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Australie: la mangrove du Golfe de Carpentarie a changé de couleur

Elle est passée du vert tropical à un brun-grisâtre, celui des centaines de milliers de troncs morts. Les palétuviers ont été victimes d'un coup de chaud et du manque d'eau douce.

Norm Duke a survolé 200 km de la côte du golfe de Carpentarie il y a quatre semaines. © Norm Duke
© Norm Duke Norm Duke a survolé 200 km de la côte du golfe de Carpentarie il y a quatre semaines.
  • Caroline Lafargue/ABC Radio Australia (CM)
  • Publié le
À la mi-juin, Norm Duke, a survolé 200km de la côte du golfe, situé à cheval sur le Territoire du Nord et le Queensland. Il a ramené des images saisissantes de ces immenses étendues d’arbres morts. 
« Nous assistons à un événement inédit, affirme le biologiste marin spécialisé dans l’étude des mangroves à l’université James Cook. Je n’ai jamais vu de pareilles images dans le monde entier. Pourtant je travaille dans beaucoup de pays différents et je vois des mangroves endommagées tous les jours. Ce sont les images de dépérissement les plus choquantes que j’ai jamais vues. »
10 000 hectares de palétuviers sont morts de chaud ces derniers mois, mais c’est aussi le manque d’eau de pluie, donc d’eau douce, qui les a achevés. 
« Le dépérissement de la mangrove n’est pas du à des causes comme une grande marée noire ou un cyclone, ou une tempête violente - aucun de ces facteurs n’a frappé la région récemment, précise Norm Duke. Mais au même moment où on a constaté la mortalité de la mangrove, on a commencé à parler de l’épisode de blanchiment sur la Grande barrière de corail et du fait que les eaux étaient très chaudes. Le blanchiment du corail et le dépérissement des mangroves sont deux événements qui ont eu lieu en même temps. Donc bien sûr ma première pensée est que c’est à cause du climat. »
Norm Duke évoque le changement climatique comme responsable de la disparition des mangroves. Mais en ce qui concerne le blanchiment de la Grande Barrière de Corail, victime elle aussi d’un énorme coup de chaud, la majorité des scientifiques australiens ont aussi désigné El Niño comme coupable, en même temps que le changement climatique.
La mortalité des mangroves du golfe de Carpentarie est d'une ampleur inédite dans le monde, d'après Norm Duke. © Bluebottle Films / James Sherwood
© Bluebottle Films / James Sherwood La mortalité des mangroves du golfe de Carpentarie est d'une ampleur inédite dans le monde, d'après Norm Duke.

 

Les mangroves du golfe de Carpentarie ont commencé à mourir il y a plusieurs mois. Jeff Newman, un artisan-pêcheur, a vu les palétuviers s'assécher jour après jour. Il s’inquiète pour son avenir, car si la mangrove disparaît, il n'aura plus rien à pêcher. Les forêts marécageuses servent en effet de terrain de reproduction pour beaucoup d’espèces, en particulier les crevettes, les crabes, ou encore les barramundis, des poissons très recherchés par les pêcheurs australiens. 
« Si cet écosystème meurt, il faudra peut-être plusieurs années pour que les pêcheurs se remettent de ce coup dur, prévoit Jeff Newman. J’ai déjà vu des mangroves totalement détruites, principalement par des cyclones, et à chaque fois il a fallu attendre 5 à 6 ans pour que les arbres repoussent. Mais pour cela, il faut que les conditions environnementales soient favorables. Si cette sécheresse est due au climat, et si les épisodes de hautes températures et faibles précipitations deviennent plus fréquents, alors pourront-elles repousser, et combien de temps cela prendrait-il ? »
Le scientifique Norm Duke continuera à monitorer la santé des mangroves du Golfe de Carpentarie dans les mois qui viennent.
 

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