Echanges entre acteurs de la filière bois dans le Pacifique

océan pacifique
Agroforesterie, atelier entre professionnels du Pacifique, Port-Laguerre, mars 2020
Mardi, les participants de l'atelier ont visité Port-Laguerre, entre autres. ©NC la 1ere
«Protège», c’est un projet européen pour le développement durable dans les territoires français du Pacifique. Une enveloppe est allouée au développement des filières forêt et agro-foresterie. Ce qui débute par un échange de savoir-faire sur le sol calédonien.
Visite guidée dans la pépinière de Sud Forêt, à Païta. Une soixantaine de professionnels du Pacifique sont réunis à Port-Laguerre pour échanger leurs savoir-faire. Depuis 2012, Sud Forêt a relancé le développement de la filière bois en Nouvelle-Calédonie et gère quelque 2200 hectares de forêt. Un projet qui pourrait connaître une accélération grâce aux fonds européens. Mais cela commence par la mise en commun des connaissances. 
 

Ce sont vraiment les acteurs des pays et territoires d’outre-mer qui, ensemble, vont réfléchir pour voir ce qu’on peut faire dans le cadre de ce projet. C’est un projet de coopération régionale. Dans ce cadre, l’idée est aussi de travailler ensemble, entre pays et territoires d’outre-mer. 
- Peggy Roudaut, chef de projet «Protège»

 
Graines de bancoulier, Sud Forêt, Port-Laguerre, mars 2020
©NC la 1ere
 

Récolte et traitement des semences

Où l’on se dit tout, même ses petits secrets de fabrication. «Le principe, c’est de connaître la génétique de ce que nous plantons», explique à son auditoire Ricardo Pinilla Rodriguez, directeur général de Sud Forêt. «Je vais vous montrer comment on traite les graines et où il faut les stocker.» Car tout commence par la récolte et le traitement des semences forestières. 75 % des espèces plantées sont locales. A Port-Laguerre, sont stockées et traitées plus de deux millions de graines qui, toutes, seront mises à germer avant d’être plantées sur les parcelles dédiées.
 

Douze ans après les premières parcelles, on a suffisamment de de recul pour savoir ce que l’on peut faire et ce que l’on ne peut pas faire avec le santal, savoir un peu les limites de sa culture.
- Olivier Guérin, directeur adjoint

 

Partager les acquis

Sur un terrain de 600 hectares à Foni Boya, sur Moindou, des milliers de gaïacs et de bois de santal alimenteront "demain" le marché local et international. Une culture qui a exigé énormément de recherche et d’expérimentation. Autant de connaissances aujourd’hui partagées avec nos voisins du Pacifique.
 

Nous, on commence à vouloir faire de la gestion de la forêt, alors que d’autres territoires ont déjà travaillé dessus. C’est un gain de temps, pour nous, d’avoir des échanges entre territoires français.
- Taifisi Folitu'u, agent forestier de Wallis et Futuna

 
Pinus, mars 202
©NC la 1ere
 

Fidji a de l'avance

Si toutes les forêts de pins du monde peuvent se ressembler, la gestion de ces plantations exige un soin spécifique à chaque région. Eclaircie des parcelles, élagage des arbres. Et pour le coup, prendre conseil auprès de nos voisins fidjiens, très en avance dans ce domaine, est évidemment un plus.
 

A Fidji, la sylviculture est très développée. On a deux des plus grandes plantations du Pacifique, 40 000 à 50 000 hectares en pinus et autant en mahogany. On exporte les grumes et du copeau de pin pour la fabrication de la pâte à papier. C’est évidemment un gros revenu pour le pays.
- Jalesi Mateboto, conseiller en management des ressources naturelles à Fidji

 
Scierie de Farino, visite d'atelier dans le cadre de Protege
Visite à la scierie de Farino. ©NC la 1ere
 

Partage de techniques

L’exportation n’est pas encore à l’ordre du jour, en Calédonie, puisque que l’on importe 90% de nos besoins en bois de construction. Les visiteurs ont découvert une des trois scieries du pays. Elle transforme deux mille à trois mille mètres cubes par an. De quoi alimenter, quand même, les discussions entre scieurs francophones. «Ce matin, on a échangé des techniques de sciage, d’entreposage, comment identifier le bon bois dans la forêt, faire de la sylviculture…, relate Taifisi Folitu'u. C’est intéressant»

Le reportage de Bernard Lassauce et Michel Bouilliez :
©nouvellecaledonie
 

Vous avez dit «Protège» ?

«Protège» signifie très exactement «Projet régional océanien des territoires pour la gestion durable des écosystèmes». L'un des quatre thèmes de ce projet européen concerne la transition agro-écologique, pour une agriculture adaptée au changement climatique et respectueuse de la biodiversité. Ce qui implique des ressources forestières gérées de manière intégrée et durable.
 
Visite de parcelle de pinus, atelier agro-foresterie de protège, mars 2020
©NC la 1ere
 

La forêt dans sa globalité

C'est le premier projet qui traite de la forêt dans sa globalité, sur les territoires français du Pacifique. Avec l'ambition de développer l’exploitation mais aussi la gestion à long terme de nos patrimoines forestiers. Dans ce cadre, un atelier régional sur la forêt et l'agro-foresterie a donc lieu en Calédonie depuis lundi et jusqu'à vendredi, à partir de la Communauté du Pacifique.