Calédoniens ailleurs : Alexa Charles, future enquêtrice 3.0

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Calédoniens ailleurs : Alexa Charles, future enquêtrice 3.0
Calédoniens ailleurs : Alexa Charles, future enquêtrice 3.0 ©DR
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure hors du Caillou ? Cette semaine, Alexa Charles, étudiante en criminologie. 
 
Cyber terrorisme, ransomwaredark web, fraude fiscale… Les crimes sur internet ont pris bien des visages ces dernières années. Mais comment les combattre ? Enquêter, comprendre et prévenir sont une partie de la solution. Des missions dévolues aux analystes. C’est la voie qu’a choisie Alexa. Un choix peu banal mais un métier d’avenir.

Est-ce son goût pour résoudre des enquêtes, son attrait pour « les choses glauques » ou sa curiosité naturelle qui ont poussé la jeune Calédonienne à s’orienter vers la criminologie ? Certainement. « Mais au lycée, je ne savais pas même pas que cette discipline pouvait s’étudier. » Bachelière, la Nouméenne n’a au final qu’une certitude : elle fera ses études supérieures au Canada. « J’avais déjà deux cousins qui étaient partis là-bas et la France ne me tentait pas. » Elle choisit de passer une licence de communication à l’université de Montréal. Dès les premiers temps, Alexa réalise que cette voie n’est pas la sienne. Elle découvre également que la criminologie est enseignée dans son université.
 
Alexa a choisi d'étudier au Canada, à l'université de Montréal
Alexa a choisi d'étudier au Canada, à l'université de Montréal ©DR

Grâce à la flexibilité du système canadien, l’étudiante choisit des cours dans ce domaine tout en continuant sa licence. Une révélation pour la Calédonienne. « Les premiers cours portaient sur la psychologie humaine, comment certaines personnes deviennent des criminels. C’est là que je me suis dit que c’est ce que je voulais faire. » Sa licence de com’ en poche en 2018, Alexa vise le master en criminologie. Les places sont chères mais la Calédonienne ultra-motivée.  Elle passe sur un an un certificat en criminologie, toujours à l’université de Montréal. La formation lui dispense une solide mise à niveau mais à elle de faire ses preuves pour atteindre son objectif. « J’ai énormément bossé. Il fallait que j’aie des notes excellentes. » Son travail paye et Alexa intègre sa première année de master en septembre 2019. Elle choisit de s’orienter en « stage analyse ». Grâce à ses cours, la Calédonienne peut travailler sur de vraies études de cas mêlant nouvelles technologies et crimes ou encore rédiger des exemples de rapports à rendre aux services de renseignement. Alexa souhaite ainsi se spécialiser en cybersécurité. Pourquoi ? « Les crimes sur internet sont les crimes d’aujourd’hui et de demain. Ce sont les crimes les plus répandus dans le monde. »
 
La Calédonienne participé à l'année dernière à la conférence GO Secure
La Calédonienne participé à l'année dernière à la conférence GO Secure ©DR

Et Alexa a raison de s’orienter dans cette voie. En France et dans le monde, la pénurie de compétences en cybersécurité est réelle alors que le nombre de cyber attaques explosent. Rien qu’en France l’année dernière, de 5000 à 10 000 emplois étaient à pouvoir dans ce secteur quand huit entreprises sur dix étaient touchées par des cyber attaques. Quant au Canada, le pays était à la recherche de 8000 analystes l’an passé. Déterminée, Alexa commencera son stage de deuxième année dès le mois de mai. La Calédonienne fera ses premiers pas en tant qu’analyste à la banque nationale canadienne. « Je vais participer au projet de partage d’informations entre la banque et un corps policier du pays. J’évaluerai notamment les bénéfices de ce partenariat public /privé. » La jeune femme qui aura accès à la base de données de la banque, a été soumise à une enquête de sécurité. Souhaite-t-elle rester dans la criminalité financière ? « Je verrais en fonction de mon stage et des opportunités de travail », répond la Calédonienne de 23 ans qui glisse toutefois qu’elle rêve d’être analyste pour les services de renseignement français. 

par ambre@lefeivre.com