportage de Lizzie Carboni et Franck Vergès.
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