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Australie : le sort de la centrale au charbon d'Hazelwood en suspens

Le groupe français Engie (ex-GDF Suez) dément avoir pris la décision de fermer la centrale d'Hazelwood, située dans la vallée de Latrobe, non loin de Melbourne, en Australie. Pour les 1 000 personnes qui travaillent sur le site, les rumeurs persistantes de fermeture sont source d'angoisse.

La centrale d'Hazelwood, dans la vallée de Latrobe. © International Power Hazelwood
© International Power Hazelwood La centrale d'Hazelwood, dans la vallée de Latrobe.
  • Elodie Largenton/ABC Radio Australia (CM)
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Le journal Les Échos rapporte que l'énergéticien Engie a finalement décidé de fermer le site. Si la nouvelle n'est pas encore officielle, c'est parce que le groupe français, qui détient 72% de la centrale, attend le feu vert de son partenaire, le Japonais Mitsui & Co. Une information démentie par Engie.
 
Mais ce n'est pas la première fois que la fermeture de la centrale électrique la plus polluante d'Australie est évoquée. L'incertitude qui en découle pèse sur le moral des habitants du Gippsland, vaste région rurale du Victoria, où se situe la centrale. Des habitants qui ont le sentiment d'être parfois négligés, affirme Mary Aldred, directrice générale du Comité pour le Gippsland :
 
« Les gens d'ici sont des optimistes, mais les discussions constantes autour de l'avenir de la centrale n'aident pas les employés, qui ont peur de perdre leur emploi. Plusieurs habitants et entrepreneurs locaux m'ont dit qu'ils se sentaient malmenés par certains groupes de défense de l'environnement, par certains militants - ils utilisent la vallée de Latrobe et la région pour faire campagne sans se préoccuper des gens qui vivent, qui travaillent et qui investissent ici. »
 
La centrale d'Hazelwood fait travailler environ 1 000 personnes et produit 20 à 25% de l'électricité consommée dans l'État du Victoria. Fermer la mine et la centrale thermique aurait donc un impact considérable dans cette région où trouver un travail n'est pas toujours facile. Pas de catastrophisme pour autant, les ressources sont là, assure Mary Aldred :
 
« Des projets d'infrastructure sont déjà dans les tuyaux, ce qui pourrait minimiser l'impact de la fermeture de la centrale sur l'emploi. Cette situation pourrait aussi accélérer la diversification économique de la région, on pourrait se tourner vers l'agroalimentaire et l'industrie, des domaines dans lesquels on se débrouille très bien dans le Gippsland. »
 
La transition s'organise déjà : le gouvernement du Victoria va y consacrer 40 millions de dollars - une somme qui doit permettre notamment d'attirer de nouvelles industries dans la vallée de Latrobe. De son côté, le gouvernement national envisage d'accélérer la construction d'un hôpital et de nouvelles routes.
En février 2014, la mine d'Hazelwood a brûlé pendant 45 jours, exposant les 14 000 riverains de la ville de Morwell à des fumées et des cendres de charbon hautement toxiques. © CFA / Keith Pakenham
© CFA / Keith Pakenham En février 2014, la mine d'Hazelwood a brûlé pendant 45 jours, exposant les 14 000 riverains de la ville de Morwell à des fumées et des cendres de charbon hautement toxiques.

 

La fermeture de la centrale d'Hazelwood aura d'autres conséquences, et pas seulement pour les habitants du Gippsland. Les factures d'électricité vont augmenter, indique Tony Wood, du think tank Institut Grattan :
 
« Si la centrale ferme, les prix vont augmenter, c'est inévitable. Mais il est difficile de dire précisément de combien ils vont augmenter, ça va dépendre du marché, et le marché a tendance à ne pas se comporter comme les analystes prédisent qu'il se comportera… »
 
L'Australian Industry Group, qui représente les industriels, estime qu'il est actuellement impossible de se passer du charbon pour éclairer le Victoria. Sa proposition : moderniser la centrale. Le type de charbon utilisé serait, en revanche, toujours le même : le lignite, la forme la plus sale du charbon.
 
Sans évoquer la centrale d'Hazelwood, le Premier ministre, Malcolm Turnbull, a déclaré aujourd'hui que le charbon fera partie des sources d'énergie de l'Australie « pour de très nombreuses décennies à venir ».
 

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