Calédoniens ailleurs : Philippe et Régis Pradal, des parcours brillants tournés vers la Nouvelle-Calédonie

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Calédoniens ailleurs : Philippe et Régis Pradal, des parcours brillants tournés vers la Nouvelle-Calédonie
Calédoniens ailleurs : Philippe et Régis Pradal, des parcours brillants tournés vers la Nouvelle-Calédonie ©Régis et Philippe Pradal
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, histoire d’amour, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Régis et Philippe Pradal.
Investis dans leurs carrières, mus par un désir de faire bouger les choses, Philippe et Régis Pradal sont de brillants entrepreneurs. Mais les frères n’oublient pas d’où ils viennent, et parmi les multiples projets qu’ils souhaitent développer, la Nouvelle-Calédonie tient une place particulière.  
 
Elevés à Nouméa, les garçons ont toujours eu soif de connaissance et des envies d’ailleurs. Philippe, l’aîné, multiplie les séjours linguistiques durant sa scolarité. « J’ai toujours adoré la langue anglaise, et j’avais dans l’idée de travailler un jour dans le Pacifique notamment en Australie ». Le jeune homme passe six mois en Nouvelle-Zélande après le bac avant de s’envoler vers l’Europe. Entre Paris et Londres, il obtient une maîtrise de droit à l’Université de Panthéon Sorbonne et un bachelor of laws au King’s College. Major de promo, il bénéficie d’une bourse qui lui permet de faire un master of laws à Cornell, une des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis.
Avocat aux barreaux de Paris et New York , Philippe est à la tête de son cabinet à Paris
Avocat aux barreaux de Paris et New York , Philippe est à la tête de son cabinet à Paris ©Philippe Pradal
Régis, quant à lui, suit les conseils de son frère, de cinq ans son aîné. Il se tourne également vers des études en langue anglaise. Il intègre la très réputée London School of Economics and Political Science puis la Booth School Business de l’université de Chicago où il obtient un MBA.  Stagiaire au Parlement Européen en 2013, Régis s’illustre en dénonçant la précarité du statut de stagiaire. « Bruxelles en utilise énormément et beaucoup d’entre eux ne sont pas payés ! Nous avons manifesté sous le nom de ‘sandwich protest’ pour essayer de faire bouger les choses ».   
Régis s’est illustré en dénonçant la précarité des stagiaires employés par l’Union Européenne
Régis s’est illustré en dénonçant la précarité des stagiaires employés par l’Union Européenne ©Régis Pradal
Après de brillantes études, les garçons continuent leur ascension. Avocat aux barreaux de New York et de Paris, Philippe travaille pour de grands cabinets spécialisés dans la fusion acquisition.  Très vite, il se tourne vers de nouveaux projets. A son compte, l’avocat se spécialise dans le conseil et le contentieux. Il mène plusieurs class actions (des actions en justice collectives), intervient comme lecturer à Cornell puis à Sciences- Po Paris, fait une mission pour le Conseil d’Etat. Installé dans la capitale française, il s’est associé pour monter son propre cabinet, Wyzer Law.  Le jeune homme garde toujours dans un coin de sa tête l’idée de revenir dans le Pacifique. Auteur d'un guide sur comment investir en Nouvelle-Calédonie, Philippe espère sortir une autre version mais pour la Papouasie Nouvelle-Guinée cette fois. L’avocat croit au potentiel de ce pays.  « C’est une île pleine de ressources qui peut être un relais de croissance pour les entreprises calédoniennes ». 
Aux Etats- Unis, Philippe a mené plusieurs class actions
Aux Etats- Unis, Philippe a mené plusieurs class actions ©Philippe Pradal
Régis s’est inspiré de son expérience bruxelloise pour lancer, avec deux amis,  InternsGoPro, une entreprise sociale qui œuvre à soutenir l’insertion et la formation des jeunes en leur proposant des stages de qualité à travers toute l’Europe.  « Tout le monde n’est pas égal face à l’insertion du marché du travail », explique-t-il. Avec sa start-up, le jeune homme veut démontrer que l’on peut « résoudre un problème social par une solution économique ».  Son idée fait mouche. Son entreprise propose un label européen pour les meilleurs stages, soutenu par la Commission Européenne. En 2016, Régis fut distingué par le magazine Forbes dans son classement des jeunes de moins de 30 ans à suivre, un gage du succès de son entreprise. Le Nouméen trouve même le temps d’intervenir auprès de plusieurs organisations pour partager son expérience  et d’être coach en entreprise.  
Avec son entreprise sociale, InternsGoPro, Régis souhaite que les stagiaires en Europe soient mieux considérés
Avec son entreprise sociale, InternsGoPro, Régis souhaite que les stagiaires en Europe soient mieux considérés ©Régis Pradal
Aujourd’hui, les deux frères souhaitent mettre leurs compétences et leurs idées au service des Calédoniens. Avec comme projets un incubateur d’entreprises et une association, où les Calédoniens qui ont réussi transmettraient leurs connaissances,  Régis et Philippe placent le développement du pays au cœur de leur action.  « Nous sommes attachés à la Nouvelle-Calédonie et à sa région. Nous voulons transmettre tout ce que nous avons appris », conclut Régis. 

Philippe et Régis Pradal nous détaillent leurs projets en Nouvelle-Calédonie :
Calédoniens ailleurs : Philippe et Régis Pradal, des parcours brillants tournés vers la Nouvelle-Calédonie
par ambre@lefeivre.info