Dépistage, diagnostic, accompagnement : Pierre Déméné, président de l’Association France Alzheimer Nouvelle Calédonie, invité de la matinale

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Pierre Déméné
Pierre Déméné, président de l’Association France Alzheimer Nouvelle Calédonie, était l'invité de la matinale. ©NC La 1ère
Le 21 septembre marque, comme chaque année, la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. Une pathologie évolutive qui se caractérise par une dégénérescence progressive des cellules du cerveau. Pierre Déméné, président de l’Association France Alzheimer Nouvelle-Calédonie, était l’invité de la matinale le mercredi 21 septembre.

Pertes de de mémoire, changements d’humeur ou du comportement, altération du jugement et du raisonnement, la maladie d’Alzheimer est la plus commune des pathologies neurodégénératives. Irréversible et évolutive, elle affecte le cerveau en détruisant progressivement les neurones. En Nouvelle-Calédonie, en l’absence d’une étude chiffrée, difficile de savoir précisément combien de personnes sont atteintes par cette maladie. "Seules les déclarations auprès de la Cafat peuvent être une indication mais il y a une sorte de tabou et de déni chez nous. Le dépistage n’est malheureusement pas systématique", indique Pierre Déméné.

Un combat contre l’oubli

Et pourtant, pendant plusieurs années, parfois jusqu’à 10 à 15 ans environ, la maladie s’installe sournoisement sans aucun signe apparent, jusqu’au moment, où le cerveau n’est plus capable de compenser la perte des neurones. "C’est là que les premiers troubles se manifestent et que les premiers symptômes apparaissent. C’est en quelque sorte une maladie à la carte. Et puis les signes ne sont pas les mêmes selon l’avancée de la pathologie".  Si la perte de la mémoire dite "immédiate" est une première alerte et doit conduire au dépistage, elle entraîne aussi une perte d’autonomie, "avec le risque de se mettre en danger soi-même et autrui". La maladie touche habituellement les séniors, mais elle peut aussi affecter des personnes plus jeunes.

Une maladie toujours incurable

A ce jour, la maladie d’Alzheimer est incurable, mais des traitements et des modes d’accompagnement peuvent en ralentir la progression. "Il faut d’abord reconnaître que l’on est malade pour ensuite mieux s’adapter aux changements que cela implique". Le CHS Albert Bousquet intervient dans le dépistage, le diagnostic, mais aussi le protocole de traitement de la maladie. Les professionnels de santé informent et conseillent, par ailleurs, les malades et leurs familles et peuvent, dans certains cas, les accueillir en court séjour.

Le soutien des aidants

De nombreuses études ont également démontré que s’occuper d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer a des répercussions importantes sur son entourage, "cela prend du temps et de l’énergie. Il faut être bien accompagné pour pouvoir aider un proche". L’association France Alzheimer Nouvelle-Calédonie propose des permanences avec un psychologue, "pour aider le malade et sa famille dans la gestion du quotidien et l’organisation du foyer. Le psychologue a vraiment un rôle important pour les aidants". Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 30 % des aidants de malade Alzheimer développent de graves troubles de santé et d’épuisement.

Un entretien à retrouver ici.