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Une baie de Papouasie-Nouvelle-Guinée polluée par une usine chinoise de nickel

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NICKEL
©Image réseau social par Reuters
Les boues toxiques d'une usine de production de nickel, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, se sont déversées dans la baie voisine de Basamuk au cours du week-end, selon trois sources citées par l’agence Reuters. La population s'inquiète du niveau de pollution...
 
L’usine appartient à la Metallurgical Corporation of China. Elle produit du nickel destiné aux batteries des véhicules électriques. Le week-end dernier, des habitants de la ville de Madang ont remarqué une couleur rougeâtre assombrissant la baie voisine de l’usine Ramu Nickel de Basamuk en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à 2500 kilomètres au nord-ouest de la Nouvelle-Calédonie.

Réactions
Le responsable de l’Autorité des ressources minérales de Papouasie-Nouvelle-Guinée (MRA) a déclaré qu’il avait préparé un rapport préliminaire sur cet incident avec l’Autorité de protection de la nature de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (CEPA). "Les inspecteurs des mines de la MRA et des scientifiques sont sur le site depuis lundi dernier pour mener leur enquête", a déclaré Jerry Garry, directeur général de la MRA, à l’agence Reuters. Il n'a pas été en mesure d'offrir des détails supplémentaires. Une source proche du métallurgiste chinois MCC a déclaré que l'incident n'avait eu aucun impact significatif sur l'environnement. "Il n'y a pas besoin de dire quoi que ce soit à ce sujet. C'était un petit accident. Il y a eu une petite fuite ... Mais cela n'a aucun effet sur l'environnement."

Cependant, le gouverneur de Madang, Peter Yama, a qualifié le déversement de boues toxiques dans la baie de Basamuk de "pire désastre environnemental de l’histoire du pays ", selon un article publié lundi par le quotidien national Post Courier. Il a appelé le gouvernement à fermer immédiatement l’usine de nickel pour son "mauvais bilan environnemental". Yama a également déclaré que le permis d'exploitation de l'usine avait expiré en avril, a rapporté le Post-Courier. De son côté, toujours dans le Post Courier (en anglais), le ministre des mines, Johnson Tuk, a exhorté la population et les responsables tribaux autour de l'usine, "à ne pas perturber les opérations de production de nickel et d'attendre la publication du rapport des experts." 

Contexte
Le Premier ministre de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, James Marape, s'est engagé depuis son arrivée au pouvoir en mai dernier à tirer profit des énormes ressources pétrolières, gazières et minières du pays, l’un des plus pauvres de la région. L’usine de Ramu a produit l'an dernier un volume record de 35.355 tonnes de nickel pur et de 3.275 tonnes de concentré de cobalt, selon Cobalt 27 Capital, une société canadienne qui détient une participation de 8,6 % dans le complexe industriel. MCC (MinMetals), a construit et exploite l'usine Ramu nickel de Madang qui produit du sulfate de nickel. Un produit de plus en plus utilisé dans les batteries des véhicules électriques, alors que le monde évolue vers une économie plus verte et moins polluante. Le métal produit en Papouasie-Nouvelle-Guinée est envoyé en Chine, dans le cadre de la transition énergétique du pays.
 
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