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Economie calédonienne dans le rouge : mythe ou réalité ?

Des milliers d’emplois détruits, une absence totale de visibilité, des investisseurs qui prennent la fuite…  2019 est-elle en passe d’être une année noire ? Les acteurs économiques sont partagés. 

 

© La 1ère
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  • Bernard Lassauce avec Loreleï Aubry
  • Publié le
Avec un taux de + 1%, le coup de frein se confirme pour la croissance calédonienne. Une tendance morose confirmée récemment par l’IEOM (l’Institut d’émission d’Outre-mer) qui parle d'une économie à "marée basse" générée notamment par la mise en place de la TGC, les incertitudes institutionnelles et les cours volatiles du nickel. Du côté des acteurs économiques locaux, deux théories s’opposent sur le constat de la situation.  

Commerces et BTP tirent la sonnette d’alarme 


En première ligne du ralentissement économique, on retrouve les commerces et le BTP où de nombreuses PME affirment être au bord de la crise. « Toutes les entreprises sont concernées, aujourd’hui elles ont perdu 50% de leur personnel à cause du manque de visibilité sur les chantiers à démarrer. Leurs carnets de commandes sont vides! » affirme José Aparisi, le vice-président de la Fédération calédonienne de BTP. Du côté du MEDEF, on évoque une soixantaine d’entreprises placées en redressement ou en liquidation judiciaire toutes les semaines. De quoi générer la perte de milliers d’emplois
 

Une situation à mettre en perspective 


Selon l’ISEE, la réalité est moins dramatique qu’elle n'y parait. Tous secteurs confondus, 90 entreprises ont été mises en liquidation sur l’ensemble du trimestre 2019. Un chiffre, certes important, mais qui n’atteint pas le pic de 2016 où 277 entreprises avaient dû mettre la clef sous la porte. En revanche, les créations d’entreprises nouvelles sont, elles, bien à la baisse. Une tendance qui a débuté depuis 2014 au sortir d’une période de croissance exceptionnelle entre 2009 et 2013 (+ 4%) et qui avait permis de booster les grands projets calédoniens. Désormais, la croissance du pays gravite ces dernières années autour des 1%.
 

Le taux de croissance en croissance moyen en métropole est de 1,4% en métropole et de 1,1% en Nouvelle-Calédonie. Donc, oui, c’est un taux plus faible que ce qu’on a connu par le passé mais je ne sais pas si on peut parler de catastrophe pour le moment. 

- Olivier Fagnot, directeur de l’ISEE NC 

 

L’artisanat épargné 


Avec ses 17 000 emplois, le secteur de l’artisanat, qui compte 11 000 entreprises sur le Caillou, parvient à résister à la crise. Celui-ci enregistre même une croissance de son chiffre d’affaire global hors bâtiment malgré une baisse de la dynamique. « Le secteur se porte bien car on ne constate pas de baisse du stock d’entreprises. Mais il faut reconnaître que depuis 2018, il y a une baisse significative des créations d’entreprises. » explique Olivier Duguy, secrétaire général - chambre des métiers et de l’artisanat 

Les avis, plus ou moins optimistes, des acteurs économiques locaux se retrouvent sur un point : l'importance cruciale du contexte politique et de l'avenir institutionnel du pays qui, sans un cap clair, ne permettra pas de retrouver la confiance des investisseurs. 

Le reportage de Bernard Lassauce et de Claude Lindor
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