Avenir institutionnel : la Calédonie à la croisée des chemins

référendum nouvelle-calédonie 2020
Avenir institutionnel : la Calédonie à la croisée des chemins
©Claude Lindor
3ème référendum ou sortie négociée ? Les résultats du 4 octobre n'ont pas éclairci la situation politique du pays. Face à une bipolarisation toujours plus marquée de l’électorat, la reprise du dialogue apparait comme une solution. Mais entre le camp du Oui ou du Non, les positions divergent.
A l’heure où les partis politiques dressent leur bilan, l’analyse des chiffres bruts dégage une tendance. Le Oui à la pleine souveraineté est en progression. Et en vue d’éventuelles négociations, les indépendantistes sont clairement en position de force« La Nouvelle-Calédonie vient de dire ouvertement que le sens de l’histoire, c’est bien l’accession à la pleine souveraineté et à l’indépendance, pas le maintien au sein de la République », estime Louis Mapou, de l'Uni. « Nous avons toujours discuté. Aujourd’hui, ce qu’on dit en plus, c’est que si discussion il doit y avoir, c’est sur l’accès à la pleine souveraineté et à l’indépendance. »

La Nouvelle-Calédonie vient de dire ouvertement que le sens de l’histoire, c’est bien l’accession à la pleine souveraineté et à l’indépendance, pas le maintien au sein de la République

Louis Mapou, Uni

Louis Mapou
Louis Mapou ©Claude Lindor

Les indépendantistes pour un 3ème référendum

Le discours n’est pas très différent dans la bouche du président du Congrès, Roch Wamytan, de l'Union calédonienne. Il s’agit en fait d’aller au bout de l’Accord de Nouméa « et du 3ème référendum ». « On n’est pas dans le cadre d’une solution consensuelle telle que nous l’avons connue dans les années 90 et qui a abouti à l’Accord de Nouméa. Mais par contre, c’est important de discuter pour échanger nos projets. »
Une solution pourra-t-elle émerger de ces discussions ? « J’en sais trop rien, reconnaît Roch Wamytan, qui considère néanmoins qu' « à l’issue de ce référendum, le lendemain, on aura déjà avancé dans le cadre des discussions générales, Etat, indépendantistes et non indépendantistes ». 

On n’est pas dans le cadre d’une solution consensuelle telle que nous l’avons connue dans les années 90 et qui a abouti à l’Accord de Nouméa.

Roch Wamytan, UC-FLNKS

Roch Wamytan
Roch Wamytan ©Claude Lindor
 

Les loyalistes favorables à une solution alternative

Eviter ce 3ème référendum, c’est devenu l’objectif dans le camp d’un Non, qui recule. En privilégiant cette fois le dialogue. « Si 3ème référendum il y a, il se fera dans une tension extrême, avec une absence de perspectives à offrir aux Calédoniens derrière », pronostique Sonia Backès pour le groupe les Loyalistes.
« Quand on est élus, on l’est pour servir nos électeurs… Et les gens qui nous ont fait confiance veulent la paix et qu’on arrive à trouver une solution. Notre responsabilité, c’est de chercher cette solution, de tout faire pour la trouver, et le rôle de l’Etat, c’est d’être facilitateur. »

Les gens qui nous ont fait confiance veulent la paix et qu’on arrive à trouver une solution

Sonia Backès, Les Loyalistes

Sonia Backès
Sonia Backès ©Claude Lindor
Le dialogue, Calédonie Ensemble l’appelait de ses voeux, bien avant le 4 octobre. Sans surprise le parti non-indépendantiste penche pour une solution négociée. « Il faudrait déjà qu’on réussisse (à dépasser) l’obstacle de la forme. C’est-à-dire qu’on arrive tous à mettre en adéquation nos déclarations, c’est-à-dire qu’on a tous envie de dialoguerEt puis la réalité, la concrétisation de ces espaces de dialogue, recadre Philippe Dunoyer

Montrons aux Calédoniens que, quelles que soient nos sensibilités, on a vraiment tous envie de discuter d’un projet qui pourrait fédérer pour l’avenir des Calédoniens. 

Philippe Dunoyer

Philippe Dunoyer
Philippe Dunoyer ©Claude Lindor
En 2022, faudra-t-il voter pour ou contre la pleine souveraineté ou bien pour un statut qui satisfasse la plus grande majorité ? La parole est à nos élus.