Bertrand Cadart, le «French mayor» australien, a tiré sa révérence

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Bertrand Cadart, French Mayor, dans son fief de Tasmanie, en 2012, lors du tournage d'un documentaire destiné à TF1.
Bertrand Cadart dans son fief de Tasmanie, en 2012, lors du tournage d'un documentaire destiné à TF1. ©Françoise Tromeur
Atterri en Australie il y a une cinquantaine d'années, Bertrand Cadart y a tracé un parcours atypique qui a vu ce fou de moto, personnage de «Mad Max» ou journaliste radio, devenir le «French mayor», à la tête d'une collectivité de Tasmanie et en contact étroit avec la Nouvelle-Calédonie.
L'expression «personnalité haute en couleurs» lui allait comme un gant. L'inclassable Bertrand Cadart est parvenu vendredi dernier au terme de ses multiples vies terrestres. Souffrant du cancer, il est décédé à l'âge de 71 ans dans le Queensland, auprès de ses enfants, comme le relate longuement cet article (en anglais) du quotidien The Examiner, en Tasmanie.
 

Au conseil de Glamorgan Spring Bay

La Tasmanie où ce natif du Nord de la France est arrivé par amour, avant de devenir maire d'une communauté de communes située à l'Est de l'île. Il y a gagné le titre de seul maire français en Australie et le surnom de «French mayor» en dirigeant, de 2007 à 2014, le «council» de Glamorgan Spring Bay. Une collectivité qui réunit les petites localités de Swansea, Orford, Triabunna, Coles Bay et Bicheno. Il aimait à raconter comment ses administrés l'appelaient the Frog
 

Un habitué du Caillou

L'homme avait atterri dans le Pacifique au moment du service militaire, qui l'a transporté en Nouvelle-Calédonie à la fin des années soixante. Virée entre motards, festival du cinéma, échanges avec les institutions, terrain en Brousse : au cours des décennies suivantes, il a entretenu les liens avec le Caillou en y séjournant à de multiples reprises. Le visiteur passait rarement inaperçu avec ses folles moustaches ou ses tenues colorées, qu'il mettait volontiers à contribution pour véhiculer la cause de la culture française ou de sa municipalité australienne.
 
Bertrand Cadart, French mayor, lors d'un événement dédié à la culture française, 2012, en Tasmanie
Bertrand Cadart lors d'un événement dédié à la culture française en Tasmanie. ©Françoise Tromeur
 

Le Clunk de «Mad Max»

Son amour des grosses cylindrées a été immortalisé sur grand écran. Bertrand Cadart est passé à la postérité grâce à Clunk, le motard déjanté dans le Mad Max tourné il y a plus de quarante ans par le jeune George Miller. Un film pour lequel il avait customisé des Kawasaki Z 10 000 en bolides du futur. La folle aventure était encore rappelée, il y a environ un an, par Le Courrier australien.
 

Reportages

Il aura aussi été journaliste, par exemple pour Radio Australie. Avant de faire lui-même l'objet de divers articles et documentaires. RFO Nouvelle-Calédonie lui avait consacré en 2008 un reportage de 52 mn, de Damien Ordas et Claude Bretegnier. Devenue NC la 1ere, la station finalisait un film avec lui. En 2017, l'inénarrable Bertrand Cadart avait été reçu dans l'émission Terre de mémoires, par Christiane Poëdi et Malia Noukouan. Cinq ans plus tôt, en 2012, la société Yemaya productions tournait également avec lui un «32 minutes» destiné à TF1, qui l'avait fait connaître dans l'Hexagone.

Le documentaire Le French mayor de 2008, par RFO : 
 
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