Aux assises, David fait face à ses bourreaux

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Assises affaire David
©Anne-Claire Lévêque
Il avait embarqué six personnes dans sa camionnette mais le service rendu a rapidement viré  au cauchemar. Deux ans après les faits, le procès de l’affaire David a débuté. Cinq hommes sont accusés, quatre sont présents. 
[MISE A JOUR AVEC REPORTAGES DE MARDI]

C’est un procès long et pénible pour la victime et pour ses proches qui s’est ouvert ce mardi. Procès qui a mis un peu de temps démarrer concrètement. Quelques débats juridiques ont abouti à renvoyer l’un des cinq accusés psychologiquement instable devant une cour d’assises ultérieure, composée uniquement de professionnels. 
 

Tout commence par des auto-stoppeurs

Les prochains jours seront désormais consacrés à l’examen des faits, ceux qui se sont déroulés dans la nuit du 3 au 4 mai 2018, et que la cour a rappelés mardi matin. Cette nuit-là, David termine une soirée et s’arrête dans une boulangerie de la Vallée-du-Tir. Il accepte de prendre deux auto-stoppeurs dans sa camionnette, et se voit contraint d’embarquer ensuite tout un groupe jusqu’aux Portes-de-Fer.
 

Un calvaire de huit heures

Parmi les passagers, l’alcool a coulé à flots dans les dernières heures. Tout aurait pu s’arrêter là, une fois le service rendu. Mais David prend un premier coup à la tête à ce moment là, sans raison apparente. Il tente de s’enfuir, est rattrapé, roué de coups, et perd connaissance. Commence un calvaire qui durera plus de huit heures.
 
Vallée du Tir travaux
La Vallée du Tir, où a débuté le calvaire de David ©Caroline Moureaux
 

A travers le Grand Nouméa

Frappée, menacée, violée, la victime subit passage à tabac et sévices, ligotée dans son véhicule au fil des déplacements imposés par les ravisseurs. A Nouméa, à Dumbéa, à Païta, les arrêts sont multiples pour acheter de l’alcool, pour débloquer l’ordinateur de la victime et même pour se baigner dans la rivière à Dumbéa. Le calvaire de David prend fin du côté de Saint-Louis, au Mont-Dore, à la mi-journée. L’homme est libéré, sa camionnette lui est rendue, et il s’éloigne enfin de ses bourreaux.
 

«Hyper éprouvant»

Des souffrances infligées sans aucun mobile apparent et sur lesquelles est revenu le principal accusé, entendu pendant près de deux heures. Placé en détention au Camp-Est depuis deux ans, il a reconnu les faits criminels qui lui sont reprochés. Mais a cherché à les minimiser par les effets de l’alcool et du groupe. Pour la victime, l’épreuve a été très difficile.
Ecoutez sa réaction, recueillie par Anne-Claire Lévêque :

Affaire David, réaction de la victime

 
Justice panneau tribunal
©Martine Nollet
 

Intervention du médecin-légiste

Heureusement qu'il était solide. C'est ce qu'a laissé entendre le médecin légiste venu déposer devant la cour d'assises en fin de journée. Un tel calvaire aurait pu être fatal à un individu moins robuste. Plaies, abrasions, œdèmes et expérience de mort imminente... Les traumatismes étaient et restent nombreux.
 

«Bien intentionné»

Le médecin légiste a également ôté toute crédibilité à la thèse de l'accident pour le viol perpétré avec une branche. Une explication pourtant soutenue par le principal accusé. Il n'a cessé de se décrire comme bien intentionné, mais soumis à de mauvaises influences et bloqué dans une sphère infernale du mal. 
 

Audition des trois autres prévenus

La désinvolture affichée par l’accusé a commencé à s'effriter sous les questions des avocats de la partie civile. Et la journée s’est achevée sur ses contradictions. Ce mercredi matin, à partir de 8 heures, place aux auditions des trois autres prévenus. Ils comparaissent pour des faits délictueux de séquestration et de vol avec violence.
 

Peines encourues : de dix ans à la perpétuité 

A noter que le procès avait été renvoyé en raison du confinement. Ce mardi matin, les quatre accusés présents ont reconnu l’ensemble des faits qui leur sont reprochés. Le suspect qui apparaît comme le leader, auteur du viol et récidiviste, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Les trois autres risquent des peines pouvant aller jusqu’à dix ou vingt ans de prison.

Le compte-rendu de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry :
©nouvellecaledonie
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