Le dynamisme chinois soutient le nickel malgré les risques de guerre en Corée

nickel
usine
Dans une usine métallurgique de ferronickel ©Alain Jeannin
Le cours du nickel a chuté, mardi, en raison des tensions militaires dans la péninsule coréenne. Retournement de tendance, jeudi, avec le retour de la demande chinoise. La bourse de Shanghai (SHFE) donne des signes de reprise pour le nickel et les métaux industriels.
Les perspectives commerciales de la Chine se sont sensiblement améliorées avec la publication de données montrant des exportations et des importations de matières premières plus marquées que prévu en mars. Une information chassant l’autre, les risques d’affrontement entre les Etats-Unis et la Corée du Nord passaient au second plan, s’effaçant devant les bonnes nouvelles venues de Chine.

Chine et métaux

Le mois dernier, les exportations chinoises ont enregistré leur plus forte croissance en un peu plus de deux ans, augmentant de 16,4 % sur un an, une progression qui semble confirmer une reprise de la demande mondiale, selon les données publiées par l'administration générale des douanes. La hausse des importations est, quant à elle, restée soutenue en mars, avec un bond de 20,3 %, à la faveur de l'appétit du pays pour le pétrole, le cuivre, le nickel, le minerai de fer et le charbon.

Nickel spéculatif

Les données meilleures que prévu du commerce extérieur chinois confortent le sentiment que l'activité s'est maintenue, voire améliorée, en ce début d'année, contribuant ainsi à la reprise de l'économie mondiale. Une reprise soutenue par la Banque centrale chinoise (PBOC). « La PBOC a injecté de la liquidité toute fraiche dans le marché, ce qui assoupli les conditions globales de financement et favorise les investissements. Les traders se repositionnent à l’achat sur les valeurs cycliques, y compris les métaux de base et le nickel » précise Boris Mikanikrezai, l’expert français du Metal Bulletin, le quotidien de l’industrie mondiale.

Bruits de bottes

Jeudi, la bourse des métaux de Londres (LME) reflétait la hausse des prix des matières premières, en dépit d’un contexte toujours dominé par les tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. « Certains participants du marché du nickel, qui misaient sur la baisse des cours, du fait de l’environnement géopolitique tendu ont été pris de court par les indicateurs chinois. Ils ont dû couvrir leur position vendeuse sur le nickel » conclu l’analyste du Metal Bulletin. 

Incertitudes et spéculation

Sur le seul mois de mars, la Chine affiche un excédent commercial de 23,93 milliards de dollars. Sur l'ensemble du premier trimestre, les exportations ont crû de 8,2 % sur un an et les importations de 24%, l'excédent commercial ressortant à 65,61 milliards de dollars. Importer du fer, du cuivre et du nickel pour produire et exporter de l’acier inoxydable et des produits finis, telle est la recette de « l’atelier du monde ».
C'est la raison pour laquelle la Chine, soucieuse de préserver ses approvisionnements, son économie et ses marchés financiers, s'efforce de calmer la tension militaire à ses portes.

Cygne noir

Samedi, anniversaire de la naissance du fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-Sung, le dernier régime stalinien de la planète pourrait en profiter pour mener une nouvelle provocation militaire, sous le regard menaçant des américains. De mauvais augure pour les marché financiers, les matières premières et le nickel. 
Le métal évoluait autour de 9.770 dollars la tonne jeudi soir à Londres, sa progression faiblissait, pour se limiter à 0,72 %. Le risque de confrontation militaire en Corée est l'un des dix scénarios de feu de l'économie mondiale, le "cygne noir" des matières premières.
Les Outre-mer en continu
Accéder au live