Combien va coûter le prêt garanti ?

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©Agence française de développement
L'emprunt garanti par l'Etat à la Nouvelle-Calédonie dans le cadre de la crise du coronavirus fait débat. Nécessaires pour combler les conséquences de la crise sanitaire, les 28,6 milliards CFP vont générer près de 9 milliards d'intérêts. La solidarité nationale a un coût.
Solidarité nationale oblige, l’Etat n’a pas ménagé sa peine pour venir en aide à une économie calédonienne rendue exsangue par la crise sanitaire. 
« C’est une réponse d’urgence pour soutenir les comptes publics de la Nouvelle-Calédonie, permettre que la Cafat puisse continuer à fonctionner et en particulier à financer le chômage partiel » expliquait le haut-commissaire Laurent Prévost dans l’émission Débat à la Une, le 7 mai dernier. 
Un prêt qui ne fait pas politiquement l’unanimité. L’UC, par la plume de Daniel Goa, a raillé cet Etat providence accusé de faire de bonnes affaires sur le dos de la Nouvelle-Calédonie. Qu’en est-il ?
 

Près de 9 milliards d’intérêts

Ce prêt de l’AFD vient effectivement combler les pertes de ressources à hauteur de 11 milliards CFP pour les comptes sociaux et 17,5 milliards de recettes fiscales.
Moins que les causes, ce sont surtout les conditions de ce prêt de 28,6 milliards CFP qui interrogent.
« A un taux de 1,48 % sur 25 ans, avec deux ans de différé. Et deux ans de différé c’est important » indiquait lors de sa conférence de presse du 28 mai le président du gouvernement, Thierry Santa. « C’est justement le temps laissé à la Nouvelle-Calédonie pour s’organiser pour trouver les ressources nécessaires au remboursement de cette dette qui va représenter à peu près 1,5 milliard par an pendant le reste du prêt ». 
Soit 37,5 milliards à rembourser avec donc près de 9 milliards d’intérêt versés à la France. 
Prêt garanti
©NCla1ère
 

Une partie transformée en subventions ? 

Peut-être l’état des comptes de la Nouvelle-Calédonie en fait-elle un emprunteur à risques comme le Sénat le soulignait ? Tout espoir de renégocier ces conditions ne serait pas perdu :
« Je ne perds pas de vue aussi des discussions à venir qu’on pourrait avoir avec l’Etat, tous partis confondus en l’occurrence, y compris indépendantistes, pour transformer une partie de ce prêt en subvention de l’Etat un jour. Ça a été sous-entendu dans une des réponses du Premier ministre » explique Thierry Santa.
 

Des réformes de fond

Rappelons que la garantie de l’Etat reste subordonnée à d’importantes réformes de fond, notamment en termes de dépenses publiques sur lesquelles le Congrès devra se pencher. 
Avant l’octroi de ce prêt, la Nouvelle-Calédonie accusait un niveau d’endettement propre de 90 % . 
Le point avec Bernard Lassauce 
©nouvellecaledonie
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