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Calédoniens ailleurs : Loan Favan, un esprit toujours aussi libre et audacieux

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Calédoniens ailleurs : Loan Favan, un esprit toujours aussi libre et audacieux
Calédoniens ailleurs : Loan Favan, un esprit toujours aussi libre et audacieux ©DR
En août 2016, « Calédoniens ailleurs » proposait le portrait d’une jeune fille pleine d’audace et éprise de liberté. Deux ans plus tard, que devient Loan, de son autre prénom Clémence, Favan ? Toujours aussi passionnée et créative, l’artiste vit désormais à New York.
 
Une énergie communicative, un esprit curieux, une personnalité touche-à-tout, il y a deux ans, les lecteurs de « Calédoniens ailleurs » faisaient la connaissance de Loan, jeune étudiante en arts appliqués à la Design Academy à Eindhoven aux Pays-Bas. Aujourd’hui, la Calédonienne vient tout juste de s’installer à New York. Elle qui termine ses études est plus avide de découvrir de nouvelles choses.

New-Yorkaise depuis trois semaines, Loan y effectue son stage de fin d’études. La Nouméenne travaille pour Chrishabana, un artiste américain spécialisé dans les bijoux et la direction artistique. Design de pièces, styling, direction de shooting, production, la jeune femme touche à tout. Un bon moyen pour la Calédonienne de découvrir toutes les facettes du métier. « Ce qui m’intéresse, au-delà de la création, c’est voir comment gérer un business. Je découvre le côté administratif et financier, l’importance de faire du networking. »
 
La jeune femme est installée à New York pour un semestre
La jeune femme est installée à New York pour un semestre ©Loan Favan

La jeune femme n’avait pas attendu son stage pour s’initier à l’entreprenariat. En avril dernier, elle a lancé sa ligne de bijoux baptisée Naula (« braise » en langue kanak). « J’ai été initiée au travail sur le métal avec de grandes structures. J’ai eu envie de passer à plus petit, j’ai eu un projet à faire sur le bijou et j’ai sauté sur l’occasion. » Ses créations font mouche puisque la jeune femme a déjà collaboré avec une jeune artiste lors d’un défilé aux Pays-Bas et que les demandes pour acheter ses pièces s’accélèrent. Contactée par une boutique à New York, Loan envisage de monter sa petite entreprise dès son retour à Eindhoven. « Faire des projets, c’est une chose mais les apporter au public, c’est un gros travail.  Faire du bijou m’a ouvert pas mal de portes, je me suis projetée comme si c’était mon métier.»
 
Loan a lancé sa ligne de bijoux « Naula » il y a six mois
Loan a lancé sa ligne de bijoux « Naula » il y a six mois ©Loan Favan et Julotkok

Elle qui peint, dessine, filme ou encore photographie,  n’en oublie pas son Caillou natal. La Nouvelle-Calédonie reste essentielle dans l’œuvre créatrice de Loan. En août dernier, la jeune fille a fait le buzz avec 4/18 NEWCAL, son projet de troisième année dont le thème portait sur le référendum. Un travail qui lui tenait particulièrement à cœur. « Le sujet de mon projet était ‘XXL imprimé et silhouette’. J’étais partie sur les hommes sandwichs et il y avait le référendum dans ma tête et j’ai fait le lien. » Quel message a-t-elle voulu faire passer avec ce projet ? « Je trouve que l’on a une belle identité calédonienne mais il faut la travailler, comme une plante, il faut lui donner de l’eau, en prendre soin. Je voulais travailler sur l’identité visuelle et comme le référendum, ça fait peur, je voulais envoyer un message de cohésion. C’est mon premier projet politique et ça m’intéresse. Il y a eu des retours positifs, mon message est passé comme je voulais. »
 
La Calédonienne a fait le buzz avec son projet sur le référendum

Après New-York la Calédonienne reviendra aux Pays-Bas pour effectuer son dernier semestre avant sa graduation. Là encore, mettre en lumière son Caillou est dans ses projets. « J’aimerais faire une collection de vêtements en lien avec l’identité calédonienne. L’idéal serait d’être sponsorisé par des institutions locales pour faire un shooting là-bas. » En parallèle, celle qui souhaite travailler plus tard dans la direction artistique dans la mode souhaite monter un collectif d’artistes calédoniens pour exporter l’art local à l’international. A 23 ans, Loan est plus confiante que jamais en l’avenir. « Je n’ai pas trop peur. Je suis entrepreneuse et passionnée. J’y crois, je vais continuer en me donnant les moyens. »

par ambre@lefeivre.com 
 
A trois semaines du référendum d’autodétermination, découvrez chaque semaine, le regard que porte le « Calédonien ailleurs » de la semaine sur cette échéance. Loan a répondu à nos questions.
Comment appréhendez vous le référendum ? Êtes vous sereine, inquiète ? 

J’ai juste peur de la bêtise humaine qui n’épargne personne. On n’est capable du pire comme du meilleur. Qu’importe le résultat, j’ai juste peur qu’il y ait des affrontements. Il faut qu’on réfléchisse ensemble à notre avenir. Le référendum va nous pousser à y réfléchir vraiment, à être conscient de la situation.

Quelle vie voulez-vous construire en Nouvelle-Calédonie ?

J’ai envie que le pays se développe, qu’on soit un pays innovant, qu’on montre notre originalité, qu’on en soit fier. Je souhaite aussi qu’on développe la culture.

Comment la Nouvelle-Calédonie doit se développer ? Dans quels domaines ?

Il y a des créatifs en Calédonie mais il faut encourager l’art, la faciliter, la développer. Il faudrait développer le tourisme aussi comme source de revenus. Il faudrait développer notre politique, qu’elle soit cohérente, innovante. On pourrait être un pays avec un modèle original, innovant, on a toutes les clés en main. Il faut mixer cela ensemble et les mettre en valeur. J’ai l’impression que ça commence, qu’il y a de plus en plus d’initiatives.

 
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