Cinéma : des films visibles plus rapidement à la maison

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Une salle de cinéma. ©Martinique la 1ère
La chronologie des médias, accord entre les acteurs du secteur audiovisuel, change à compter du 10 février. Les délais entre la sortie en salles et la diffusion sur certaines chaînes et les plateformes de streaming seront raccourcis.

 Des délais toujours plus courts, censés détournés le public du piratage. Le nouvel accord signé le 24 janvier entre les professionnels du cinéma, des chaînes de télévision gratuites et payantes et les plateformes de vidéo à la demande va permettre de raccourcir de deux mois le délai de diffusion sur Canal+, de 8 mois pour les chaînes en clair, et d’un an et demi à deux ans pour les plateformes de diffusion.


Baptisé "chronologie des médias " ce mécanisme français organise la diffusion des films après leur exploitation dans les salles de cinéma. La diffusion sur les différents supports (sortie en DVD et Blu-ray, Canal+, vidéo à la demande, télévision, SVOD, etc.) se succèdent au fil des mois, selon des règles particulières (comme le niveau de financement de la production ou le nombre d’entrées en salle).


Les chaînes et les plateformes qui apportent des fonds pour la création occupent en principe une meilleure place dans cette chronologie. Canal+, qui consacre 12% de son budget au financement du cinéma français voit ainsi ses délais de diffusion se réduire au fil des années : "On est le premier contributeur pour les films français et une partie des films européens. Il y a 4 ans on était à 12 mois, il y a deux ans on est passés à 8, là on est à 6, explique Franck Carpentier, directeur général de Canal+ Nouvelle-Calédonie. Ça faisait longtemps que l’on essayait de raccourcir cette fenêtre." Canal+ réussit donc à conserver et asseoir sa priorité de diffusion, face aux plateformes de streaming.

Ça faisait longtemps que l’on essayait de raccourcir cette fenêtre.

Franck Carpentier, directeur général de Canal+ Calédonie

Un accord critiqué

Du côté des exploitants de salle, Douglas Hickson, directeur du Cinécity, regrette que l’accord n’ait pas donné lieu à une modification de la structure de financement du cinéma : "C’est clair que la fenêtre cinéma ne cesse de se raccourcir donc ce qu’il faudrait c’est que tout ce mécanisme-là ce soit aussi un financement supplémentaire pour les films français notamment et donc que les salles soient moins mises à contribution."


La nouvelle chronologie ne fait pas l’unanimité. Parmi les plateformes de streaming, seul Netflix a signé le nouvel accord et voit donc son délai de diffusion passé de 36 mois à 15 mois. La plateforme est effet la seule à avoir accepté de contribuer à hauteur de 20% de son chiffre d’affaires français dans la création européenne et hexagonale.


Pour les autres, le délai est réduit, mais s’établit à 17 mois soit deux mois de plus que leur concurrent. Une différence énorme, alors que les plateformes se livrent une guerre sans merci. Au point que Disney+ menace de ne plus diffuser certains de ses films au cinéma, pour les publier directement sur sa plateforme en ligne dès la sortie de ses longs-métrages.