Australie : le gouvernement critiqué pour sa gestion financière des centres de Manus et de Nauru

monde
Centre de rétention de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. (Photo : Supplied / Asylum seeker)
Centre de rétention de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. © Supplied / Asylum seeker
Des milliards de dollars sont dépensés pour envoyer et héberger des demandeurs d'asile et réfugiés à Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à Nauru. Des finances qui ne sont pas bien gérées, estime la cour des comptes australienne.
L'évaluation de la cour des comptes est sans appel : le ministère australien ne respecte pas les règles en vigueur concernant les marchés publics, il ne tient pas correctement ses livres de compte et il a laissé exploser le coût de gestion des centres de rétention de Manus et de Nauru.
 
Son rapport concerne la période 2012 à aujourd'hui, et donc aussi bien le gouvernement travailliste qui était au pouvoir il y a quatre ans que l'actuel gouvernement libéral. En 2012, par exemple, les autorités n'ont pas demandé à l'entreprise Transfield de fournir un devis pour l'ouverture des centres. Le coût de la détention des demandeurs d'asile est aujourd'hui deux fois plus élevé que les estimations, à 573 000 dollars par personne, par an.
 
Le rapport a rapidement fait l'objet d'un débat houleux au Sénat. Nick McKim, sénateur des Verts, s'est dit « vraiment sidéré » par l'évaluation de la cour des comptes :
 
« C'est un rapport accablant et cinglant sur une agence qui, par certains aspects de ses opérations, est devenue clairement incontrôlable. 
Le ministère de l'Immigration et de la Protection aux frontières aurait du mal à organiser l'achat efficace d'une bière dans une brasserie ! »
 
Pour ce sénateur des Verts, les travaillistes et la coalition libérale-nationale ont des comptes à rendre aux Australiens pour « cet énorme gâchis d'argent public ».
 
Manifestation à Brisbane, en avril dernier, contre la détention de demandeurs d'asile à Nauru et à Manus.
Manifestation à Brisbane, en avril dernier, contre la détention de demandeurs d'asile à Nauru et à Manus. ©ABC

 Sans surprise, les deux grands partis s'accusent mutuellement d'être responsable de la situation. Peter Dutton, le ministre de l'immigration :
 
« Je ne vais pas critiquer le travail du ministère. Le ministère a été mis dans une situation difficile et on est toujours aux prises avec les dégâts causés par le parti travailliste. »
 
 Et voici la réponse des travaillistes, transmise par le porte-parole chargé des questions d'immigration, Shayne Neumann :
 
« Ce rapport souligne encore davantage l'incapacité totale de Peter Dutton à conclure des accords durables et crédibles avec des pays tiers pour l'accueil des réfugiés, ce qui a conduit à une explosion des coûts et à des crises au sein des centres de rétention offshore. »
 
Ce rapport de la cour des comptes ne s'intéresse donc qu'à la partie financière des centres de Manus et de Nauru. Le Parlement australien doit, lui, enquêter sur les très nombreuses accusations de violences physiques et sexuelles, de tentatives de suicide et de négligence rapportés ces derniers mois.
 
 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live