Couacs autour du masque à moins de 48h de sa généralisation

gouvernement de nouvelle-calédonie
Paquet de masques en pharmacie, mai 2020, Poindimié
Dans cette officine, les masques sont disponibles en paquet ou à l'unité. ©Marguerite Poigoune / NC la 1ere

Alors qu’il sera obligatoire de les porter à compter de samedi, les masques en tissu UNS1, les seuls autorisés avec les masques chirurgicaux, sont introuvables sur le territoire. Et certaines pharmacies commencent à manquer de masques jetables.

Tolérance Zéro concernant le non-port du masque, qui sera verbalisé dès ce samedi. Le porte-parole du gouvernement l’a annoncé lors du point sanitaire quotidien ce jeudi matin. « Les Calédoniens ont eu le temps de se procurer un masque chirurgical ou un masque en tissu UNS 1 », a assuré Christopher Gyges.
 
Seulement seulement voilà, les choses ne semblent pas aussi simples que ça. Cette pharmacie du centre-ville était dévalisée ce jeudi après-midi :  « On vient de vendre le dernier masque. On en a vendu 40 000 en deux jours, indique Xavier Chauvin. On va en recommander, mais ils arriveront vers la fin du mois. »

« On vient de vendre le dernier masque. On en a vendu 40 000 en deux jours."

Xavier Chauvin, pharmacien

 

Le syndicat des pharmaciens de Nouvelle-Calédonie a été contacté par plusieurs adhérents en rupture de masques. Mais pas de panique, la plupart en ont encore. Le stock diminue toutefois à vue d’œil. D’autant que selon le président du syndicat, Christophe Delest, le réapprovisionnement s’annonce plus compliqué que prévu : « Selon nos fournisseurs, on a des avions qui doivent arriver fin mars. Mais avec les annonces faites par le gouvernement sur le fret et les avions d’Aircalin qui vont faire les évasant sur Wallis, on a peur d’être un peu oubliés ».

Christophe Delest, président du Syndicat des pharmaciens

 

Le syndicat des pharmaciens, table donc sur des difficultés d'approvisionnement dès le début de la semaine prochaine et  propose donc au gouvernement « d’utiliser son stock stratégique pour éviter la rupture. On rendrait ces masques lorsque l’on sera réapprovisionnés », explique Christophe Delest, qui met également en avant le maillage territorial des officines : « il y a des pharmacies partout, on est donc selon nous les mieux à même d’organiser la distribution auprès de la population », poursuit-il.

Le masque UNS1 introuvable 

Reste le plan B, le masque UNS1 en tissu, qui a également le mérite d’être plus économique et écologique. Il est le seul à être autorisé, les masques UNS2, ceux que vous pouvez trouver chez votre couturière, n’étant pas jugés assez fiables. Seulement voilà,  Philippe Dang, pharmacien à Sainte-Marie à Nouméa n’en a jamais eu : «  Je n’ai que des masques chirurgicaux. On a essayé d’en trouver auprès des grossistes, en demandant aux clients. Mais on n’arrive pas à savoir où en trouver », raconte-t-il.

«  Je n’ai que des masques chirurgicaux. On a essayé d’en trouver auprès des grossistes, en demandant aux clients. Mais on n’arrive pas à savoir où en trouver »

Philippe Dang, pharmacien

 

En fait ces masques sont tout simplement impossibles à trouver. Rares étaient les pharmaciens à en avoir, et ils ont tous été vendus en quelques heures. Le fabricant local, qui fournit également les entreprises, en avait 15 000, tous vendus dès le premier jour. Joint par téléphone, il assure avoir relancer immédiatement sa production à l’annonce du confinement, mais il faudra encore un peu de temps pour que les particuliers puissent s’en procurer.

Le gouvernement doit s’exprimer ce vendredi matin sur sa stratégie concernant les masques et dire notamment si les masques tissus UNS2 seront tolérés.

Couacs autour du masque à moins de 48h de sa généralisation, le reportage audio de Charlotte Mannevy