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Calédoniens ailleurs : Enaëlle Coat, au service des autres

Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, recherche d'emploi, envie d'ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l'aventure ailleurs ? Cette semaine, Enaëlle Coat, responsable d’activité de loisirs.

Calédoniens ailleurs : Enaëlle Coat, au service des autres © DR
© DR Calédoniens ailleurs : Enaëlle Coat, au service des autres
  • Par Ambre Lefeivre
  • Publié le
« Aider les gens », c’est ce qu’a toujours voulu faire Enaëlle. De quelle manière, vers quel type de personnes ? C’est en se laissant aller "là où le vent la mène" - sa philosophie de vie - que la Calédonienne a aujourd’hui un diplôme d’éducateur spécialisé et travaille comme responsable d’activité de loisirs au sein d’une association. 

Au sortir du lycée, un bac ES en poche, la métisse kanak n’a pas d’idée arrêtée sur ce qu’elle souhaite faire. Si elle veut travailler « dans le relationnel », l’étudiante tente un semestre à l’UNC en droit « pour découvrir l’ambiance des études académiques ». Pas intéressée, Enaëlle décide de prendre une année sabbatique pour multiplier les petits boulots et réfléchir à son avenir. Sportive, inspirée par le parcours de sa mère qui travaillait à l’Association Calédonienne pour l’Animation et la Formation, la jeune fille passe ainsi son BAFA pour devenir aide animatrice. Grâce à ses entretiens avec la MIJ et le CIO, Enaëlle dessine son futur parcours professionnel. Désireuse de « travailler dans le social », « recherchant le terrain avant tout », elle effectue plusieurs stages comme éducateur « de rue » avant de s’engager dans cette voie-là. « Les stages m’ont conforté dans mon choix. » Elle passe le concours en Nouvelle-Calédonie avant de s’envoler à Nice en 2009 pour intégrer l’Institut de l’Enseignement des Travailleurs sociaux.

Installée à Montpellier, Enaëlle est une danseuse accomplie avec son groupe et association No Tag Street Culture © DR
© DR Installée à Montpellier, Enaëlle est une danseuse accomplie avec son groupe et association No Tag Street Culture

En formation semi-professionnelle, Enaëlle se spécialise dans le public adolescent. « C’est la période pour moi où l’on peut le plus intervenir, j’ai un très bon relationnel avec eux. »  Motivée, l’étudiante rencontre toutefois des difficultés. « J’ai eu un temps d’adaptation long.  Les difficultés des jeunes du quartier n’étaient pas les mêmes que celles des jeunes du Territoire. » Sa troisième année est particulièrement pénible alors qu’elle fait un stage dans un foyer d’enfance où sont placées de jeunes filles. «  Je me suis énormément remise en question. Je me demandais si ce que je faisais était suffisant. »  Déstabilisée, Enaëlle rate ses examens. Loin de baisser les bras, la Calédonienne déménage à Montpellier pour changer d’air et refaire sa troisième année tout en suivant à l’université des cours de psycho. « Je me suis donnée à fond notamment pour mon mémoire. Le sujet était le comportement à risque et je proposais de développer le théâtre interactif. »

Depuis 2014, Enaëlle est responsable d’activité de loisirs © DR
© DR Depuis 2014, Enaëlle est responsable d’activité de loisirs

Pendant les vacances, Enaëlle renoue avec ses premières amours et redevient animatrice. Elle travail pour le « Montpellier Université Club »,  une association sportive pour les enfants. Diplômée en 2013, elle reçoit en 2014 une proposition d’embauche de l’association pour être responsable d’accueil de loisirs et animatrice sur une école. Cette passionnée de danse accepte, des idées sur la suite de son parcours professionnel plein la tête. « La danse à une place dans mon projet pédagogique et je me dis que, si en tant qu’éducateur de rue, plus tard en Nouvelle-Calédonie, je peux aider par la danse, je le ferais. »  La danseuse de hip-hop et de dancehall ne perd ainsi pas de vue ses objectifs. « Je fais mon temps au sein de cette association et après je retournerai à mon premier métier. L’animation est une belle parenthèse qui combine ce que j’aime. »

par ambre@lefeivre.info 
A six mois du référendum d’autodétermination, découvrez chaque semaine, le regard que porte le « Calédonien ailleurs » de la semaine sur cette échéance.

- Comment appréhendez vous le référendum ? Etes vous sereine, inquiète ?

Je suis les deux. Je suis sereine : c’est un devoir de citoyen, et aujourd'hui le peuple peut enfin se positionner par rapport à ça.  Mais ce sont  plus des interrogations que de l'inquiétude. Si on est indépendant, est ce qu’on va s’en sortir  sans la France ? Comment allons nous nous développer en tant que pays indépendant sachant que les ressources minières ne sont pas inépuisables ? J’attends de voir quelle vie vont construire nos politiques.

- Reviendriez-vous vivre en Nouvelle- Calédonie  quelque soit le résultat du vote ?

Quoi qu’il arrive je vais rentrer, ça prendra le temps que ça prendra mais ma vie est en Nouvelle- Calédonie.

- Quelle vie voulez-vous construire là-bas ?

Je voudrais travailler comme éducateur de « rue » (ou dans un foyer dans une seconde option). Travailler avec les jeunes, monter des projets avec et pour eux.

- Comment la Nouvelle-Calédonie doit se développer ? Dans quels domaines ?

Même avec l’arrivée de la technologie, le social ne pourrait jamais être remplacé. Le social est la corde sensible. Les politiciens devraient se positionner plus sur ça. De voir que le taux de délinquance augmente, c’est qu’il y a un problème.  A nous de mettre en place des choses pour eux.

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