De Londres à Shanghai, la dégringolade du nickel et des métaux industriels

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Londres
Le Millenium Bridge à Londres, en acier inoxydable ACERINOX et nickel SLN 25 ERAMET. Il enjambe la Tamise et rejoint le quartier financier de la City. ©Niklas HALLE'N AFP
Les investisseurs ont brutalement délaissé les actifs risqués comme les matières premières. La propagation du variant Delta en Chine pèse sur la demande du premier pays consommateur de nickel.

La politique monétaire de la banque centrale américaine et les craintes de voir la Fed réduire son soutien aux marchés financiers d'ici la fin de l'année ont incité les investisseurs à prendre des bénéfices. Le nickel qui frôlait les sommets a décroché.

"La vente systématique des contrats sur le nickel et le cuivre s'est maintenant installée, comme en témoigne la situation depuis l'ouverture de Londres vendredi matin", indique un analyste de Marex Spectron.

La flambée de nouveaux cas de variant Delta en Chine a accentué la chute du cours mondial des matières premières. Dans la foulée, le dollar a bondi, renchérissant le coût des achats de métaux. L'appréciation du billet vert, de l'ordre de 1% sur la semaine face aux principales monnaies, a également pesé sur le prix du cuivre, devenant comme le nickel plus coûteux notamment pour les clients asiatiques.

Les signes de ralentissement de la production industrielle chinoise, première consommatrice de métaux au monde, pèsent aussi sur la demande. Pour le nickel, la correction est violente.

Le "métal du diable" a perdu près de 1000 dollars par tonne en une semaine. Le nickel n’a pas tenu le seuil des 19 000 dollars.

La correction baissière a entraîné avec elle les compagnies minières. BHP, Rio Tinto, Vale, Glencore ou Eramet ont toutes reculé.

Les différents confinements décidés en Chine en Nouvelle-Zélande ou en Australie pour enrayer la pandémie ont "renforcé l'idée chez les opérateurs de marché que la reprise économique allait ralentir", écrit Daniel Briesemann, de Commerzbank, cité par Les Echos.

La congestion dans les ports de transport de conteneurs du sud de la Chine s'aggrave alors que les autorités intensifient les mesures de désinfection au milieu d'une flambée de cas de COVID-19, provoquant d’importants retards dans le déchargement des cargaisons de minerais.

L’agence Bloomberg a rapporté que le port de Ningbo-Zhoushan, qui est le troisième terminal maritime le plus fréquenté au monde, était resté fermé, bien que partiellement. Désormais, certains s'attendent à ce que ces fermetures atteignent aussi d’autres grands centres d'importation de matières premières - comme Qingdao pour le cuivre et le nickel.

Ces nouvelles perturbations de la chaîne d'approvisionnement, si elles se confirmaient, compliqueraient la reprise économique, ce qui pourrait également affecter le prix du nickel.

"Les données hebdomadaires montrent la plus grande évolution négative du nickel depuis mars 2020, pendant la pandémie". Toutefois, conclut l’analyste londonien Alastair Munro "ce type de situation pourrait préparer un rebond du marché car il est peu probable que l’Indonésie puisse atteindre ses objectifs de production de nickel de qualité batterie sans un impact environnemental particulièrement massif".

Vendredi soir à Londres, le nickel regagnait 0,05 %, une infime progression mais la première de la semaine.

LME-Nickel le 20/08/2021 après clôture : 18.420 dollars/tonne - 6,41 %