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Les échecs, un outil de réinsertion

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Jeu d'échecs
©Claude Lindor
Cette semaine, la ligue d'échecs de Nouvelle-Calédonie dispense une formation d'initiateur à la discipline. Une dizaine de personnes y participe. Ce sport de réflexion et de concentration est très populaire, notamment auprès de la population carcérale. Une échappatoire indispensable pour beaucoup.
Et si les échecs étaient bien plus qu’un simple jeu ? Warson Mapéri découvre la discipline en 2011, alors qu’il purge une peine de prison.
En juillet dernier, c’est en homme libre et changé, qu’il ouvre son club d’échecs à Thio.
Aujourd’hui, il transmet sa passion à une vingtaine d’élèves de la tribu d’Ouroué. 
 

Un challenge et une passion

Pour ce jeune homme de 31 ans, la discipline est devenue une philosophie.
« Pour moi, c’est faire sortir la jeunesse, lutter contre la délinquance, occuper nos jeunes de tribus. Je suis avant tout parent et occuper des enfants, je le fais au quotidien. Pour moi, transmettre le savoir des échecs, c’est un challenge et c’est une vraie passion » confie Warson Mapéri.
 

L’école de la vie

Sylvain Giraud intervient en milieu carcéral pour apprendre aux détenus toutes les ficelles et les valeurs des échecs. Aujourd’hui, plus de la moitié des résidents du Camp-Est se passionne pour ce sport cérébral. 
Etablir des stratégies, réfléchir avant d’agir : les échecs c’est un peu l’école de la vie.
« Dans la vie de tous les jours, on va pouvoir chercher à anticiper comme on cherche à anticiper dans le jeu d’échecs : non il faut pas que je joue ça, dans la vie, non il ne faut peut être pas que je fasse ça, il ne faut peut être pas que je dise çà. Anticiper aussi les conséquences des choix qu’on fait. Aux échecs, c’est pas grave, au pire on ne perd que la partie, dans la vie, il peut y avoir des conséquences plus graves » explique Sylvain Giraud, intervenant extérieur au Camp Est et directeur technique de la ligue d’échecs
 

Echanges, partage et rencontres

Grâce à cette formation d’une semaine, Michel espère pouvoir obtenir son diplôme d’initiateur aux échecs. 
Détenu en semi-liberté, il a lui aussi trouvé refuge dans les cases de l’échiquier : « A la base, c’est un moyen d’évasion pour moi , une des activités qui m’a permis de tenir sur toutes ces années de prison que j’ai effectuées. Et aussi bien en termes d’échanges, de partage et de rencontres surtout ».
L’art du jeu d’échecs véhicule des valeurs positives et génère des vocations.
La ligue compte bien poursuivre les formations, qui sont pour beaucoup, une bénédiction.
Le reportage de Lizzie Carboni et Claude Lindor. 
©nouvellecaledonie

Jean-Jacques Testet, le président de la ligue d’échecs de Nouvelle-Calédonie était l'invité du journal télévisé de Dave Waheo-Hnasson le 14 août 
©nouvellecaledonie
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