La culture compose avec les coupes budgétaires

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Troc en jambes et le Chapitô
©NC la 1ere
Festivals, spectacles, projets… Face aux coupes budgétaires qui s’enchaînent depuis plusieurs années, en Nouvelle-Calédonie, les acteurs de la culture doivent s’adapter. Et imaginer de nouvelles manières de s’épanouir. 
«Bonjour, Véronique, nous serons ravis de vous avoir à la Chapelle cette année, en programmation sur toute la durée du festival.» La bonne nouvelle est tombée : Et si deux mains, la création poétique de la compagnie Troc en jambes, est sélectionnée pour le festival off d’Avignon, qui a lieu du 3 au 26 juillet 2020.
 

Appel à l'aide du public

Une reconnaissance, pour la comédienne Véronique Nave. Mais un défi, aussi, pour honorer l’invitation. Seul son billet est pris en charge localement. Reste à financer, d’ici fin mars, l’hébergement, la technique, la communication… Un appel à financement participatif a été lancé (à retrouver ici).
 

On est dans les démarches, on fait appel aux institutions pour essayer de trouver un financement pour partir et couvrir les frais là-bas. Malheureusement, cette année, il y a de telles coupes budgétaires que le pays ne peut pas soutenir ce projet-là. On a pris la décision de faire appel au public, en espérant qu’il nous soutiendra à travers une cagnotte.
- Véronique Nave, Cie Troc en jambes

 

Le Chapitô baisse la voilure

S’adapter et trouver de nouveaux moyens de financement, c’est le lot de nombreuses structures calédoniennes. Le Chapitô est confronté, lui aussi, aux coupes budgétaires successives.
 

On ne va pas très bien. On a beaucoup de diminution de personnel. Ça devient très difficile d’arriver à maintenir notre volume d’activité, qui est à peu près équivalent à celui de l’année dernière, avec une baisse de nos moyens de 15 à 20 %. Pour arriver à faire ça, forcément, on a un peu moins de personnel et on essaie d’économiser de partout.
- Quentin Rétali, directeur du Chapitô 

 

«Un kit de tournée allégé»

Pour continuer de remplir sa mission et de faire voyager la culture sur les routes calédoniennes, la structure évolue. «Le Chapitô ne peut plus aller partout, faute de moyens. Donc, on essaie un peu de réinventer, et on a mis en place un kit de tournée allégé, qui permet aussi de faire bouger des spectacles en dehors de la structure», décrit le directeur.
 

Premiers touchés

Mais il contextualise : «Les premiers impactés par ces baisses, avant même les structures qui sont bien sûr embêtées, ce sont les artistes, qui n’ont plus de travail… En cinq-six ans, on a perdu les deux-tiers de ce que l’on avait en forces vives artistiques qui créaient des spectacles.»
 

En cinq-six ans, on a perdu les deux-tiers de ce que l’on avait en forces vives artistiques qui créaient des spectacles.
- Quentin Rétali

 

Difficiles constructions

Le Chapitô construit sa saison. Véronique Nave construit son budget. Quand les subventions diminuent, les artistes tentent de redessiner leur avenir. Mais jusqu’à quand ? 
 
Un reportage d'Anne-Claire Lévêque et Claude Lindor : 
©nouvellecaledonie
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