Élevage: des transferts d'embryons pour diversifier la génétique des moutons et des chèvres locales

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Chèvres
Des transferts d'embryons ont été réalisés sur des chèvres ©Brigitte Whaap / NC la 1ère
C’est une visite traditionnelle tous les quatre ou cinq ans, l’Upra fait appel à un vétérinaire spécialisé dans le transfert embryonnaire. Il est intervenu toute la semaine. L’occasion de renouveler la génétique, préserver de la semence de béliers vieillissants et même d’apporter de nouvelles races en Nouvelle-Calédonie.

Après une petite tonte, le geste est précis. Une minuscule incision pour inséminer les chèvres, tournées sur le dos et anesthésiées. Le tout sous le regard inquiet de leur propriétaire, Guylène. L’enjeu est grand pour elle, cette opération va lui permettre d’introduire une nouvelle race dans son cheptel. "Le but c'est d'avoir une race laitière sur le territoire, parce qu'on n'a plus de race laitière. On ne peut plus faire venir d'animaux sur pied, vivants. Puisqu'il y a eu des maladies sur les dernières entrées d'animaux. Donc on fait venir maintenant des embryons qu'on implante dans nos chèvres. Mon objectif c'est d'avoir une race laitière."

Adaptée aux conditions locales

L’Anglo-Nubienne, la race n’a pas été choisie au hasard. "Il faut que la race corresponde aux besoins, mais surtout qu'elle soit adaptée. C'est pour ça qu'on s'est tournés directement vers l'Australie, notamment vers la région Queensland où il y a des conditions similaires avec la Nouvelle-Calédonie", explique Jean-Marc Deviller, responsable technique de l’Upra Ovin et Caprin.

chèvres UPRA
chèvres UPRA ©Brigitte Whaap / Nc la 1ere

Des opérations peu fréquentes

Pour l’opération, l’Upra et la province Sud ont fait appel à Ian Mc Dougal, il vient tout droit de Grande-Bretagne. Une venue rendue obligatoire parce que la compétence n’existe pas sur le territoire. "La raison qui explique le manque de vétérinaires pour faire ça en Nouvelle-Calédonie, c'est que ces opérations n'arrivent pas souvent ici. Si on en faisait cinq fois par an, alors quelqu'un apprendrait. Mais cela n'arrive que tous les 4 ou 5 ans, c'est ça le problème."

Une dizaine de chèvres ont été inséminées ce jeudi à la station zootechnique de Port-Laguerre, à Paita, pour vingt embryons à 60 000 francs pièce.

Retrouvez, ci-dessous, le reportage de Brigitte Whaap et Claude Lindor :

©nouvellecaledonie