Le Brexit de Londres sans conséquence pour le nickel calédonien

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Matrice 100 Francs Pacifique. Monnaie de Paris.
Matrice de 100 Francs Pacifique de la Monnaie de Paris dans l'usine de Pessac. Les pièces contiennent 2 % de nickel calédonien SLN et du cuivre chilien ou bulgare. ©Alain Jeannin
La bourse des métaux de Londres poursuit son léger rebond. Sur le front du nickel, la tonne de métal pur revient sur les 10.000 dollars. Elle sert de référence aux prix des minerais et des alliages. Le nickel est soutenu par de bons indicateurs chinois et américains. 
L’ambassadeur britannique à Bruxelles a remis la lettre de Theresa May annonçant officiellement que la Grande-Bretagne va quitter l’Union européenne. « Il n’y aura pas de retour en arrière », déclare la Première ministre britannique.

Les métaux se moquent du Brexit

Dans leurs bureaux de la City de Londres, les analystes des matières premières sont unanimes. Le monde va continuer à tourner et les mines à produire : « Il n’y aura pas de conséquences pour les métaux et le nickel qui évoluent dans un marché mondialisé, de la Nouvelle-Calédonie au Canada en passant par la Russie. Un marché qui est largement dominé par la Chine. L’Indonésie va exporter du minerai mais les bonnes nouvelles venues des Etats-Unis soutiennent les cours du nickel » indique à NC 1re David Wilson, directeur des analyses de la banque américaine Citi. Le "coup de grisou" du début de semaine semble oublié. Les cours du nickel n’ont pas chuté vers les 9000 dollars, comme c’était envisagé lundi.

Jeudi soir à Londres, le nickel évoluait dans une fourchette comprise entre 9.932 et 10.032 dollars.

À New-York, l’indice COMEX des matières premières a bénéficié de la forte amélioration de la confiance du consommateur américain, ressortie à son plus haut depuis près de 17 ans. En Asie, les métaux industriels et notamment le cuivre et le nickel ont subi des prises de bénéfice avant de se redresser, suite à des achats effectués à Shanghai et qui se sont prolongés au LME de Londres. Les chiffres industriels chinois indiquent, sur un an, une hausse des bénéfices industriels de 31,5 % en janvier, soit le rythme le plus important depuis 2011. Le niveau des stocks mondiaux de nickel a atteint son niveau le plus bas depuis le 18 janvier, mais la diminution est lente. Il reste encore 381.000 tonnes de nickel métal, et uniquement dans les entrepôts mondiaux du LME.

Chute des prix lundi, achats mercredi

« Les acheteurs sont de retour » souligne la note d’analyse du négociant londonien Marex Spectron. Même l’annonce du gouvernement indonésien indiquant une probable autorisation d’exportation de 2,7 millions de tonnes de minerai de nickel n’a pas eu de conséquence baissière sur le cours du métal. Les traders ont noté qu’il s’agissait de minerai à faible teneur. Une autre information, en provenance des Philippines, n’a pas non plus secoué le marché du nickel. Une équipe d'experts est chargée d’examiner les opérations minières. L’examen des demandes d’exportation par le Conseil des Mines va durer trois mois.

L'opinion du Metal Bulletin

Quelle est la tendance des échanges, des contrats financiers de nickel, ces derniers jours à Londres ? « Pour le nickel, le front est calme. Mais il y a du « buying on the dips », ce qui veut dire qu’il y a des négociants qui ont profité de la baisse de lundi (dips) pour acheter"  indique à NC 1re Boris Mikanikrezai analyste au Metal Bulletin, le site de référence de l’industrie des matières premières. 87.000 lots de métal ont été achetés depuis mardi, 59.800 ont été vendus sur le marché londonien. » Les achats de nickel dominent, c'est bon signe.
 

Locomotive américaine

La reprise de l'exploitation du « charbon propre », du pétrole et du gaz de schiste aux Etats-Unis doit permettre de financer la rénovation des infrastructures. Un plan de relance salué par le FMI et qui répond aussi aux nécessaires investissements dans des équipements publics très dégradés. Le constat est porté par la société américaine de génie civil qui regroupe 140 000 ingénieurs. Selon ces spécialistes, un tiers des routes principales sont en mauvais état, de même que 10 % des ponts et des voies de chemin de fer. L'essentiel du réseau d'eau potable est en bout de course. Le réseau d'eaux usées, les égouts, ne valent pas mieux, entraînant des risques de pollution. On considère que de nombreux barrages sur l'ensemble du territoire américain sont dangereux. Les écoles sont vétustes, 10 % d'entre elles souffrent d'un important sureffectif. Le besoin de financement des équipements publics est de l'ordre de 450 milliards de dollars par an. Le président Trump a promis durant la campagne un plan de financement des infrastructures de 1000 milliards de dollars. Ce projet a suscité un véritable engouement des investisseurs pour les sociétés minières et métallurgiques produisant de l’acier, du cuivre, du manganèse et du nickel. 


Financial Times et Nouvelle-Calédonie

A la conférence sur les matières premières de Lausanne en Suisse, organisé par le Financial Times, un expert du cercle Cyclope sur les matières premières résume l'opinion dominante : " En résumé, tout devrait aller bien pour la Chine en 2017. Il n'y a pas donc pas de risque particulier pour les métaux, mais un doute pour le nickel, en raison des incertitudes sur les exportations de l'Indonésie et des Philippines. Un doute sur les prix, mais pas sur les volumes de ferronickel calédonien. Ils devraient bénéficier d'une forte demande chinoise." On a donc évoqué l'industrie calédonienne du nickel à Lausanne. La conférence organisée par le grand quotidien économique et financier britannique s'est terminée jeudi 30 avril dans l'après-midi.