Calédoniens ailleurs : Diana Müller, créatrice d’histoires, designer d’espace

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Calédoniens ailleurs : Diana Müller, créatrice d’histoires, designer d’espace
Calédoniens ailleurs : Diana Müller, créatrice d’histoires, designer d’espace ©DR
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Diana Müller, designer scénographe. 
Mettre en scène un monde imaginé, c’est ce que fait Diana au quotidien. La Calédonienne crée les vitrines de la marque de luxe Hermès. L’occasion pour elle d’emmener clients et passants dans un univers inventé le temps d’une simple déambulation dans la rue… 

Très tôt, la Nouméenne a la fibre créatrice. «J’ai toujours aimé raconter des histoires. J’avais envie d’être écrivain mais je n’osais pas le dire. » Cette bonne élève, qui aimait également dessiner, choisit de faire un bac S s’imaginant devenir architecte. Bachelière, Diana s’envole pour Toulouse intégrer une prépa aux écoles d’arts et d’architecture. Si dans un premier temps, la Calédonienne intègre la classe archi / archi d’intérieur, ses profs lui conseillent de changer de voie et de choisir la spécialité « design objet ».  « C’est parce que j’avais un rapport particulier avec les objets et que ça allait avec mon côté scientifique. » Un choix payant pour l’étudiante. « J’ai tout de suite été plus à l’aise. Je pouvais créer plus avec des objets que sur un bâtiment. » Après un an de prépa, elle présente les concours et est acceptée à l’École Supérieure d’Art et Design de Saint-Etienne (ESADSE). Au cours de ses trois années de licence, Diana se spécialise en design catégorie « objets ». Une voie définitivement en adéquation avec ses envies de création. « J’avais envie de faire des choses plus libres, comme je n’avais jamais eu le droit de faire ça avant. J’avais envie de raconter des histoires à travers un univers. »
 
Diana a reçu le prix du public du concours Cinna à la fin de ses études 
Diana a reçu le prix du public du concours Cinna à la fin de ses études  ©DR / captures d'écran Facebook Cinna

En master, l’étudiante part six mois en Laponie finlandaise pour un échange Erasmus. « J’ai fait ce choix car le design scandinave est réputé et je voulais aller dans un endroit où je n’irai jamais vivre. » A la University of Lapland, le dépaysement est total. « J’étais dans le pôle design spécialité culture arctique. En plus des excursions, nous avons dû faire la décoration d’un hôtel construit qu’avec de la neige. »  Diplômée en 2017, Diana est exposée la même année à la Biennale internationale du design de Saint-Etienne et remporte le prix du public du concours Cinna (un éditeur et fabricant français de mobilier contemporain ndlr) avec son paravent Arla. Elle enchaîne avec un stage au pôle vitrines de chez Hermès. « Je voulais les vitrines car c’est quelque chose d’un peu rêvé, de magique, qui s’inscrit dans une mémoire collective. » Elle participe ainsi à leur conceptualisation. « Quatre fois par an, on élabore des cahiers d’inspiration avec le directeur artistique, on dessine, on réalise des décors, on s’approprie l’espace, on fait du merchandising, on monte les vitrines. Il y a un vrai travail entre production et création. »
 
Pour Hermès, la Calédonienne imagine les vitrines de certaines boutiques de la marque 
Pour Hermès, la Calédonienne imagine les vitrines de certaines boutiques de la marque  ©DR

La collaboration est si fructueuse que la marque de luxe propose à Diana de travailler régulièrement avec elle comme scénographe. La Calédonienne monte ainsi sa micro- entreprise ce qui lui permet d’imaginer des univers pour d’autres, et notamment le Bon marché. Continuant sur sa lancée, la jeune femme de 26 ans vient de réaliser – seule – les vitrines de la boutique Shang Xia (une branche de Hermès qui promeut l’artisanat chinois ndlr). Elle est également présente à la Biennale de Saint-Etienne qui s’ouvre ce mois-ci avec son paravent. Mue par l’envie de raconter ses propres histoires, Diana espère un jour travailler pour soi. « Ce n’est pas pressé. Je suis heureuse dans ce que je fais mais j’aimerais quitter le luxe à un moment donné pour participer à quelque chose qui se rapproche de la culture. »

par ambre@lefeivre.com 
 
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