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Calédoniens ailleurs : Patricia Katrawa, une motivation à toute épreuve

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Calédoniens ailleurs : Patricia Katrawa, une motivation à toute épreuve
Calédoniens ailleurs : Patricia Katrawa, une motivation à toute épreuve ©DR
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Patricia Katrawa, étudiante dans le tourisme. 
 
À 31 ans, Patricia est en reconversion professionnelle. Pour cette ancienne institutrice remplaçante, c’est à son tour de se retrouver sur les bancs de l’école.  Si la Calédonienne a parfois trébuché, elle s’est toujours relevée. Et aujourd’hui  elle s’est enfin trouvée. 

Si elle se rêve un temps devenir enseignante – comme sa mère – la Kanak balaye rapidement cette idée au lycée. Cette meneuse dans l’âme s’imagine plutôt en journaliste ou en responsable événementiel. A l’époque, le management, le commerce et la communication satisfont plus cette ancienne timide. L’étudiante originaire de Lifou obtient ainsi un bac technologique en action et communication administrative en 2006. Après un détour d’un an à l’UNC – « je m’étais inscrite en licence de géographie, car j’aimais cette matière » - la jeune femme se retrouve à la Mission Insertion Jeune (MIJ). « Je ne voulais pas baisser les bras. Il fallait que je trouve quelque chose. » Un stage au tribunal mixte de commerce en tant qu’assistante administrative lui ouvre les yeux sur ce qu’elle souhaite faire. Rester derrière un bureau toute la journée, c’est non. Patricia revient à ses premières amours : travailler avec des enfants. La ville de Dumbéa cherche alors des animateurs périscolaires. Patricia saute sur l’occasion. Recrutée en 2008, la Kanak se prend vite de passion pour son nouveau métier. Très impliquée, elle en profite pour passer son BAFA et son permis de conduire. Sa motivation fait mouche et un an plus tard, elle est promue référente animatrice.  Une expérience de courte durée, la jeune femme n’ayant occupé ce poste que deux mois. 
 
 Patricia fait une formation pour devenir agent d’escale 
 Patricia fait une formation pour devenir agent d’escale  ©DR

Car, entre-temps, la Calédonienne, décidée à aller toujours plus loin, avait postulé comme institutrice remplaçante en Province sud. « J’ai candidaté, car j’avais de l’expérience avec les enfants et dans la transmission du savoir. Quelque part, c’était aussi un rêve d’enfant qui se réalisait. » La bonne nouvelle arrive en avril 2009. Si l’enseignante débute sur des remplacements de quelques semaines, dès 2010, elle se voit confier une seule et même classe le temps d’une année scolaire. Pendant neuf ans, Patricia va instruire des enfants de la maternelle au CM2. Très impliquée là encore dans son travail, la jeune femme se présente plusieurs fois au concours interne pour être titularisée. « J’aimais mon métier, j’aimais les enfants et le travail que je faisais. »  Ces échecs ne l’arrêtent pas jusqu’en 2017. Cette année-là, c’est le déclic. « J’étais à deux doigts de l’avoir, j’étais dessus depuis des années. J’ai été découragée. Je me suis beaucoup remise en question. » La Kanak prend une décision radicale. « On était en décembre 2017. En 2018, j’allais attaquer ma neuvième année. Je me suis dit qu’il n’était pas question que je reste dix ans en CDD. » À l’époque, la jeune femme voyage beaucoup lors des vacances scolaires. Elle s’oriente naturellement vers le tourisme. « Ça m’avait toujours fasciné : d’être dans un aéroport, de découvrir différentes cultures, différents métiers liés au voyage. »  Patricia découvre Ara Institute of Canterbury, une école néo-zélandaise spécialisée dans la formation professionnelle lors du salon de l’étudiant. Le concept de l’école la séduit immédiatement. « J’aimais bien l’environnement de l’école avec une fausse agence de voyages et un faux hall d’aéroport pour s’entrainer et les différents parcours proposés. » La Calédonienne fait alors des pieds et des mains pour obtenir une bourse. En vain, âgée de 29 ans à l’époque, elle a dépassé la limite d’âge autorisée. 
 
A 31 ans, la jeune femme a décidé de reprendre ses études en Nouvelle-Zélande 
A 31 ans, la jeune femme a décidé de reprendre ses études en Nouvelle-Zélande  ©DR

« Je n’ai pas baissé les bras et je suis tombée sur la bourse du consulat de Nouvelle-Zélande qui ne faisait aucune discrimination d’âge. » Pour l’obtenir, la jeune femme doit faire ses preuves. Elle qui a décidé de devenir agent d’escale construit son projet avec minutie et détermination. Pendant plusieurs mois, elle jongle entre son métier, des cours d’anglais et les démarches administratives. Lors des vacances scolaires, elle effectue un stage de six semaines à Air Calédonie. « Je me suis dit que c’était maintenant ou jamais ». Sa bourse obtenue, elle s’envole pour Christchurch en octobre 2018. Après trois mois de cours intensifs d’anglais et l’obtention de l’IELTS en janvier 2019, Patricia intègre la formation New Zealand Certificate in Travel. Alors que son cursus touche à sa fin, la Kanak est très confiante en l’avenir. « Je vais postuler à Lifou, Magenta et Tontouta. » Grâce à sa persévérance, elle s’apprête à écrire un nouveau chapitre de sa vie.
 
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