VIDÉO. Ensemble à la maison - Julie revisite une série TV culte

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Un univers impitoyable s'offre à vous à travers la lucarne de Julie en ce jour d'anniversaire. Les personnages et les situations de cette série inspirés des grands mélodrames ont composé les grandes lignes des soaps opéras diffusés ces dernières années.
Sans en avoir cité le titre vous aurez sûrement reconnu de quelle série il s'agit : Dallas. Monument, série culte, quoi que considérée comme ringarde par certains, la saga familiale texane a marqué l'industrie de la télé pour avoir campé les bases d'un produit qui marche depuis plusieurs décennies.

Il y a deux ans exactement Dallas fêtait ses 40 ans d'existence, son premier épisode était diffusé le 2 avril 1978 aux Etats-Unis.
Véritable miroir d'une certaine société américaine, la série ne se regarde plus pour les mêmes raisons qu'alors. En 1981 quand la série arrive sur les écrans français et calédoniens, le public est frappé autant par ses intrigues que par le luxe et la démesure des personnages.

 



Entre clichés, histoire et sociologie

Sous ces côtés tapageurs, on trouvent pourtant bien des aspects de la société américaine en mutation de la fin des années 70 au début des années 90. Il offre un panorama sociologique de quelques grandes figures emblématiques : le riche et le pauvre (J.R. et Cliff), la femme soumise puis émancipée (Sue Ellen), l'idéaliste et le cynique (Bobby et J.R.), le parvenu (Casey Denault), la jeune oisive tentée par la drogue et incapable de trouver autonomie et stabilité (Lucy), etc.
Le monde de l'industrie pétrolière est certes traité sous forme de cliché pour répondre aux fantasmes des classes populaires. A contrario l'étalage du luxe a toujours été limité, et va de pair avec les aspects provinciaux, western et fermiers de nombreuses scènes s'attachant toujours à replacer les aventures de la famille dans ses cadres traditionnels (la vie au ranch, les barbecues, la gestion du bétail - et on ne peut nier à ce propos que c'est le personnage de Ray qui leur donne toute leur saveur) et pionniers (la présence de Jock et de Digger puis de vétérans à la rescousse de Cliff et de J.R.). 

D'ailleurs n'est-ce pas ce dernier thème qui a mené tant de Calédoniens à réserver sa soirée du samedi soir à suivre les aventures de la famille Ewing ?


Dallas un modèle très suivi


Notons également que c'est parmi les premières séries de ce type que l'on appelle feuilleton télévisé et plus précisément un prime soap opera nommé ainsi car des publicités de lessive interrompaient ce type de programme qui visait les ménagères. La saison 1 comptait 5 épisodes. Il y en eut 13 autres par la suite.

Dallas a donc apporté quelques recettes majeures des succès télévisuels. Ainsi les scénaristes de Dallas sont les maîtres du cliffhanger (consiste à terminer l'épisode ou la saison d'une oeuvre par une fin ouverte, au moment où le suspens est à son comble. Au sens littéral, "cliffhanger" signifie "suspendu à une falaise"). L’un des plus célèbres reste celui du dernier épisode de la troisième saison, intitulé « A Divided House », diffusé le 21 mars 1980 dans lequel un individu non identifié tire deux balles sur le héros, J.R. Ewing. Ce final laisse ses fans dans un suspense insoutenable : J.R. est-il mort ? 
Le premier épisode de la quatrième saison, intitulé « Qui a tiré sur J.R. ? » attira quelque 83 millions d’Américains, et 76 % de part d’audience. Cet épisode est toujours le plus regardé de l’histoire de la télé avec quelque 360 millions de téléspectateurs cumulés dans le monde. Dallas est alors traduit dans 67 langues et diffusé dans 90 pays.


Anecdote


Parmi les anecdotes qui fourmillent sur la série nous nous arrêterons sur ce fameux Cliffhanger dans un article de Télé 7 jours de l'époque : septembre 1980. Le scénario de l'épisode qui devait suivre "Qui a tiré sur J.R ?" fut envoyé à un organe de presse de façon anonyme avant la diffusion de la nouvelle saison, mais le magazine se refusa à partager cette info tant attendue. Il se racontait que la production avait souhaité mettre en doute Larry Hagman en le faisant ainsi mourir. L'acteur avait en effet des prétentions de plus en plus onéreuses, mais constatant le succès de cet épisode, la maison de production changea son fusil d'épaule et dû payer à Larry 3 fois son cachet précédent.
 
Article Télé 7 jours 1980