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L'Australie veut durcir encore sa politique d'immigration

Toutes les personnes qui ont tenté de rejoindre l'Australie illégalement par la mer seront interdites à vie de poser le pied dans le pays : c'est le souhait de la coalition libérale-nationale au pouvoir.

Des demandeurs d'asile dans le centre de rétention de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. © Fournie par Ian Rintoul
© Fournie par Ian Rintoul Des demandeurs d'asile dans le centre de rétention de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
  • Elodie Largenton/ABC Radio Australia (CM)
  • Publié le
Le ministre de l'Immigration, Peter Dutton, l'avait annoncé en août dernier. Cette fois, c'est le Premier ministre, Malcolm Turnbull, qui s'empare de la question et annonce son intention de soumettre au plus vite un projet de loi au Parlement pour empêcher les réfugiés de Manus et de Nauru de venir en Australie, que ce soit pour s'y installer ou juste pour des vacances ou des voyages d'affaire :
 
« L'Australie est très généreuse envers les réfugiés. Et si on peut être aussi généreux, accueillir autant de réfugiés, c'est parce qu'on maintient la sécurité à nos frontières, parce qu'on décide de qui vient ici, on ne laisse pas les trafiquants en décider. »
 
Une annonce saluée par le parti d'extrême-droite One Nation, et sa chef de file, la sénatrice Pauline Hanson :
 
« Il faut faire preuve de fermeté et lancer un message clair : les réfugiés ne sont pas les bienvenus. On sait que la plupart d'entre eux viennent ici pour des raisons économiques et qu'ils profitent de notre système de protection sociale. Les Australiens en ont assez, et moi aussi, j'en ai marre. »
 
Ces commentaires ne surprennent pas le chef de file des Verts, Richard DiNatale ; il estime que c'est justement pour « récupérer des voix à l'extrême-droite » que Malcolm Turnbull veut interdire aux réfugiés arrivés par bateau de mettre le pied en Australie.
 
Un point de vue partagé par le chef de l'opposition, le travailliste Bill Shorten, qui parle d'un projet de loi « absurde » : « Ça me paraît ridicule d'interdire à un réfugié qui s'installe aux États-Unis ou au Canada et devient un citoyen de l'un de ces pays, de voyager en Australie en tant que touriste ou homme d'affaires 40 ans plus tard. »
 
En août dernier, le Conseil australien pour le développement international, qui représente des associations à but non lucratif, s'interrogeait sur la légalité de ce projet de loi. « La liberté de mouvement est un droit fondamental pour tous les êtres humains du monde entier », estimait son PDG, Marc Purcell. Mais la ministre des Affaires étrangères, Julie Bishop, affirme que la convention de l'Onu sur les réfugiés sera respectée :
 
« Nos conseillers nous ont indiqué que nous respections nos obligations internationales. »
 
Le ministre de l'Immigration, Peter Dutton, affirme que ce projet de loi a pour but de faire sortir les gens des centres de rétention ou de transit de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et des centres de Nauru. Des centaines de réfugiés attendent, parfois depuis des années, d'être envoyés dans un pays où ils auraient une chance de refaire leur vie. 
 

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