Ces innombrables chiens et chats qu'on abandonne

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Chaton mis à l'adoption après l amort de sa mère, novembre 2018
La mère de ce chaton vieux de deux semaines a été tué par un chien, il est à adopter. ©NC la 1ere
A l'approche des grandes vacances en Nouvelle-Calédonie, on note une inquiétante recrudescence des abandons, aussi bien de chiens que de chats, qui sont parfois précédés de graves maltraitances. Six associations de protection animale œuvrent sur le terrain, soutenues par des vétérinaires. 
Corinne pousse la porte d’une clinique vétérinaire de Nouméa. Dans ses bras, une petite chatte blanche, errante, que cette défenseuse de la cause animale vient de récupérer. Le Dr Hervé Leroux l’ajoute à la très longue liste des demandes d’adoption. Priorité des priorités, la stériliser.
 

Jeté comme un déchet

Corinne se souvient du chiot jeté comme un déchet qui est devenu l’un de ses compagnons, Athos. «Il avait trois mois quand je l’ai eu. Il était tout galeux, il n’avait plus un poil, décrit-elle. Il était à côté des poubelles, dans un pochon, à Païta.»
 

Maltraitances

La recrudescence d’animaux maltraités en Calédonie, qu’ils soient bébés ou adultes, est alarmante. Ebouillantés, jetés vivants par la portière, attachés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, rachitiques et galeux… De nombreuses associations de protection animale, dont les moyens financiers sont quasi inexistants, s’en remettent aux vétérinaires au grand cœur.
 
Chienne tout juste stérilisée, clinique du Dr Leroux, novembre 2018
Cette chienne de six mois, en famille d'accueil, vient d'être stérilisée. ©NC la 1ere
 

«Tout le monde est débordé» 

«Les adultes, ce qu’on essaye de faire, c’est au moins de les stériliser pour, soit les faire adopter soit les remettre sur site», explique le Dr Leroux, qui rappelle qu’une chienne non opérée peut avoir deux portées par an, et quatre pour une chatte. «Donc ça foisonne, ça foisonne, ça foisonne… Les associations font beaucoup de choses, essaient de les prendre sous leurs ailes, de les faire soigner, de les faire adopter. Mais il y en a tellement, en ce moment… Tout le monde est débordé.»
 

«Il y a des animaux de partout»

Dernière «livraison» en date, une portée de six chatons sans mère. «C’est une chatte qui n’arrête pas de faire portée sur portée, explique le vétérinaire. Malheureusement, elle s’est faite tuer par des chiens ce matin. On se retrouve avec six bébés, qui ont quinze jours, qu’il va falloir biberonner pour les sevrer dans de bonnes conditions et les mettre à l’adoption. Ça, c’est un résumé de la situation actuelle : il y a des animaux de partout.»
 

Stérilisation 

La stérilisation reste le seul moyen de lutter contre la surpopulation animale. Mais les subventions sont insuffisantes: le gouvernement alloue quatre millions au groupement technique vétérinaire. De quoi s’occuper de même pas 400 animaux. Les stérilisations de femelles coûtent entre 13 000 F et 17 000 F.
 
Chatte errante recueillie, novembre 2018
Cette chatte errante a été recueillie et amenée dans une clinique vétérinaire. ©NC la 1ere
 

Euthanasies 

De véritables campagnes de stérilisation seraient une solution moins onéreuse que les euthanasies. «Un animal tué en fourrière représente un budget total, depuis sa capture, avec les frais de garde, de nourriture, de véto, etc, qui correspond à six ou sept stérilisations», calcule Virginie Sala, bénévole de la cause animale.
 

Impôts

«Avec l’argent qui est mis pour tuer ces animaux, on pourrait en stériliser beaucoup plus. Si, depuis plus de quarante ans que la fourrière animale existe, les tuer était à la solution à la surpopulation, on ne devrait plus avoir un chien errant en Calédonie.» Et d’«interpeller très fort le politique et aussi le contribuable : les impôts payés pourraient être plus utiles autrement.» Reste aux pouvoirs publics à appliquer ce qui marche le mieux, sur le long terme.
Appel à ne pas acheter d'animaux
Reste aussi aux Calédoniens à faire évoluer leur rapport aux animaux de compagnie. «Arrêtez de faire des portées et de les vendre, et arrêtez d’acheter des animaux, conjure Virginie Sala, bénévole. Si vous voulez un chien, un chat, vous vous adressez à n’importe quelle association, il y a suffisamment de malheureux pour répondre à votre demande.»